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Flambée des prix des céréales : La crainte d’émeutes de la faim ravivée

13 août 2018 à 4 h 26 min

Début août, les cours du blé se sont «brutalement» emballés, lorsque le marché a cru une rumeur – démentie par la suite – selon laquelle l’Ukraine, l’un des principaux pays exportateurs de blé, allait limiter ses exportations.

Les cours du blé ont atteint les 219 euros la tonne sur le marché à terme européen cette semaine. Un pic inégalé depuis plus de quatre ans, ce qui fait craindre un autre épisode ayant entraîné par le passé des problèmes de sécurité alimentaire et induit, comme en 2008 et en 2012, des émeutes dites de la faim. L’Algérie a d’ailleurs lancé un appel d’offres fin juillet pour renforcer ses stocks de blé tendre au vu de la production locale minime par rapport au blé dur dont les récoltes sont en progression.

Les craintes d’une réédition des scénarios ayant précédé le Printemps arabe sont cependant injustifiées pour l’instant, selon les experts. Ainsi Nasser Mahamane, économiste à l’Agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome, se dit serein, selon un compte rendu de l’AFP. «Le monde sort de plus de quatre années de très bonnes productions de blé et les indicateurs ne sont pas alarmants, car on dispose de suffisamment de produits pour nourrir la planète», explique-t-il.

Il a bien observé «les changements» sur les marchés du blé qui ont gagné 17% entre le 11 juillet et le 10 août, ainsi que les prévisions de récoltes à la baisse en Europe et en Australie, principaux pays exportateurs avec les Etats-Unis et le Canada, qui ont affolé les opérateurs. Mais il ne se montre pas «inquiet».

A l’automne 2007, lorsque la flambée des prix des produits alimentaires de première nécessité avait provoqué des troubles sociaux et des violences dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient qui dépendent de l’importation de blé, «notre indice compilant les prix réels des céréales avait grimpé à 232 dollars, or aujourd’hui il n’est qu’à 160,9 dollars», dit-il. Principale différence, la taille des stocks mondiaux de céréales est très élevée, alors qu’ils étaient à un faible niveau en 2007-2008, ajoute Peter Thoenes, également économiste à la FAO à Rome. «Le début de la saison a commencé sur des stocks très élevés», souligne-t-il à l’AFP.

Pour d’autres experts cités par l’AFP, la sécurité alimentaire mondiale n’est pas menacée comme en 2007-2008 ou en 2012 par la flambée des prix du blé due à la sécheresse qui grille les récoltes de céréales cet été en Europe comme en Australie. Début juillet, les stocks disponibles permettaient de nourrir la planète «pendant quatre mois et demi», alors qu’ils ne représentaient que «deux mois et demi de consommation» en janvier 2007, selon Arnaud Saulais, analyste chez Starsuppply commodity Brokers, à Nyon en Suisse.

Autre différence, les pays importateurs de céréales et les pays exportateurs se parlent. Les marchés et la FAO ont «beaucoup appris» des crises passées, assure Peter Thoenes. Avec l’initiative «Amis» lancée par la FAO sur recommandation du G20 et de 10 autres organisations intergouvernementales, les pays importateurs et les pays exportateurs sont désormais «autour d’une même table» pour partager leurs prévisions de récolte et réagir ensemble, rappelle-t-il.

N’empêche. Début août, les cours du blé se sont «brutalement» emballés, lorsque le marché a cru une rumeur – démentie par la suite – selon laquelle l’Ukraine, l’un des principaux pays exportateurs de blé, allait limiter ses exportations, dit M. Saulais, pour qui «cela rappelle de mauvais souvenirs».

En 2012, alors que les mauvaises récoltes attisaient les révoltes des Printemps arabes autour de la Méditerranée, les cours du blé avaient brusquement explosé après la fermeture par la Russie de ses exportations, handicapant encore plus les pays dépendant de l’importation, comme le Sénégal, la Mauritanie, le Maroc ou d’autres. Prenant en compte les effets de la sécheresse, le ministère américain de l’Agriculture a confirmé, vendredi soir, les anticipations du marché en révisant fortement à la baisse ses prévisions de production de blé en Europe pour 2018. L’UE devrait ainsi produire seulement 137,50 millions de tonnes de blé cette année, au lieu de 145 MT estimé il y a tout juste un mois.

En Allemagne, grillée par la sécheresse, la récolte attendue de céréales devrait tomber à son plus bas niveau depuis 1994, selon les coopératives agricoles. En revanche, le rapport américain a revu en légère hausse son estimation de production en Russie, à 68 MT contre 67 MT le mois dernier. Bien loin, néanmoins, du volume historique de blé engrangé l’a passé : 85 millions de tonnes.


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