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Festival local de la musique et de la chanson kabyle à Béjaïa : Une 11e édition pour le «rattrapage»

03 mars 2020 à 9 h 01 min

Le Festival culturel local de la musique et de la chanson kabyle de la ville de Béjaïa revient après près d’une année d’éclipse forcée, du fait de la conjoncture politique du pays.

La 11e édition s’étalera du 5 au 8 mars. A l’instar du tout récent Festival international du théâtre, cette nouvelle édition du Festival de la chanson et de la musique kabyles est, elle aussi, une édition «de rattrapage» qui intervient à la suite du report à dernière minute du rendez-vous de 2019.

C’est ainsi que l’a qualifiée ce samedi, lors d’une conférence de presse, le directeur de la culture, Omar Reghal, qui considère que l’édition précédente (en novembre 2018) s’est passée «presque en catimini».

Un nouveau commissaire a été désigné en la personne de Yazid Abdi, un chanteur d’expression kabyle connu sous le nom d’artiste Azifas, en remplacement de Boudjemaa Rabah qui avait proposé au ministère de tutelle le report de l’édition de 2019 et une édition en mars en hommage à la femme. L’idée de l’édition féminine a donc été maintenue.

La 11e édition sera ainsi dédiée à «la femme artiste» avec un hommage pour la défunte chanteuse Djamila. Le programme est quasi exclusivement féminin avec la présence annoncée de 38 chanteuses et autres membres de troupes dont celles faisant partie de l’orchestre communal de la ville de Béjaïa et du ballet de danse de la maison de la culture.

La présence masculine se résumera, en gros, au parrain de cette édition qui n’est autre que le chanteur Boudjemaâ Agraw et aux animateurs des conférences prévues sur la chanson féminine, entre évolution, thématiques, promotion radiophonique et revendication identitaire.

Malika Domrane est attendue non pour un spectacle mais pour témoigner sur la vie artistique de Djamila à qui des interprètes de la nouvelle génération de la chanson féminine d’expression kabyle de Béjaïa et de Tizi Ouzou (Cylia Ould Mohand, Yasmine Taleb, Drifa Hennad, Mounia Aït Meddour, Rahima Khelfaoui et Mennana) rendront hommage en interprétant certains de ses titres. Massa Bouchafa devrait aussi prendre part à cette édition sans devoir chanter.

Djida Tamechtuht sera également de la partie, tout comme Taous qui est annoncée pour venir se produire pour la première fois à Béjaïa. Sur la liste figure également le nom de Nada Rayhan que l’on connaît surtout pour sa voix proche du soprano dans le registre arabophone.

Outre le répertoire de Djamila, elle est attendue pour chanter aussi Slimane Azem. «Elle a deux albums en kabyle», informe Yazid Abdi. Un effectif de vingt musiciens accompagnera les chanteuses sur les quatre plateaux prévus, dont les deux principaux seront installés au théâtre et à la maison de la culture. Deux plateaux de proximité sont prévus à Amizour et Tazmalt.

Des hommages «honorifiques» seront aussi rendus à titre posthume à des chanteurs de la région, dont certains ont exercé leur art dans l’anonymat : Hakim Rahmouni dit le petit Matoub, de Kendira, Saïd Allioui d’El Kseur, Abderrezak Ghozlane de Bousellam (Sétif) et Farid Benahmed, dit le Roker.

La cérémonie de clôture est réservée pour la remise des trophées aux lauréats du concours qui a été organisé à la fin de l’année passée, au titre d’un rattrapage de dernière minute de l’édition du festival qui a reporté.

«C’était un défi pour être au rendez-vous de Tamanrasset», confie Yazid Abdi. L’urgence était de dégager les noms des lauréats qui allaient participer au Festival national de la musique et la chanson amazighes de Tamanrasset en janvier 2019.

Après une présélection qui a réuni 12 troupes, le groupe Aksil, de Sidi Aïch, qui a arraché deux distinctions à Tam, a décroché le premier prix. Il recevra, le 8 mars, son prix au même titre que les deuxième et troisième lauréats, à savoir les groupes Itran de Takerboust (Bouira) et Neghma de Béjaïa.

«J’ai accepté d’être commissaire pour préserver ce festival», a affirmé Yazid Abdi, qui a l’ambition de voir ce festival prendre l’importance et la consistance de celui de Timgad, lorgnant du côté du site de Tala Guilef.

Toutefois, pour cette 11e édition du festival qu’il chapeaute désormais, l’Etat n’a dégagé que le budget limité de 3 millions de dinars, soit 1 million de dinars de moins que pour l’édition précédente qui a économisé, croit-on savoir, la même somme. Pour les premières éditions, la cagnotte avoisinait un milliard et demi de centimes.

Le nouveau commissaire disposera aussi de l’apport de l’ONDA qui maintient sa contribution de un million de dinars. Ceci au moment où celle de l’APC est au stade d’engagement non encore chiffré. Cette année en tout cas, l’entrée sera payante avec un prix «symbolique» de 200 DA.

Le public sera-t-il au rendez-vous ? Le directeur de la culture n’en doute pas. «Les spectacles organisés à La Casbah l’été dernier ont bien drainé la foule», répond-il, contestant la demande du report de l’édition en 2019. Le commissaire du festival se projette déjà sur la 12e édition pour novembre prochain, soit la deuxième pendant la même année.


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