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lundi, 18 novembre, 2019
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Algérie-Union européenne : Les priorités d’un partenariat en attente de renforcement et de conditions favorables

01 octobre 2018 à 1 h 00 min

L’Union européenne (UE) place l’Algérie parmi ses principaux partenaires dans la région Moyen- Orient-Afrique du Nord (MENA). Elle aspire d’ailleurs à renforcer la coopération dans plusieurs domaines, et ce, dans le cadre d’un programme de partenariat global inscrit dans la politique européenne de voisinage (PEV).

Une politique dans laquelle le Maghreb est une région clé, avec l’Algérie comme partenaire fiable pour la sécurité énergétique de l’Europe», estiment à ce sujet des sources de Bruxelles, pour qui il y a lieu de poursuivre le dialogue sur plusieurs dossiers de manière à donner un nouveau plan aux projets de partenariat pour la période 2017-2020 et à lever les points d’achoppement.

Objectif : mettre en œuvre toutes les priorités du partenariat, en attendant qu’un autre programme soit arrêté après 2020. Car pour l’heure, ce ne sont pas les incertitudes qui manquent pour les actions à entreprendre dans ce cadre après cette date.

Tout dépendra de la situation en Europe avec les élections européennes prévues en 2019 et les attentes focalisées sur la ligne directrice à adopter par les pays membres. Il y a aussi le développement sur la scène politique et économique à suivre dans les pays voisins concernés par cette politique, comme c’est le cas en Algérie, avec l’attention focalisée sur la prochaine élection présidentielle. Les Européens suivent d’ailleurs de près ce dossier. Cependant, cela n’empêche pas les deux parties à continuer à travailler sur les dossiers prioritaires, à savoir l’énergie, la migration, la mobilité, le partenariat humain et l’investissement.

Sur toutes ces questions, «il y a du travail à faire», estime-t-on à Bruxelles. C’est le cas aussi pour l’évaluation de l’Accord d’association pour voir ce qui ne va pas dans le volet écononomique, et ce, d’autant que l’Algérie a toujours affiché son regret quant à l’impact de l’accord sur l’économie algérienne, faisant valoir que ledit accord n’a pas bénéficié à l’Algérie. Ce que la partie européenne reconnaît, en mettant en exergue le fait que l’économie algérienne n’est pas diversifiée et ne favorise pas une relation d’équilibre sur le plan économique.

Ajoutant à cela le climat des affaires, que les Européens trouvent loin d’être propice à l’investissement, rappelant qu’il est classé troisième plus mauvais dans la région MENA et qu’il y a lieu de l’améliorer à plusieurs niveaux à travers les réformes. Un dossier sur lequel les Européens s’engagent à appuyer l’Algérie. «L’UE a un intérêt pour que l’Algérie se développe», nous dit-on encore à Bruxelles.

D’où l’accent sur les aides financières, même si le partenaire européen reconnaît que les enveloppes sont limitées et que le budget n’est pas encore tranché pour après 2020. Des aides que l’UE met à la disposition de ses voisins de la Méditerranée pour renforcer leurs capacités dans plusieurs secteurs. L’Algérie est d’ailleurs le premier pays qui a élaboré les priorités adoptées par les deux parties en mars 2017. Le choix de ces secteurs d’intervention pour 2018-2020 est considéré comme étant «cohérent avec les enjeux de l’Algérie, la volonté des réformes affichées par le gouvernement algérien et les conclusions de l’évaluation de l’Accord d’association». Ce choix est également fondé sur les acquis du Cadre d’appui unique pour la période 2014-2020.
45 millions d’euros pour trois programmes en 2018

Financièrement, sur un montant de 221 millions d’euros pour cette période, entre 108 et 132 millions d’euros ont été dégagés pour 2018-2020. Pour l’année en cours, le budget est de 45 millions d’euros dédiés à trois programmes (décentralisation et dynamisation des territoires avec 10 millions, développement de l’économie verte avec 20 millions et 15 autres millions pour un autre projet laissé au choix de l’Algérie, donc flexible). Mais la concrétisation de ces projets prendra du temps. Et pour cause, de nombreuses étapes sont à mener. Il s’agit de formuler les projets, les présenter devant les Etats membres avant de les adopter pour passer à la mise en œuvre. L’ensemble de ces projets seront soumis à l’approbation des Etats membres en octobre prochain. Une fois l’aval donné, passage à la signature avec le ministère des Affaires étrangères. La phase de mise en œuvre ne pourrait intervenir qu’après une année.

