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Dispositions du projet de loi de finances 2020 : Des remises en cause sans mea-culpa

14 septembre 2019 à 9 h 30 min

L’annonce des dispositions du Projet de loi de finances (PLF) pour l’exercice 2020 sonne comme une remise en cause du mode de gestion économique et un appel au secours adressé aux multinationales et aux institutions de financement internationales.

Retour sur l’endettement extérieur, retour sur la planche à billets, retour sur la règle 51/49%, retour sur l’importation des véhicules de moins de trois ans, recours à l’impôt sur la fortune… Autant de dispositions qui montrent à quel point nos dirigeants sont aptes à défendre une chose et son contraire sans sourciller ni faire leur mea-culpa.

Le Premier ministre, Nourreddine Bedoui, a fait partie du gouvernement qui a pourtant entériné des lois et des mesures qu’il rejette aujourd’hui, et nous présente une copie d’un PLF résonnant comme une fausse révolution  dans la vraie révolution.

Après avoir bricolé un recours aventureux au financement non conventionnel avec les conséquences désastreuses qu’on lui connaît, voilà que le gouvernement décide de recourir à l’endettement extérieur.

«Le projet de loi de finances pour 2020 propose la possibilité de recourir, de manière sélective, au financement extérieur auprès des institutions financières mondiales de développement en vue de financer les projets économiques structurels et rentables avec des montants et des délais en rapport avec le rendement de ces projets et leur solvabilité», indique le communiqué du conseil du gouvernement rendu public dans la soirée de mercredi. Les spécialistes en «bricolage» que sont nos dirigeants vont ainsi demander l’aide des institutions financières internationales après avoir juré de ne jamais recourir à l’emprunt étranger.

La manne financière dont jouissait le pays, qui pouvait lui permettre de se prémunir de tout endettement ou de bien négocier un endettement, a été dilapidée et dépensée aux quatre vents. Il aurait été judicieux de le faire tant que le pays avait les moyens de poser ses conditions de remboursement avantageuses pour les parties contractantes. Avons-nous les moyens d’imposer des conditions ? Il est légitime aujourd’hui de se demander si le gouvernement actuel est en mesure ou a les capacités de bien négocier un financement international en préservant les intérêts du pays.

L’actuel ministre des Finances était directeur général de la Banque d’Algérie et avait applaudi le recours à la planche à billets, dont il critique les conséquences aujourd’hui. Comment faire confiance aux choix d’un ministre pour redresser une situation qu’il a lui-même créée avec d’autres responsables ? Si la dette extérieure, fort heureusement, est de 1% du PIB, la dette publique interne est de l’ordre de 37% du PIB. La planche à billets a nettement alourdi le niveau de la dette interne.

Autre annonce du gouvernement : l’annulation pure et simple, pour les secteurs non stratégiques, de la règle 49/51% applicable aux investissements étrangers en Algérie. «Cette mesure vise à renforcer l’attractivité de l’économie nationale», précise le communiqué du gouvernement. Voilà encore une mesure qui avait été adoptée en 2009, dans une conjoncture où l’investissement en Algérie s’apparentait à des opérations de chantage : on imposait des partenaires locaux à des compagnies étrangères pour un partage de bénéfices dont le Trésor public n’a pas bénéficié… Il reste à connaître les contours de la prochaine loi relative aux hydrocarbures afin de s’assurer si, réellement, les secteurs stratégiques seront épargnés par la suppression de cette règle.

Par ailleurs, pour donner un caractère «social» au projet de loi de finances, le gouvernement propose l’application d’un impôt sur la fortune. «Cette mesure vise à assurer une meilleure répartition des charges fiscales entre les citoyens», note le gouvernement. Pour rappel, une proposition similaire avait été introduite dans le PLF-2018 puis a été retirée par la commission des finances et du budget de l’APN.

Autre disposition contenue dans le PLF, qui était prévisible puisqu’annoncé déjà depuis des mois : l’autorisation d’importation des véhicules de tourisme d’occasion de moins de trois ans. Ayant échoué à constituer un tissu industriel pour la fabrication de voitures, le gouvernement trouve la parade dans cette mesure qui aura des conséquences certaines sur la valeur du dinar, mais surtout fera de l’Algérie une poubelle pour les véhicules d’occasion. 


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