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Des cadres écrivent au président de la République : German au bord de la faillite

04 mars 2021 à 11 h 02 min

La fermeture, c’est ce que craint désormais une dizaine de cadres de l’entreprise qui, par le biais de notre journal, interpellent le président de la République dans l’espoir d’un geste salvateur.

L’entreprise nationale de fabrication de matériel de manutention et de gerbage (German) de Constantine boucle son sixième mois d’arrêt de l’activité alors que les travailleurs sont en grève depuis le 15 décembre dernier pour non versement des salaires. Il n’en faut pas plus pour une entreprise pour déposer le bilan, et les 465 travailleurs sont désespérés de voir intervenir le gouvernement pour débloquer la situation de crise.

La fermeture, c’est ce que craint désormais une dizaine de cadres de l’entreprise qui, par le biais de notre journal, interpellent le président de la République dans l’espoir d’un geste salvateur.

Auparavant, les travailleurs et leurs représentants ont épuisé toutes les formes d’expression pour attirer l’attention des autorités sur la crise que subit l’usine.

Piquets de grève, blocage des accès à l’usine, manifestations par le blocage de la route nationale de la part des travailleurs, et démarches auprès de la hiérarchie, du wali de Constantine et du médiateur de la République de la part des représentants syndicaux n’y ont rien fait.

L’intervention du député Lakhdar Benkhellaf avait permis à ces derniers de rencontrer Ferhat Aït Ali dans son bureau début janvier, et l’amorce d’une sortie du tunnel.

Mais l’éviction de celui-ci de la tête du ministère de l’Industrie a fermé la parenthèse pour les travailleurs, qui s’étaient réjouis des engagements de sauvetage de l’entreprise formulés par Aït Ali et l’envoi d’une commission ministérielle le 19 janvier dernier pour cerner la situation ; cette situation qu’il disait ignorer totalement faute de remontée des rapports de la part du holding industriel. Qu’a fait cette commission ? A-t-elle finalisé et présenté son rapport ? Et que contient ce dernier ?

Nous ne le saurons pas du côté du ministre sortant, et son successeur n’a pas encore réagi. «A ce jour, nous n’avons eu aucune nouvelle concernant cette enquête et vu le silence total de notre tutelle AGM ; nous, collectif de cadres supérieurs de l’entreprise German-Spa, sollicitons votre haute bienveillance pour une solution que vous jugerez adéquate à la situation déplorable qu’endure l’entreprise actuellement», écrivent les cadres à l’adresse de Abdelmadjid Tebboune.

Solution radicale

Les rédacteurs de cette lettre rappellent que German a été dotée d’une enveloppe d’investissement pour la modernisation de son outil de production dans l’objectif de devenir un pôle d’excellence de sous-traitance, en plus de l’activité initiale qui est la fabrication d’une large gamme de chariots élévateurs. Ils soulignent aussi le potentiel humain très jeune que recèle l’entreprise, «capable de travailler et de relever des défis, pouvant être un facteur clé dans l’industrie et l’économie nationales», estiment-ils.

Ceci dit, objecte-t-on, des contraintes d’ordre financier créent une situation de blocage et empêchent l’exploitation de ce potentiel. Les rédacteurs de la lettre et de manière non exhaustive citent cinq raisons pour illustrer leurs propos, notamment «la saisie répétée des comptes bancaires de l’entreprise par les retraités, ce qui a causé beaucoup de dommage quant au fonctionnement normal de l’entreprise, mais aussi des retards accusés pour les payes des employés (5 mois de salaires non versés), l’incapacité d’organiser la production dans le temps à cause des marchandises en souffrance au niveau des différentes structures portuaires, le non-paiement des cotisations CNAS, ainsi que les déclarations des impôts, pendant plusieurs mois».

Ces dysfonctionnement ont pour conséquence directe l’installation d’un climat de travail instable et chargé, qui a démotivé, assure-t-on, l’ensemble du personnel, et qui par ailleurs a mené à des départs massifs des compétences, tout cela en l’absence d’un DRH depuis 2018.

A cela s’ajoute «la détérioration du parc machine (machines nouvelles incluses) due au non-achat de la pièce de rechange sur plusieurs exercices successifs, d’où l’inversement du rôle de l’entreprise d’un receveur d’ordre à un donneur d’ordre (externalisation de la majorité des pièces pour fabrication vers d’autres entreprises)».

En bref, German subit un endettement lourd et un accompagnement bancaire inadéquat et insuffisant, ce qui a enfermé l’entreprise dans un cercle vicieux de contraintes qui ne cessent de s’accumuler et paralyser son activité. «Monsieur le Président, la situation de l’entreprise va de mal en pis depuis déjà trois ans, et ce, malgré la présence d’un carnet de commandes conséquent, tout en sachant que German-Spa est la seule entreprise fabriquant le chariot élévateur sur le territoire national», concluent les cadres en espérant une intervention pour une solution radicale à même de pérenniser l’activité de l’entreprise et préserver les 465 emplois. 


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