Ce processus pourrait s’étaler sur trois exercices. Même la Cour des comptes européenne a un droit de regard sur l’ensemble de ces projets. Les partenaires européens reconnaissent d’ailleurs que les procédures sont longues de ce côté, alors qu’en Algérie, les lenteurs administratives sont également à l’origine de nombreux retards. Ces délais sont en effet de trois ordres, liés tous à la complexité du processus décisionnel.

Accord sur l’énergie en attente

Cela dit, pour le moment le plus important pour le partenaire européen est de mener l’ensemble de ces actions à bon port, surtout en ce qui concerne la diversification de l’économie, les énergies renouvelables et l’environnement. «Le développement de ces axes est très important pour nous», insistent des représentants du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), rappelant que 16 millions d’euros ont été dégagés rien que pour l’énergie et le climat pour 2018-2020. La première partie du programme d’aide à l’environnement (sur un total de 10 millions d’euros) en cours a déjà été décaissée, apprend-on encore.

Par ailleurs, une rencontre sur le dossier de l’énergie est prévue en novembre prochain pour aborder notamment la question du renouvelable. Faudrait-il rappeler à ce sujet, que dans le cadre de leur dialogue politique de haut niveau sur l’énergie initié en 2015, l’UE et l’Algérie ont souhaité renforcer la sécurité de l’approvisionnement énergétique, promouvoir les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et encourager les investissements. Ce dialogue s’est poursuivi au premier semestre 2017 par une série de réunions d’experts sur le gaz et les énergies renouvelables et par la réunion annuelle de dialogue énergétique entre le ministre algérien de l’Energie et le Commissaire européen à l’action pour le climat et l’énergie.

L’Algérie n’a pas donné suite aux activités prévues au deuxième semestre 2017, et notamment le forum d’affaires Algérie-UE sur les énergies renouvelables. L’UE dit avoir sollicité à plusieurs reprises le partenaire algérien et reste en attente de la proposition algérienne pour un nouveau calendrier de mise en œuvre des initiatives déjà discutées et agréées.

Reprise du dialogue économique avant la fin de l’année

Un autre rendez-vous est pris entre les deux parties avant la fin de l’année sur le dialogue économique. Il s’agit de chercher d’autres voix pour appuyer les réformes économiques, essentiellement dans le secteur bancaire, et pourquoi ne pas arracher l’assouplissement de la règle 49/51 régissant l’investissement dans certains secteurs. C’est l’un des dossiers qui focalisent l’intérêt européen, dont les représentants ont annoncé avoir proposé à l’Algérie la formule de l’investissement extérieur mis en place déjà en Tunisie et en Libye. Ce que le gouvernement a rejeté pour éviter l’endettement extérieur. L’UE juge nécessaire de puiser sur un autre chapitre dans le partenariat en matière de technologie et d’innovation connaissant l’engouement des jeunes Algériens pour les nouvelles technologies de l’information et l’intérêt affiché du côté des pouvoirs publics pour le développement des start-up.

Ce qui nous amène à aborder un autre volet du partenariat, à savoir l’enseignement supérieur et la jeunesse via le programme Erasmus en phase d’exécution. Mais aussi, la lutte contre l’immigration clandestine et la politique des visas, deux dossiers qui sont liés pour l’UE et sur lesquels il y lieu de renforcer les discussions entamées, pour rappel, depuis 2002 avec la proposition de l’UE de faciliter les visas, en contrepartie de la réadmission des migrants algériens et ceux des pays tiers. C’est l’approche de l’UE concernant la mobilité et la migration. Une approche à laquelle l’Algérie n’adhère pas, laissant ainsi les négociations sur cette question sensible au stade informel.

 


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