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Salon de l’investissement culturel à Boumerdès

Une piètre image de la culture

16 mars 2019 à 11 h 00 min

Initié par la direction de l’emploi de Boumerdès, le Salon de l’investissement culturel, qui s’est tenu du 12 au 14 mars à la maison de la Culture Rachid Mimouni, s’est révélé une grosse farce folklorique, au sens péjoratif du terme.

En fait, il s’est réduit à la présence de deux entreprises : l’une, versée dans l’édition, l’impression et la distribution du livre, l’autre, dans la production cinématographique. Les quelques autres stands présentaient des produits artisanaux ou agricoles. Même le stand des agences (Ansej et CNAC), concernées par l’octroi de crédits aux micro-entreprises, n’avaient d’intéressants que des dépliants.

Le responsable de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes a été avare en informations : «C’est la direction de l’emploi qui a organisé, pas nous. Nous participons seulement en conviant ces deux entreprises présentes. Nous n’avons rien préparé.» Un visiteur a résumé le sentiment général : «Cette précipitation dans l’organisation a abouti à un pseudo-salon.»

Une dame n’a pas mâché ses mots : «En fait, ce comportement reflète la piètre place qu’occupe la culture dans la mentalité de nos responsables.» En tout état de cause, les deux entreprises participantes ont eu le courage de saisir l’occasion de sortir de l’ombre «pour représenter l’exception qui confirme la règle» de la faiblesse de l’investissement dans le domaine culturel, en raison de l’«absence d’encouragement de l’Etat», selon Slimane Aït Gacem, qui a mis sur pied une entreprise cinématographique, Chender Art, domiciliée à Naciria, commune située à l’extrême-est de la wilaya.

En 2014, M. Aït Gacem avait bénéficié d’un crédit bancaire de 500 millions de centimes dans le cadre du dispositif Ansej. Il raconte que ce prêt lui a permis d’acheter une caméra, du matériel de montage cinématographique et un véhicule indispensable à ses déplacements professionnels. En 2015, Chender Art est entrée en exploitation et a produit en 2016 deux films et une pièce théâtrale qu’elle a proposés à la Chaîne 4 en langue amazighe.

A ce jour, ses productions n’ont pas été diffusées, sous prétexte de «manque de financement», rapporte-t-il. Autrement dit, il ne sera pas payé tant que la diffusion de ses produits ne sera pas effective. Ainsi, son investissement n’a pas été amorti et ce mécène de la culture est obligé de recourir à des travaux ici et là pour subvenir à ses besoins. Avec une épée de Damoclès suspendue au-dessus de son entreprise, qui risque la faillite, et des poursuites judiciaires de la banque s’il ne rembourse pas le crédit.

Pour l’instant, il profite du sursis des années d’exonération que lui accorde le dispositif Ansej. Le cas de l’entreprise La Maison du diplomate, des Issers, est plus rassurant. Mokri Zohra, sa propriétaire, avait obtenu en 2009 un crédit de la BNA d’un montant de 6 millions de dinars pour une maison d’édition, d’impression et de distribution du livre, notamment scientifique. Elle acquiert le matériel bureautique nécessaire, une imprimante sophistiquée et un véhicule. Elle réussit également à obtenir un magasin au niveau des 100 locaux à la cité des Coopératives immobilières.

En 2010, elle entame ses activités et parvient en 2018 à participer au Salon du livre en Jordanie, où elle arrache un contrat pour l’achat et la diffusion de livres de la maison Safa, dans le cadre d’une licence d’importation. Elle reconnaît que les seulement 9% de TVA à payer comme encouragement à l’investissement dans le domaine du livre lui ont été d’un grand concours.

Elle a saisi aussi l’occasion de ce Salon pour proposer à Slimane Aït Gacem de produire une émission enfantine. Toutefois, Mme Mokri se désole que beaucoup de responsables d’universités ou d’entreprises étatiques aient refusé de retenir son entreprise comme fournisseur, parce que «petite entreprise de l’Ansej». Elle dénonce l’absence totale d’application de la réglementation concernant la part de 20% du marché à accorder aux PME.


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