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Deux bilans négatifs en 2018 et en 2019 : Les déficits qui tuent Sider El Hadjar

23 janvier 2020 à 10 h 01 min

Avant de céder toutes ses actions (51% d’ArcelorMittal Algérie – AMA) au groupe Imetal en août 2016 et quitter définitivement l’Algérie, AMA avait laissé derrière lui une dette de plus de 8,28 milliards de dinars. Datant d’avant 2016, cette importante dette représente 35% du passif courant du complexe sidérurgique d’El Hadjar.

Le complexe Sider El Hadjar avance en reculant. En effet, sa production annuelle en 2018, qui était de 700 000 tonnes, n’a pas atteint les objectifs en enregistrant un déficit de près de 9%. Cette année, elle a été amputée encore une fois de plus de 100 000 tonnes, selon le rapport de la production annuelle, dont El Watan détient une copie.

Au lieu d’aller crescendo, tel que promis vainement par l’actuel staff dirigeant, cette production est en nette baisse et la situation qui prévaut actuellement à l’usine ne pousse pas à l’optimisme.

«Sur l’année 2019, la production de la fonte liquide a atteint environ 560 000 tonnes, très loin des objectifs tracés pour l’année, soit environ 1 million de tonnes», note le document, précisant que la capacité théorique de production de l’HF est de plus de 1,2 million de tonnes.

Selon la même source, «quelque 3% de la matière première ont été transformés en fonte gueuse, et la production de l’acier n’est que de 544 000 t, dont 37% en billette direct et 14% en billette à partir du duplex, dont les coûts de production sont plus élevés, 49% en brames et 1% en lingot, qui n’est pas vendable suite à l’arrêt de l’unité TSS.

La production de produits sidérurgiques vendables – bobines et rond à béton – est au niveau de 548 000 tonnes, dont 45% en rond à béton et le reste en bobines». Ce niveau de production d’acier vendable est inférieur aux objectifs. Il a atteint près de 60% des objectifs budgétés, alors qu’il est très loin des capacités des installations, qui dépassent les 1 800 000 tonnes.

«Notons que le taux des produits déclassés et de la production sans commande des produits spécialement laminés à chaud est très élevé suite à la panne de l’installation Edger qui persiste toujours», font remarquer des sidérurgistes en place. Ces niveaux de production mettront Sider El Hadjar à la dernière place des fournisseurs sur le marché algérien, ce qui aggrave davantage la situation financière du complexe. Pour preuve, le chiffre d’affaires de l’entreprise n’a pas dépassé les 38 milliards de dinars.

En outre, durant les neuf premiers mois de l’exercice 2019, Sider El Hadjar a réalisé une valeur ajoutée seulement de 338 millions de dinars par rapport à un objectif de 7997 millions de dinars, indique-t-on dans le plan de redressement interne, soit un taux de 0,5% sur cette période.

Pratiquement nul, ce bénéfice est dû essentiellement, selon le PDG de Sider El Hadjar, cité par le magazine El Djazair.com, «à un manque à gagner sur la production de l’exercice de 2,072 milliards de dinars, lié à l’effet du faible volume suite à une rupture d’approvisionnement en minerai de fer durant le début du 2e trimestre.

Un manque à gagner sur le chiffre d’affaires de 1058 millions de dinars suite à la baisse des prix de vente, fixés par le staff lui-même. Une augmentation de la consommation de l’exercice de 1028 millions de dinars, causée par une surconsommation du coke.

Une augmentation dans la consommation de l’exercice de 857 millions de dinars générée par la dégradation des différentes lignes de production, essentiellement au niveau des laminoirs».

Le PDG de Sider El Hadjar semble avoir omis que les multiples arrêts du HF, souvent à cause d’une erreur humaine, sont également pour beaucoup dans la détérioration de la santé financière de l’usine. Pis, le staff dirigeant n’a jamais pu maîtriser les cours de la production, qui sont loin de ceux des concurrents, dont Tossiali et Bellara.

Renationalisation, une victoire à la Pyrrhus

Que faut-il de plus pour Ferhat Aït Ali, le nouveau ministre de l’Industrie, pour procéder à une large opération d’assainissement au sein de Sider El Hadjar, dont le staff a échoué dans le redressement de ce complexe malgré les centaines de millions de dollars qui lui ont été affectés ? Le nouveau ministre sait-il que l’enquête sur sept dossiers douteux, qui a été ouverte depuis octobre 2018 par la gendarmerie de Annaba, piétine toujours ?

Est-il au courant que les sidérurgistes interpellent le chef de l’état-major, le général Chengriha, sur la lenteur douteuse dans l’instruction de cette enquête par la gendarmerie ? Le 7 août 2016, a été signé un pacte d’actionnaires consacrant la cession d’actions d’ArcelorMittal au groupe Imetal, dont le contenu est frappé par le sceau de «strictement confidentiel», pour une durée de cinq années.

Le groupe public Sider avait ainsi augmenté sa participation dans ArcelorMittal Algérie (AMA) de 21% et passe à 51%, avec un plan d’investissement de 763 millions de dollars (565 millions d’euros).

Une grande partie de l’investissement relatif à la modernisation du complexe, 600 millions de dollars environ, devait être financée à travers un crédit bancaire de la BEA. L’investissement à engager sur fonds propres des deux partenaires devait être de l’ordre de 123 millions de dollars. L’Algérie refinance à fonds perdus. Deux grands financements à quatre années d’intervalle.

La lecture du préambule révèle qu’au fur et à mesure que la situation se dégradait et que l’échec se certifiait, la partie algérienne augmentait ses participations. Ce qui supposait une prise en charge accrue des pertes. Le 15 octobre 2016, l’Algérie reprenait l’intégralité des actions d’un groupe en déconfiture avec pertes et fracas.

Triste épilogue d’une sinistre gabegie. Comble de la mauvaise gouvernance et d’absence de vision stratégique. En définitive, l’Algérie a cédé les actions du complexe El Hadjar lorsque l’industrie sidérurgique pouvait se porter bien, et les a récupérés lorsque tout allait mal, car la crise va réduire les besoins et les ressources.

Ainsi fut le partenariat ArcelorMittal/Sider. Une aventure sans bilan ni inventaire, où l’Algérie a pris en charge l’échec d’un partenariat plutôt avec pertes et fracas qu’avec pertes et profits, car des profits, il n’y en avait point. En effet, avant de céder toutes ses actions (51% d’ArcelorMittal Algérie – AMA) au groupe Imetal en août 2016 et quitter définitivement l’Algérie, AMA avait laissé derrière lui une dette de plus de 8,28 milliards de dinars. Datant d’avant 2016, cette importante dette représente 35% du passif courant du complexe sidérurgique d’El Hadjar.

C’est du moins ce qui est indiqué dans un rapport officiel dont les chiffres sont arrêtés au 30 septembre 2016. Selon ce document comptable, dont El Watan détient une copie, cette dette représente des arriérés de fournisseurs du complexe Sider El Hadjar ayant trait aux services de stock et d’investissement.

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