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Le gouvernement veut maintenir Sider El Hadjar en vie : La BEA appelée à la rescousse

19 septembre 2019 à 10 h 00 min

La BEA a été sommée de traiter rapidement une demande de prêt d’un milliard de dinars et deux autres milliards de dinars de facilité de caisse à l’effet de lui permettre de faire face à ses dépenses et régler notamment ses dettes.

Le gouvernement vient de prendre des mesures d’urgence pour traiter les interminables problèmes du complexe Sider El Hadjar. Parmi ses décisions, il a sommé la Banque extérieure d’Algérie (BEA) de traiter rapidement une demande de prêt d’un milliard de dinars et de deux autres milliards de dinars de facilité de caisse à l’effet de lui permettre de faire face à ses dépenses et régler notamment ses dettes. C’est ce qu’a convenu mardi, entre autres, le Conseil interministériel présidé par le Premier ministre, Noureddine Bedoui, pour traiter les problèmes du complexe sidérurgique Sider El Hadjar, avons-nous appris d’un communiqué du Premier ministère.

Etaient présents à cette réunion, les ministres de l’Intérieur, de l’Energie, de l’Industrie et des Mines, des Travaux publics et des Transports, le secrétaire général du ministère des Finances, un représentant du ministère de la Défense nationale et les responsables des entreprises des secteurs de l’industrie, des mines et des transports concernées par le dossier de réanimation d’un géant aux pieds d’argile.

«Ce complexe, le plus médiatisé en Algérie, est un gouffre financier. Il a englouti plusieurs milliards de dollars. La dernière enveloppe accordée à cette vieille usine date du temps de Abdelmalek Sellal, alors Premier ministre. Aucun résultat probant n’a été constaté après la consommation de près des deux tiers de ce montant.

Au contraire, sa situation empire d’année en année. Ce qui confirme que son mal est ailleurs. C’est-à-dire que son management est à revoir en urgence, sinon la même crise se reproduira éternellement», estime un haut cadre de Sider El Hadjar. Et de s’interroger : «Mais où sont passés les dizaines de millions de dollars qui ont valu à Sider El Hadjar le titre de meilleure entreprise exportatrice hors hydrocarbures d’Algérie ? Saviez-vous que Sider El Hadjar est endettée envers plusieurs entreprises, entre autres Sonatrach, SNTR (transport ferroviaire) et l’entreprise locale de récupération ERWA ? Saviez-vous aussi que la CNAS réclame toujours les cotisations des employés de cette entreprise ?»

Selon le plan de redressement interne (PRI) de Sider El Hadjar pour la période 2017/2021, les prévisions de 2017 et 2018 n’ont pas été atteintes. «L’excédent brut d’exploitation (EBE) est positif dès 2018 et atteindra des niveaux de l’ordre de 11 milliards de dinars à compter de 2020. Ce qui permet à la société de faire face à ses engagements en matière de remboursement des crédits contractés», lit-on dans le PRI, établi en 2017, que les résultats actuels contredisent de loin.

Au lieu de mettre Sider El Hadjar entre les mains des compétences avérées dans le management des grandes entreprises et s’imposer en qualité et quantité sur le marché national, le gouvernement a décidé de maintenir le complexe dans sa médiocrité en décidant «d’introduire l’obligation pour toutes les entreprises en charge de la réalisation des projets publics d’approvisionner leurs chantiers exclusivement en fer produit localement, essentiellement à partir du complexe d’El Hadjar. Cette condition sera dorénavant introduite dans les cahiers des charges relatifs à tout projet financé par le Trésor public. (…) Pour ce faire, le complexe d’El Hadjar a été chargé d’assurer des points de vente de ses produits à travers l’ensemble du territoire national», ajoute le document.

Ce qui est contraire à la concurrence loyale ; les entreprises sidérurgiques privées seront pénalisées. Et que feront-elles alors, lorsque le complexe de Bellara entrera en production ?

Le problème du manque de minerai qui a paralysé récemment Sider El Hadjar durant plusieurs jours a été également abordé lors de cette réunion. «Il a été décidé, lors de la réunion, de mobiliser tous les intervenants, dont les Mines de fer de l’Est (MFE), le complexe El Hadjar, la Société nationale de transports ferroviaires (SNTF) et le groupe Logitrans pour garantir l’approvisionnement régulier du complexe en matière première (minerai de fer) et éviter toute perturbation dans l’opération de production, en renforçant les capacités logistiques à travers la mobilisation d’un train de fret supplémentaire et de camions de transport terrestre», ajoute le même communiqué.

Or, selon d’autre cadres au niveau du même complexe, «avant d’en arriver à la mise en veilleuse du haut fourneau pour manque de minerai de fer, il fallait lancer l’alerte lorsque les stocks arrivent à la limite de trois mois d’autonomie. Il n’est pas sérieux d’arriver à la limite des réserves et procéder à l’arrêt des installations pour alerter les pouvoir publics. Malheureusement, la gestion à Sider El Hadjar a toujours été ainsi, tant que l’Etat est toujours là pour mettre de l’argent». Pour remédier à cette situation, le ministre des Transports a été chargé d’accélérer le processus de modernisation et de doublement de la nouvelle ligne minière Est, afin de valoriser les investissements publics lancés et garantir leur durabilité et leur maintenance.

Toujours dans le même contexte, une session du Conseil des participations de l’Etat (CPE) est prévue prochainement à l’effet d’examiner les questions relatives au développement des activités des mines et de la sidérurgie.

Les mesures d’urgence du gouvernement au profit de Sider El Hadjar interviennent au moment où 37 responsables et cadres dirigeants en activité au complexe sidérurgique Sider El Hadjar ont été auditionnés par la brigade de recherches et d’investigations relevant du groupement de la Gendarmerie nationale de Annaba.

Les concernés sont cités, chacun en ce qui le concerne, dans des enquêtes enclenchées en octobre 2018, dont l’impact a secoué les arcanes du complexe tant les dossiers ont trait à l’atteinte à l’économie nationale et que la lutte contre ce phénomène bat actuellement son plein. Mais les appréhensions des sidérurgistes quant à l’aboutissement de ces enquêtes continuent à susciter les doutes tant que la présentation des mis en cause devant la justice tarde. 


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