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Mohamed Saïd Kahoul. Consultant en management : «Ce ne sont pas toutes les subventions qui profitent à tout le monde»

21 novembre 2021 à 11 h 02 min

– En votant l’article 187 de la loi de finances 2022, l’APN et le gouvernement ont acté le démantèlement du système des subventions généralisées. Aucun gouvernement n’a pu le remettre en cause depuis près de 60 ans, même durant les plus durs moments de crise à la fin des années 1980 et les années 1990. Qu’en pensez-vous ?

Après deux ans, le gouvernement prend conscience peut-être que malgré toutes les solutions de court terme pour améliorer la situation financière du pays, celle-ci reste très fragile même avec l’embellie timide du prix du baril. Sauf qu’il ne fait pas grand-chose réellement pour amortir le choc. Sur les cinq ans (2020/2024) à venir, le déficit cumulé va représenter à peu près 120 milliards de dollars.

Le gouvernement se permet même de créer l’illusion qu’il possède un Fonds de régulation des recettes (FRR) alors que les lois de finances des trois prochaines années sont élaborées avec un déficit de l’ordre de 86 milliards de dollars. Il mise encore sur une hypothétique appréciation des prix de baril pour combler en partie ce déficit tout en citant d’autres instruments très confus qui ne sont en réalité qu’un financement monétaire par la Banque d’Algérie (planche à billets).

La problématique pertinente que devrait se poser l’Exécutif, qui refuse tout débat sauf dans les hémicycles qui pullulent de profanes, c’est comment réduire le train de vie de l’Etat, donc le budget de fonctionnement ? Les subventions, même si pour l’année 2022 elles représentent plus de 2000 milliards de dinars, elles ne sont qu’un chapitre des centres de coût qui greffe le budget de fonctionnement comme d’autres centres de coût dans d’autres chapitres.

L’approche nécessitera un travail en profondeur sur le budget de fonctionnement qui représente 65% pour l’année 2022 du budget total dont 42% ne sont pas couverts. C’est ce déficit qui réduit la marge de manœuvre du gouvernement pour financer la reprise de l’économie.

Le report aux calendes grecques des réformes structurelles planifiées sur trois à cinq ans pour qu’à terme l’économie crée de la richesse pérenne et l’emploi fait qu’il cherche des solutions palliatives qui, en réalité, ne font que compliquer la mise en place des bonnes solutions. Au moment où elles deviendront inéluctables, la marge de manœuvre sera nulle.

L’état ventilé des subventions pour l’année 2022 en millions de dinars montre bien que ce ne sont pas toutes les subventions de l’Etat qui profitent à tout le monde.

Les aides aux personnes aux besoins spécifiques, je considère qu’elles ne peuvent être incluses dans une allocation directe des ménages parce qu’il s’agit d’un droit du citoyen aux besoins spécifiques liés souvent à des problèmes de santé quel que soit le revenu du ménage.

Avancer le chiffre global de 17 milliards de dollars paraît très élevé, mais ventilé, on constatera que plusieurs subventions sont spécifiques à des catégories de citoyens et qu’il serait difficile de les transformer en aide aux ménages.

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