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Des économistes du FMI alertent : La crise de la Covid-19 risque de rendre insolvables des pays émergents

08 août 2020 à 9 h 30 min

La crise de la Covid-19 risque de rendre insolvables certains pays émergents, et d’accroître encore les inégalités, ont écrit jeudi dernier des économistes du Fonds monétaire international (FMI), appelant à des mesures de soutien supplémentaires à différents niveaux.

«Les économies de marché émergentes ont relativement bien traversé la première phase de la crise mais la phase suivante pourrait être beaucoup plus difficile», alertent Martin Mühleisen, Tryggvi Gudmundsson et Hélène Poirson Ward, selon une dépêche de l’AFP.

«Le risque est élevé que les problèmes de liquidité se transforment en problèmes de solvabilité» dans les pays émergents, craignent-ils, alors que «la crise a beaucoup plus durement frappé les populations pauvres, et cette augmentation des inégalités amplifiera le défi politique dans de nombreux pays».

«Le virus reste présent, les conditions financières sont encore fragiles et la marge de manœuvre politique est réduite, en particulier pour les pays confrontés à des risques élevés pour la viabilité de la dette», détaillent ces économistes dans une note de blog, indique la même source. Ils relèvent qu’«environ un tiers de toutes les économies de marché émergentes sont entrés dans la crise avec des niveaux d’endettement élevés», ne leur laissant pas de marge de manœuvre pour soutenir leur économie.

Les pays les plus touchés sont ceux qui dépendent du tourisme, ainsi que les pays exportateurs de pétrole. Ces économistes du FMI précisent que «le soutien politique des économies avancées a donné aux décideurs des économies de marché émergentes une marge de manœuvre pour atténuer le choc économique».

Ils estiment nécessaire une réponse à plusieurs niveaux : «Tout d’abord, les politiques nationales devront être conçues pour permettre une croissance plus durable et inclusive.» Ils soulignent ensuite qu’«un soutien accru de la part des prêteurs bilatéraux et multilatéraux sera nécessaire là où l’accès au marché reste précaire», et précisent que, depuis le début de la crise, «le FMI a fourni à 22 pays émergents une aide financière d’environ 72 milliards de dollars». Quant aux pays dont la dette est insoutenable, «une résolution rapide et durable de ces problèmes sera nécessaire, en partageant largement la charge entre les créanciers, y compris dans le secteur privé», soutiennent les économistes du FMI.

Réunion du Caucus africain

Jeudi dernier, se sont déroulés les travaux de la réunion du Groupe des gouverneurs africains (Caucus africain) auprès de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI. Cette réunion a été tenue par vision-conférence et à laquelle a pris part le ministre algérien des Finances Aymane Benabderrahmane.

Portant sur le thème comment «Protéger le capital humain de l’Afrique face à la Covid-19 : sauver des vies, préservez le bien-être et sauvegardez la productivité ainsi que l’emploi», cette rencontre a, selon un communiqué du ministère des Finances, «constitué une occasion pour les gouverneurs africains d’échanger sur les implications socioéconomiques de cette pandémie, les priorités stratégiques pour préserver l’emploi, la productivité et la relance de la croissance, ainsi que sur le rôle que devrait jouer le Groupe de la BM et le FMI pour apporter appui et soutien aux pays africains en vue de faire face à cette crise sanitaire et économique».

Un «Mémorandum 2020» a d’ailleurs été adopté et fera l’objet d’une communication aux dirigeants du FMI et du groupe de la BM lors de leurs prochaines assemblées annuelles prévues du 14 au 17 octobre prochain.

Les gouverneurs africains invitent les institutions de Bretton-Woods à accorder la priorité notamment à l’amélioration de l’aide extérieure et de son efficacité pour l’Afrique pendant la pandémie de la Covid-19, l’accroissement de la prestation du FMI et la BM au profit de l’Afrique dans les domaines de la santé, l’éducation, l’eau et la protection sociale, ainsi que la consolidation des politiques macro-budgétaires et de la gouvernance globale.

Le Mémorandum appelle également au renforcement des marchés, du secteur privé et de la création de l’emploi, ainsi que l’amélioration de la représentation et de la voix de l’Afrique au sein des institutions de financières internationale.



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