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2020 s’achève sur fond d’incertitudes économiques : La gestion de la crise bouscule les priorités

28 décembre 2020 à 10 h 42 min

Une année diicile s’achève avec son lot d’incertitudes, de chantiers en attente et de promesses non tenues. Une période durant laquelle l’activité économique a sensiblement baissé en raison du confinement décidé pour stopper la propagation du coronavirus et de l’orientation de tous les efforts vers la gestion de cette crise inédite. Censée marquer le démarrage du programme du président Abdelmadjid Tebboune, pour sa première phase, 2020 aura finalement été accaparée par la
pandémie. Cela pour dire que la crise a fini par lourdement affecter l’agenda des réformes économiques. De même qu’elle a ébranlé les équilibres macro-économiques et bousculé l’ordre des priorités dans l’affectation des ressources.

Si les deux premiers mois de l’année ont été consacrés à la présentation du plan d’action de Tebboune, dès le mois de mars, tout a basculé pour une économie déjà
ébranlée en 2019 avec tout l’impact ressenti sur le plan social, la pandémie a en effet frappé de plein fouet les populations déjà pauvres et vulnérables. Au fil des mois, la situation s’est aggravée pour des milliers de familles dont les revenus ont chuté drastiquement.

Cette situation a également montré toute la fragilité du modèle de sécurité alimentaire de l’Algérie. La crise de la semoule ayant éclaté durant les premiers jours du confinement en est un indicateur. Certes, ce n’est pas le cas uniquement en Algérie.

Mais la dépendance vis-à-vis des importations des matières premières alimentaires et la réduction des ressources financières induit par la chute de l’activité économique à l’échelle mondiale donc par la baisse de la demande en pétrole n’a fait que réduire les marges de manouvre de l’Algérie pour la gestion de cette crise sanitaire. Les défaillances se sont multipliées avec le temps.

Les craintes aussi quant aux lendemains incertains. Et ce, d’autant qu’aucune perspective positive ne pointe à l’horizon. La vision économique s’est faite encore attendre cette année retardant ainsi la diversification tant prônée dans les discours et dans les promesses électorales de Tebboune.

C’est dire que le tâtonnement a encore été au rendez-vous en 2020 pour ce qui est des décisions économiques et des réformes. La conférence nationale dédiée à la relance économique organisée en grandes pompes les 17 et 18 août n’a finalement pas été suivie de mise en œuvre.

LE PLAN D’ACTION EN STAND-BY

Il était pourtant question d’un nouveau code de l’investissement qui devait être dévoilé en octobre pour faciliter et encourager les investissements dans les secteurs public et privé.

Il était également prévu le lancement d’une étude pour le recensement des capacités de production locale. Objectif : évaluer les niveaux de production et les capacités de transformation existantes sur le territoire national. L’appui aux filières porteuses était par ailleurs au menu du plan de relance via la mise en place d’un programme incitatif pour les producteurs locaux ayant atteint 60% d’intégration.

L’élargissement de la base fiscale, la mobilisation des ressources, la numérisation de l’administration fiscale et le règlement de la problématique du foncier de manière «à rationaliser le déploiement industriel».

Ce sont autant de questions sur lesquelles des changements devaient intervenir dans le cadre dudit plan. Des mesures urgentes étaient même prévues avant la fin de l’année, une partie à court terme (2021) avec pour but de réduire à 20% la contribution du secteur des hydrocarbures à l’économie nationale.

Et ce, via la promotion des exportations, un volet pour lequel un plan est toujours en cours d’élaboration alors que la finalisation était au menu de 2020. Durant cet exercice, l’accélération de la réforme financière à travers une série de mesures était également prévue.

Et ce, parallèlement à la numérisation et à la modernisation des secteurs des impôts, du cadastre et des douanes et au processus de mise en place de la finance islamique pour dynamiser la collecte de l’épargne et créer de nouvelles sources de crédits. Pour ce dernier chapitre, il y a quelques avancées avec l’ouverture de fenêtres dédiées la finance islamique dans les banques publiques sans plus.

