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Avis de spécialistes

Arezki Mekliche, professeur à l’ENSA : «Des signes d’absence de vigilance»

17 septembre 2018 à 0 h 00 min

L’utilisation des eaux usées en agriculture est une pratique ancienne et les pays du monde entier sont concernés. Cette pratique est inscrite dans les objectifs de développement de l’agriculture pour subvenir à des besoins en eau de plus en plus élevés et du fait que la ressource se fait de plus en plus rare.

Il faut donc partir de l’idée que le recyclage des eaux usées est un impératif pour l’humanité. Des organismes spécialisés dans le monde y travaillent sérieusement. L’Algérie est fortement concernée du fait de l’aridité du climat. Cette utilisation répond à des critères de qualités bactériologiques, chimiques et physiques scrupuleusement définies par l’OMS. En Algérie, il est raisonnable de penser que le recyclage des eaux usées au travers des stations de traitement est un objectif envisagé à travers les nombreuses stations existantes et projetées. On peut s’interroger sur la gestion rationnelle de ces stations et sur la possibilité de les maintenir en vie durablement eu égard aux lourdeurs administratives qui caractérisent notre économie.

L’apparition brutale du choléra dans la vie des Algériens ces derniers temps a malheureusement introduit une nouvelle donne dans l’utilisation des eaux usées.

Des cultures irriguées avec les eaux usées ont été détruites et les agriculteurs ont été inquiétés par les services de sécurité. Comment en est-on arrivé là ? Il faut peut-être préciser que le vibrion cholérique n’est pas absorbé par les plantes, mais il peut souiller les cultures irriguées par les eaux contaminées. Il y a la loi et son application. Force est de constater que chez nous, malheureusement, il existe une dilution monumentale de l’application des lois.

L’eau est un vecteur essentiel de parasites, de produits chimiques toxiques, elle doit donc être absolument surveillée où qu’elle se trouve et quel que soit son usage. Au niveau de chaque localité, ces structures de surveillance doivent disposer de moyens matériels et juridiques indispensables à l’accomplissement de leur mission. Il est peut être utile de savoir que nos producteurs, dans leur écrasante majorité, utilisent l’eau potable provenant des barrages et des forages. Les agriculteurs refusent d’utiliser les eaux usées traitées dans les stations d’épuration de l’eau, parce qu’ils doutent de leur qualité, c’est dire combien, tout en restant vigilant, on doit faire confiance à ces derniers.

Le renvoi des produits agricoles exportés a donné lieu à beaucoup de spéculations, notamment l’utilisation des pesticides. En l’absence d’analyses scientifiques confirmées, il y a lieu d’être très prudents dans l’interprétation des informations disponibles. Cependant, comme dans le cas de l’utilisation des eaux usées, il semble qu’il soit nécessaire que l’Etat algérien prenne très au sérieux ces signes d’absence de vigilance dans ces domaines vitaux de notre avenir.


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