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Dépréciation du dinar : Les explications de la Banque d’Algérie

18 août 2018 à 22 h 55 min

Les dernières cotations du marché officiel des changes fixent la valeur de la monnaie nationale à quelque 119 DA pour un dollar et 135 DA pour un euro.

Acculée par la chute des prix du pétrole et l’effondrement des fondamentaux qui s’en est suivi depuis la mi-2014, la Banque d’Algérie (BA) a souvent recouru, depuis le début de la crise, à certaines «manipulations» du taux de change du dinar afin de soutenir les fragiles équilibres extérieurs du pays.

Incontournable pour d’aucuns et dommageable pour d’autres, la politique actuelle de gestion du taux de change du dinar a en tout cas valu à ce dernier une érosion très palpable de son pouvoir d’achat.

Un état de fait qui ne cesse d’être déploré aussi bien par les particuliers que par des opérateurs économiques, qui ont vu leurs coûts de production augmenter en raison de la dépréciation de la monnaie nationale par rapport aux devises-clés.

Que rétorque à cet égard l’autorité en charge de la gestion de la politique de change, en l’occurrence la Banque centrale ? Interrogés hier par l’APS, des responsables de cette institution confirment d’emblée qu’entre 2014 – année du début de la crise – et 2015, le dinar s’était d’abord déprécié, en moyenne annuelle, de près de 19,8% vis-à-vis du dollar et de 4,07% par rapport à l’euro.

Une année plus tard, soit entre fin 2016 et fin 2017, la valeur de la monnaie nationale a chuté de 15,4% par rapport à l’euro et de 3,8% vis-à-vis du dollar, tandis que de mars à juillet derniers, la parité du dinar a baissé face au dollar de 3,09% et s’est, à l’inverse, apprécié de 1,02% face à l’euro, selon les mêmes responsables.

Bien plus explicites, les dernières cotations du marché officiel des changes fixent la valeur de la monnaie nationale à quelque 119 DA pour un dollar et 135 DA pour un euro, alors qu’il y a à peine quatre ans, le dollar, faut-il rappeler, était coté en moyenne à 80 DA et la monnaie européenne unique à 106 DA.

Glissement…

Evoquant «une approche prudente et pragmatique de gestion du taux de change», les responsables de la Banque d’Algérie laissent d’abord entendre que «l’ajustement du cours du dinar a obéi, essentiellement, aux fluctuations, sur les marchés financiers internationaux des monnaies de référence que sont l’euro et le dollar».

Selon eux, le régime de flottement dirigé, tel qu’adopté par la BA depuis le début des années 1990, «s’écarte de la fixation purement administrative du taux de change, sans pour autant abandonner totalement sa détermination aux seules forces des marchés internationaux».

Aussi, relèvent-ils, cette relative flexibilité «permet à la Banque d’Algérie d’ajuster le taux de change en fonction des déterminants structurels et macroéconomiques, internes et externes, tout en tenant compte des évolutions des taux de  change des principales monnaies sur les marchés internationaux».

Se fixant comme objectif le maintien à l’équilibre du taux de change effectif réel (TCER), la BA, notent en définitive ses responsables, agit sur la détermination de celui-ci en fonction de certains fondamentaux que sont notamment «les différentiels de productivité et de l’inflation entre l’économie nationale et les pays partenaires», «le degré d’ouverture économique» et plus particulièrement «le prix de pétrole et le niveau des dépenses publiques».

C’est ainsi que, face au choc externe de grande ampleur et durable, c’est-à-dire la crise financière en présence, le taux change du dinar a joué, selon eux, et dans une large mesure, «son rôle d’amortisseur», surtout en «l’absence de consolidation budgétaire».

En clair, alors que les revenus du pays ont chuté de moitié et que les dépenses de l’Etat sont maintenues à des niveaux élevés, la gestion du taux de change du dinar par la BA aurait donc servi d’instrument monétaire ayant permis d’amortir la dégradation rapide des équilibres financiers extérieurs, en raison de la chute des prix du pétrole.

Le glissement du dinar, concluent en ce sens les responsables de la BA, reflète donc l’évolution des cours de change des deux principales monnaies de règlement de l’Algérie, à savoir l’euro et le dollar, mais aussi «un contexte de persistance des déséquilibres des comptes extérieurs et publics et d’évolution défavorable de certains fondamentaux de l’économie nationale».

Reste à savoir enfin jusqu’à quel niveau irait la dépréciation de la monnaie nationale, sachant que sur le très actif marché parallèle, les cours des principales devises par rapport au dinar deviennent de plus en plus prohibitifs…

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