Le chef de l’Etat qui, dès le début, a exclu le recours à l’endettement extérieur s’était même montré optimiste en juillet dernier annonçant que la réforme financière devait permettre à l’Etat, selon Abdelmadjid Tebboune, d’économiser 20 milliards de dollars à la fin de l’année.

Selon le ministère des Finances, le pays était même prêt à injecter «immédiatement» pour l’investissement et la relance économique l’équivalent de 1000 milliards de dinars, auxquels s’ajoutent 10 milliards de dollars déjà disponibles.

L’élimination de la surfacturation et la récupération de l’argent disponible dans le marché informel figurent par ailleurs parmi les dispositifs arrêtés pour 2020 sans pour autant aboutir au même pour ce qui est de la récupération, dans les réserves d’or du pays, des fonds gelés depuis des décennies au niveau des douanes et des saisies au niveau des ports et des aéroports, pour les intégrer aux réserves nationales. Cela pour dire que les orientations et les instructions n’ont pas manqué.

Mais que la mise en œuvre n’a pas été au rendez-vous faute de stratégie clairement étudiée et faute de management à la hauteur des défis à relever pour une économie doublement affectée par la crise sanitaire et par la baisse des ressources financières.

PARALYSIE

Comme principale conséquence, l’économie devrait se contracter considérablement en 2020, selon la Banque mondiale, surtout que de grandes incertitudes entourant la durée des crises sanitaire et économique. D’où le risque d’accentuation du chômage avec la perte d’emplois engendrée par la situation. Le Bâtiment et travaux publics (BTPH), les transports, le tourisme, les textiles et cuirs, le commerce et bien d’autres secteurs sont sortis perdants de cette année qui s’achève.

L’agriculture s’est démarquée par sa résilience mais elle est encore restée cette année sous l’emprise de l’informel pour ce qui est de la distribution.

La paralysie de l’activité économique due à la pandémie a en effet durement touché les entreprises et les emplois. Les finances des micros et petites et moyennes entreprises, ont été mises à rude épreuve.

En attendant de connaître l’impact réelle de cette pandémie (une étude lancée par le ministère déléguée chargée de la prospective est en cours), il est clair que les pertes sont énormes surtout que les aides décidées par l’Etat (mesures fiscales, facilités bancaires …) ont été jugées insignifiantes par les opérateurs économiques.

L’EXCEPTION

Parallèlement à ce ralentissement, certains créneaux ont été boos-tés par la pandémie. Des filières industrielles ont réussi à profiter de la situation en augmentant la
production tout en l’adaptant aux exigences de la crise. C’est le cas pour l’industrie pharmaceutique et celle des produits d’hygiène.

A titre d’exemple, Socothyd a enregistré une croissance de 34% durant 2020 en volume de production.

L’ENAD Shymeca a enregistré, de son côté, une croissance de plus 12%, avec notamment 430 tonnes en gel et solutions hydroalcooliques, 260 tonnes en désinfectants de surface. C’est en fait la crise qui a créé l’exception pour ces entreprises et non pas le climat des affaires en Algérie.

Un climat toujours en quête d’amélioration, selon différentes études et rapports d’institutions internationales.

S. I.

 

Chiffres clés

  • – Le PIB de  l’Algérie recule en 2020 à moins 6,5% selon la Banque mondiale et de moins 5,5% selon le Fonds monétaire international (FMI).
  • – Les projections portant sur le déficit extérieur courant affichent un solde négatif à -17%pour cette année.
  • – Les recettes d’exportations d’hydrocarbures attendues sont de l’ordre de 22 milliards de dollars en 2020.
  • – Le taux de chômage devrait atteindre 14,1% cette année selon le FMI.
  • – Les comptes extérieurs de l’Algérie devraient connaître un déficit de 10,8% en 2020 selon le FMI.

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