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Dispositif de sauvegarde des entreprises touchées par la corruption : Le gouvernement statuera la semaine prochaine

01 août 2019 à 9 h 15 min

Le comité intersectoriel ad hoc, chargé par le gouvernement le 24 juin 2019 d’examiner la situation des entreprises dont les patrons ont été incarcérés, devrait rendre ses résultats au gouvernement au courant de la semaine prochaine.

La principale proposition, dans le cadre du dispositif de sauvegarde des entreprises, concerne la désignation d’un administrateur pour chaque entreprise concernée afin de débloquer notamment les comptes bancaires des entités et permettre le payement des salaires des travailleurs qui sont des milliers – emplois directs et indirects – à se retrouver sans ressources depuis plusieurs mois. A travers la désignation des administrateurs, le gouvernement veut éviter un autre épisode «Khalifa» et permettre notamment la prise en charge de l’aspect social à travers le paiement des salaires des travailleurs et la sauvegarde des emplois, mais aussi économique à travers le déblocage de certains projets à l’arrêt. L’approvisionnement du marché en produits de large consommation est aussi un autre souci pour l’Exécutif qui devrait statuer très prochainement sur les propositions du comité ad hoc présidé par le ministère des Finances et adossé à un comité exécutif intersectoriel ayant épluché, en amont, les dossiers des différentes entreprises concernées.

Il s’agit notamment des dossiers relatifs au groupe ETRHB d’Ali Haddad, le groupe industriel KouGC, appartenant aux frères Kouninef, et les entreprises de transport universitaire et de montage de véhicules CIMA Motors, appartenant à Mahieddine Tahkout, ainsi que le groupe Cevital d’Issad Rebrab, et le groupe Mazouz appartenant à Ahmed Mazouz.

Le chef de l’Etat par intérim, Abdelakader Bensalah, avait souligné dans un discours à la nation que «toutes les dispositions seront prises afin que les travailleurs et l’économie nationale ne soient pas pénalisés par les décisions prises à l’encontre des patrons des entreprises concernées». Le ministre de la Justice, garde des sceaux, Slimane Brahimi, avait recommandé de son côté l’identification de mécanismes juridiques susceptibles de préserver le bon fonctionnement des entreprises économiques et de veiller à la sauvegarde des emplois et des projets, dont les promoteurs se trouvent en détention préventive pour des affaires de corruption. Le ministre des Finances, Mohamed Loukal, qui préside le comité ad hoc, avait assuré pour sa part dans un entretien à l’APS que l’Etat a pris les mesures nécessaires pour sauvegarder l’outil de production et les postes d’emploi des entreprises économiques, dont les propriétaires sont incarcérés pour des affaires de corruption. «Nous sommes en train de travailler au niveau du gouvernement pour dégager des solutions juridiques concernant ces entreprises et je peux vous assurer que l’outil de production et les postes d’emploi au niveau de ces entreprises seront sauvegardés coûte que coûte», a-t-il affirmé.

Des milliers de travailleurs sans salaires

Selon lui, le gouvernement, qui ne pouvait pas rester passif face à ce qui se passe sur la scène économique, a décidé de mettre en place un dispositif de sauvegarde pour prévenir les éventuelles turbulences susceptibles d’impacter l’emploi, la production et le climat des affaires en général en Algérie. Au ministère de l’Industrie et des Mines, le dossier est également pris en charge selon un haut responsable du ministère qui a déclaré dans un entretien à l’APS que le gouvernement «est en train de tout faire pour qu’il n’y ait aucun impact sur l’approvisionnement du marché, la réalisation des projets et la fourniture des prestations éventuellement concernées par ces situations». «Que ce soit pour les entreprises activant dans l’industrie automobile ou pour d’autres activités industrielles et économiques il n’y a aucune différence», a-t-il souligné dans sa réponse à une question sur le sort des usines de montage de véhicules dont les propriétaires sont incarcérés suite aux enquêtes menées par la justice.

Dans l’attente des mesures qui seront prises par le gouvernement, les travailleurs du groupe KouGC, appartenant aux frères Kouninef, mis en détention provisoire le 24 avril dernier, ne lâchent pas prise et continuent de crier leur désarroi face au blocage de leurs salaires et l’incertitude sur leur avenir professionnel. Dans un placard publicitaire publié hier dans la presse, ils interpellent le ministre de la Justice à la veille de l’Aïd El Adha et de la rentrée scolaire : «Cette lettre est un appel et un cri de détresse des travailleurs de la Sarl KouGC afin d’attirer votre attention sur le blocage de leurs salaires», peut-on lire notamment dans la lettre. Il y a quelques semaines, des centaines de travailleurs du groupe KouGC avaient organisé un sit-in devant le siège principal du groupe à Alger.

Ils avaient notamment dénoncé le blocage de leurs salaires et la menace qui pèse sur leurs emplois. Les représentants des travailleurs – quelque 3000 permanents et 35 000 indirects – avaient alors fait part de leur «désarroi et de leur détresse» face à la situation précaire qu’ils endurent. Selon le communiqué diffusé alors par les travailleurs, «la situation actuelle prive les entreprises du groupe d’honorer leurs obligations vis-à-vis des maîtres d’œuvre nationaux, ainsi que d’assurer le paiement des charges fiscales et parafiscales à l’égard des institutions de l’Etat, dont la Cacobatph et la Cnas, chargés d’exploitation, etc.»

Ils revendiquaient notamment «le déblocage des salaires de l’ensemble des travailleurs, la préservation des postes d’emploi qui assurent la survie de milliers de familles et permettre une reprise en main de l’ensemble des projets en cours de réalisation». Les représentants des travailleurs avaient en outre souligné que «l’ensemble des projets en cours de réalisation par le groupe, soit 28 chantiers, sont dans un état de paralysie totale, voire même d’abandon». Soucieux de la pérennité de leurs emplois, les travailleurs avaient tenu à signaler qu’«au vu des expériences similaires vécues antérieurement par d’autres secteurs d’activité et en l’absence d’une visibilité quant à leur avenir professionnel, la prise en charge immédiate et effective de leurs revendications par les institutions de l’Etat était urgente».


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