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mercredi, 13 novembre, 2019
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Face au rejet politique, des arguments techniques : Dialogue de sourds à l’APN

06 novembre 2019 à 10 h 02 min

C’est face à un hémicycle clairsemé et quelques pancartes hostiles à la démarche du gouvernement que le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, s’est astreint à expliciter, hier, les tenants et aboutissants du projet de loi sur les hydrocarbures.

Les arguments du ministre, liés notamment à la baisse continue de la production nationale en hydrocarbures face à une hausse constante de la consommation nationale de gaz et produits pétroliers, ce qui risque, selon lui, de compromettre les exportations du pays à l’horizon 2025-2030, se sont heurtés, lors de quelques soubresauts hostiles, lors du débat plutôt conciliant et fade, aux arguments politiques renvoyant le gouvernement à son statut d’instance intérimaire qui n’a pas vocation à engager le pays sur le long terme.

De nombreux députés ont mis en avant les analyses des experts nationaux, qui ont été auditionnés par l’APN et qui ont estimé que le texte en question est bien ficelé et peut apporter des avancées par rapport à la loi en vigueur actuellement. Plus globalement, les députés, qui étaient au nombre de 77 à intervenir lors du débat, ont de manière générale survolé le contenu du texte, dont la copie ne leur a été remise qu’à la veille de la séance. Qu’ils aient appuyé la démarche du gouvernement ou contesté – pour très peu d’entre eux – la légitimité de la démarche de l’Exécutif, en pleine période d’incertitude politique, peu d’arguments tangibles ont été avancés hier, lors des débats.

Ce fut aussi le cas de la commission des affaires économiques qui a proposé de rares amendements au projet de loi, selon le rapport préliminaire remis à la presse et exposé hier, au sein de l’hémicycle

Lors de son intervention, le ministre de l’Energie a, pour sa part, défendu sa mouture, affirmant  qu’il est impératif de «réactualiser la loi régissant le secteur des hydrocarbures pour faire face à l’augmentation constante de la demande interne en gaz et produits pétroliers, qui augmente de 7% annuellement, ce qui induira inévitablement un déficit structurel à l’horizon 2025-2030, entre l’offre et la demande interne et impactera, par ricochet, les engagements d’exportation du pays dans le cadre des contrats gaziers, dont le renouvellement est en cours».

Le ministre de l’Energie a rappelé, en outre, que «60% de nos réserves en hydrocarbures traditionnelles primaires ont été épuisées» par la consommation nationale et les exportations, soulignant que le projet de loi présenté par son département «encourage et renforce le partenariat dans le but d’intensifier les efforts d’exploration et d’augmentation des réserves du pays, afin d’assurer la sécurité énergétique nationale sur le long terme».

Mohamed Arkab a affirmé qu’«un net recul a été constaté depuis 2005, dans le domaine de l’exploration-production», soulignant que «sur 67 périmètres soumis à concurrence depuis 2008, nous n’avons reçu que 19 offres, dont 13 seulement ont donné lieu à des contrats, dont 4 pour Sonatrach seule».

Il expliquera que face à cette situation de recul de partenariat, «Sonatrach a été contrainte de supporter seule le fardeau financier lié à l’exploration, y consacrant 1,76 milliard de dollars annuellement entre 2010 et 2016, alors qu’elle y consacrait une moyenne annuelle de 370 millions de dollars entre 2000 et 2009».

En plus des arguments liés à la situation énergétique interne, Mohamed Arkab, qui s’exprimait hier face aux députés, a plaidé pour un renforcement de la place de l’Algérie en tant qu’acteur énergétique en «s’adaptant à la nouvelle configuration de la scène mondiale en constante évolution». Le ministre a souligné que «la concurrence est de plus en plus serrée entre les pays producteurs pour attirer les capitaux et les investissements étrangers, en offrant notamment des incitations diverses, ce qui impose une réadaptation de l’arsenal juridique national». Il s’agit, selon lui, de «préserver les partenariats en cours, de renforcer le rôle de Sonatrach, et d’attirer de nouveaux investisseurs».

Pour le ministre, «il est impératif de revoir les textes législatifs régissant le secteur des hydrocarbures en les enrichissant pour attirer de nouveaux capitaux et les technologies de pointe pour la relance de notre économie, la création des richesses, la satisfaction des besoins des citoyens et la création de nouveaux postes d’emploi». Selon Mohamed Arkab, «le projet de loi vise la préservation des quotas de Sonatrach sur le marché international, à travers l’augmentation de la production, tout en renforçant son rôle en tant qu’acteur principal du secteur énergétique national».


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