La firme SNC-Lavalin de nouveau citée dans une affaire de corruption liée à l’Algérie : Un pot-de-vin de 7,5 millions de dollars | El Watan
toggle menu
mercredi, 08 décembre, 2021
  • thumbnail of elwatan10072021




La firme SNC-Lavalin de nouveau citée dans une affaire de corruption liée à l’Algérie : Un pot-de-vin de 7,5 millions de dollars

22 décembre 2019 à 9 h 25 min

L’histoire de SNC Lavalin avec l’Algérie est parsemée de troublantes affaires de corruption. La compagnie canadienne, célèbre en Algérie pour avoir construit le monument aux martyrs et Riadh El Feth à Alger et d’autres projets, est de nouveau citée dans une affaire de corruption liée à l’Algérie.

Dans un article paru sur Le Journal de Montréal, reprenant des documents présentés lors du procès de Sami Bedawi, ex-vice-président de SNC, la firme canadienne aurait versé un «paiement douteux de 7,5 millions de dollars à destination de l’Algérie». Selon l’enquête, cette somme a été transmise au compte d’une compagnie coquille dont l’adresse est au Panama. «Ces 7,5 millions de dollars servaient à rémunérer secrètement deux cadres, soit Bedawi et Raymond Fortin, présenté comme directeur de SNC-Lavalin en Algérie», indique l’article du Journal de Montréal. Lors d’un interrogatoire mené par les autorités suisses en 2012, repris lors de ce procès de Bedawi au Canada, un banquier dénommé Hervé Siegrist a affirmé qu’il s’agissait «d’une rémunération exceptionnelle versée par SNC-Lavalin à un de ses directeurs», en soulignant que SNC-Lavalin est présente en Algérie depuis 1962 où elle est très active. Sans préciser la date de versement de ladite somme à la société panaméenne Salomé Associates Corp, l’article rappelle que Sami Bedawi a été reconnu coupable, la semaine dernière, de cinq chefs d’inculpation de fraude et de corruption relatifs à au versement de pots-de-vin en Libye. «L’argent qui lui avait été fourni par SNC-Lavalin pour le versement des pots-de-vin en Libye a transité par une société-écran, de la même façon que les sommes à destination de l’Algérie», précise l’enquête.

Le Banquier suisse révèle aussi que les 7,5 millions de dollars ont circulé suivant un schéma tracé par un fiscaliste canadien dénommé Constantine Kyres. Ce dernier est un ancien montréalais du prestigieux cabinet Dentons, à la place Ville Marie, ayant déjà fait l’objet d’une accusation d’entrave en 2014, puis a bénéficié d’un arrêt des procédures pour délais judiciaires déraisonnables au début de l’année en cours. «Le témoignage du banquier suisse soulève plusieurs questions sur les activités de SNC-Lavalin en Algérie», note l’article à juste titre. «Siegrist a révélé que Sami Bedawi lui aurait présenté Farid Bedjaoui, un homme d’affaires algérien, diplômé de HEC Montréal, très proche des hautes sphères du pouvoir algérien», indique l’article. Bedjaoui a, pour rappel, été condamné à plus de cinq années de prison en Italie, l’année dernière, pour «facilitation» de l’obtention de contrats au profit de l’italienne Saipem auprès de la compagnie pétrolière Sonatrach, moyennant des pots-de-vin. Toujours selon le témoignage du banquier suisse, Bedawi et Bedjaoui se seraient même querellés une fois au sujet d’un «retour d’ascenseur» en Chine qui n’est jamais venu.

Autre témoignage important lors du procès de Bedawi, et confortant la thèse de la corruption en Algérie, est celui de l’ancien cadre de SNC, Riadh Ben Aissa. Ce dernier «a affirmé que Sami Bedawi l’aurait convoqué au Caire, en Egypte, à la fin des années 1990. Il lui aurait alors dit vouloir instaurer en Libye un système similaire à celui déjà existant en Algérie pour SNC-Lavalin… Ce système est basé sur le versement de bonus secrets pour les cadres», révèle l’article du Journal de Montréal, en notant que les pots-de-vin ont commencé à être versés en Libye peu de temps après cette rencontre du Caire.

A souligner que mercredi dernier, une division du groupe canadien a plaidé coupable face à une accusation de fraude et devra payer une amende de 280 millions de dollars canadiens (213 millions de dollars américains). Dans cette affaire, la firme d’ingénierie canadienne, est accusé d’avoir «offert», entre 2001 et 2011, des dizaines de millions de dollars américains à Saadi El Gueddafi, fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar El Gueddafi, contre l’obtention de contrats de construction dans ce pays. 


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!