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Une dizaine de pays de la région ont demandé une aide financière

FMI : «La région MENA va connaître une forte baisse de croissance»

25 mars 2020 à 10 h 02 min

La baisse de la demande mondiale sur le pétrole et la forte abondance de l’offre ont fait chuter les prix du pétrole et les économies des pays de la région, notamment les producteurs d’hydrocarbures, ont bien du mal à faire face à la situation qui s’aggrave avec la crise sanitaire.

La pandémie de coronavirus impactera fortement l’économie dans le monde. Les pays de la région MENA, Moyen-Orient et Afrique du Nord, subiront, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), une forte baisse de croissance du fait à la fois des effets de la pandémie mais aussi de la baisse des prix du pétrole.

«La région va probablement connaître une forte baisse de croissance cette année», avertit Jihad Azour, directeur régional du FMI pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, dans un rapport publié hier.

La baisse de la demande mondiale sur le pétrole et la forte abondance de l’offre ont fait chuter les prix du pétrole et les économies des pays de la région, notamment les producteurs d’hydrocarbures, ont bien du mal à faire face à la situation qui s’aggrave avec la crise sanitaire.

Le FMI exhorte les gouvernements de la région à «mettre rapidement en place des plans de sauvetage afin d’éviter une récession prolongée, une hausse du chômage et des faillites d’entreprises».

Sans préciser lesquels, Jihad Azour a déclaré que dix pays de la région ont déjà introduit des demandes auprès du FMI pour obtenir un soutien financier.

Azour affirme que l’institution monétaire se prononcera dans les prochains jours sur ces demandes.

Si la croissance annuelle dans la région n’est pas arrivée à enregistrer une moyenne meilleure que 1% ces dernières années, la pandémie actuelle est un défi supplémentaire.

«La pandémie de coronavirus est devenue le plus grand défi à court terme pour la région avec le choc supplémentaire de la baisse de 50% des cours du pétrole depuis le début de la crise, également alimenté par une guerre des prix entre l’Arabie Saoudite et la Russie

Cette situation, explique Azour, nuit à des secteurs clés comme le tourisme, l’hôtellerie et le commerce, ce qui pourrait entraîner une hausse du chômage et des réductions de salaires.

«Compte tenu du grand nombre de personnes employées dans le secteur des services, il y aura de nombreuses réverbérations si le chômage augmente et que les salaires et les envois de fonds baissent», dit-il.

Pas moins de 30 000 cas de contamination au coronavirus ont été recensés dans la région du Moyen-Orient, avec un pic enregistré en Iran de 23 000 cas et 1800 décès.

Contrairement à ses habituels appels aux gouvernements de la région à prendre des mesures d’austérité, le FMI les exhorte cette fois à offrir des allégements fiscaux temporaires et des transferts en espèces.

En Egypte, les annulations touristiques se sont élevées à 80%, et le même scénario s’est produit dans les pays de la région vivant du tourisme. Les effets désastreux de la pandémie de Covid-19 touchent les pays riches comme les plus pauvres.

«La récession en 2020 sera pire que celle de 2008»

La directrice du FMI, Kristitalina Georgieva, a pour sa part prévenu que le monde connaîtra une récession en 2020 qui pourrait être pire que celle de 2008, qui avait connu la crise financière internationale.

A l’issue d’une téléconférence des ministres des Finances et gouverneurs des banques du G20, la directrice du FMI a souligné que «la pandémie liée au coronavirus a déjà entraîné des coûts humains incalculables et tous les pays doivent collaborer pour protéger la population et limiter les dommages économiques.

L’heure est à la solidarité», en notant qu’une reprise est attendue en 2021. Mais pour y parvenir, «il est essentiel de donner la priorité à la maîtrise de la contagion et au renforcement des systèmes de santé publique dans le monde entier.

Les conséquences économiques sont importantes et s’aggraveront, mais plus vite nous arrêterons ce virus, plus rapide et plus forte sera la reprise», indique Mme Georgieva.

Et d’ajouter que les pays avancés sont d’une manière générale mieux placés pour faire face à la crise, «mais de nombreux pays émergents ou à faible revenu font face à des difficultés considérables.

Ils sont particulièrement touchés par des sorties de capitaux, et la riposte des pays à l’épidémie pèsera lourdement sur l’activité intérieure», avertit-elle. Les investisseurs ont déjà retiré 83 milliards de dollars des pays émergents depuis le début de la crise, «c’est la plus grande sortie de capitaux jamais enregistrée».

Mme Georgieva a précisé que plusieurs pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire ont demandé au FMI d’accorder une allocation de DTS, comme cela avait été fait pendant la crise financière mondiale.

«Nous examinons cette possibilité avec les pays membres… De grandes banques centrales ont accordé des lignes de crédit réciproque bilatérales à des pays émergents», dit-elle.



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