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mercredi, 21 novembre, 2018
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Faiblesse de l’industrie de la sous-traitance : Les incroyables ratés des politiques publiques

11 septembre 2018 à 2 h 00 min

La part de contenu local dans les achats de pièces de rechange de Sonatrach «reste très faible», a indiqué, avant-hier à Alger, le directeur division maintenance-TRC auprès de Sonatrach, Abdelkader Oulhadj. «La moyenne des achats de pièces de rechange de Sonatrach sur le triennat 2015-2017 a été estimée à 390 millions de dollars par an.

Bien que plus de 50% de ces achats soient réalisés en dinar, la part du contenu local y reste très faible avec 5% seulement», a précisé M. Oulhadj, lors d’une conférence portant sur «La sous-traitance industrielle : le marché de Sonatrach, un enjeu incontournable», organisée dans le cadre des Journées d’information de Sonatrach sur les opportunités d’investissement pour les entreprises algériennes. Quant à la valeur de consommation de Sonatrach de pièces de rechange, elle a été estimée à 415 millions de dollars pour l’exercice de 2017, a fait savoir ce responsable. Selon les activités, 30 à 70% des services de maintenance et de travaux neufs sont sous-traités, cette sous-traitance étant confiée à plus de 80% à des sociétés locales, a ajouté le conférencier.

Abdelkader Oulhadj a également souligné que les équipements de production de Sonatrach étant caractérisés par une grande variété de constructeurs et de modèles, le marché de pièces de rechange y afférent serait plutôt compatible avec la fabrication de petite série. «Le créneau relatif à la fabrication locale de raccords et d’incorporables de réparation de canalisations étant déjà identifié comme potentiel, il pourrait constituer un premier projet à étudier et éventuellement concrétiser à court terme», a-t-il ajouté.

Pour réussir le défi d’«augmenter de manière significative le contenu local des achats de ses pièces de rechange, Sonatrach devrait créer une structure spécialisée pour conduire le projet», a suggéré ce responsable. «La taille et les ressources à allouer à cette structure seront en fonction de l’identité de la partie responsable de l’élaboration du dossier de fabrication et de contrôle», a-t-il expliqué. Ainsi, selon lui, «si c’est Sonatrach qui est la partie responsable de l’élaboration du dossier de fabrication et de contrôle, il faudrait mettre en place un centre de rétro-conception, et si c’est le fabricant qui est la partie responsable, une coopération entière de Sonatrach est exigée».

Pour sa part, le président de la Bourse algérienne de la sous-traitance et du partenariat (BASP), Kamel Agsous, a présenté un état des lieux de la sous-traitance industrielle en Algérie. Dans ce cadre, il a souligné que l’industrie représentait 6% du produit intérieur brut (PIB), l’existence de 10 000 entreprises industrielles, dont 95% sont des PME, voire des TPE, dont la majorité active dans le secteur privé. «1000 entreprises travaillent dans le secteur de la sous-traitance industrielle, soit 10% de l’activité industrielle totale», a-t-il avancé. Concernant les domaines d’activité de la sous-traitance, ils s’exercent principalement dans les secteurs suivants : mécanique (décolletage, usinage de précision, etc.), sidérurgie-métallurgie (fonderie, aciérie…), électrique-électronique, plasturgie, caoutchouc, composite, verre, aluminium, bois, fournitures, ainsi que les services liés à l’industrie, formation, ingénierie et autres.

Les grands donneurs d’ordres sont les groupes industriels publics, relevant du ministère de l’Industrie et des Mines (AGM-SNVI-GICA), le secteur de l’Energie (Sonatrach et Sonelgaz) et les secteurs émergents (automobile, ferroviaire, aéronautique), ainsi que les secteurs nouveaux liés au développement durable (les énergies renouvelables et le recyclage). «Le développement de la sous-traitance industrielle est lié à la maturité des différentes filières constituant le secteur industriel. En Algérie, elle doit être principalement tirée à court terme par les secteurs dits classiques (énergie, mécanique, etc.)», selon Kamel Agsous. Pour le conférencier, la sous-traitance est un élément clé de la compétitivité du secteur industriel au niveau de l’entreprise et de la nation.

Il a souligné dans ce cadre que le niveau d’«intégration induit par le développement de la sous-traitance va permettre aux PME l’accumulation technologique nécessaire à l’optimisation des chaînes de valeur et la transformation du secteur industriel, en phase avec les évolutions technologiques mondiales». «Cette réflexion sur un horizon de 5 à 10 ans autour de l’industrie du futur est une condition majeure de son intégration dans la nouvelle division internationale du travail, dominée aujourd’hui par l’économie de la connaissance», a-t-il conclu.

L’Algérie dépenserait entre 3 et 4 milliards de dollars en importations de pièces de rechange, d’organes et accessoires commandés par diverses unités industrielles. En faisant une comparaison avec les pays voisins où le taux d’intégration est plus élevé par rapport à l’Algérie, le président de la BASP avait signalé, dans l’une de ses dernières interventions sur le sujet, qu’en Tunisie, le nombre des entreprises sous-traitantes représente 20% des entreprises industrielles (1000 entreprises de sous-traitance parmi 5000 sociétés industrielles), alors qu’au Maroc, le taux est de 28% (2000 entreprises de sous-traitance sur 7000 sociétés industrielles).

Il faut bien l’admettre, la sous-traitance est le parent pauvre de l’industrie algérienne. On se demande bien ce qui a empêché un groupe de la taille de Sonatrach d’investir dans ce secteur pour éviter de recourir à l’importation des pièces de rechange.  

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