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Vient de paraître. Bouteflika, l’homme du destin, de Abdelaziz Boubakir

Un pouvoir bananier

18 juin 2019 à 10 h 00 min

Le dernier ouvrage de l’universitaire, écrivain et journaliste, Abdelaziz Boubakir, est depuis le début de ce mois dans les librairies.

C’est un recueil de 23 chroniques et réflexions en arabe consacrées à l’actualité nationale, publiées à différents moments des deux décennies de règne de Bouteflika, dans la presse.

Des écrits qui ont jalonné les mandats du Président poussé à la démission par le mouvement populaire né le 22 février 2019 et qui illustrent le système de gouvernance et la conception de l’Etat pendant cette période qui a débouché sur un mouvement populaire inattendu par le clan Bouteflika.

Dans Notre président a divorcé de la terre pour habiter le ciel, l’auteur parlera de Ben Bella, qui n’a visité que quelques pays, Boumediène, qui n’aimait pas les déplacements, Boudiaf, qui a voyagé pour l’autre monde, assassiné, et enfin Bouteflika, grand voyageur qui, au final, «divorcera du ciel pour habiter la terre sur une chaise roulante».

Parlant du livre de Mohamed Benchicou Bouteflika, une imposture algérienne, il dira que s’il avait à écrire le même livre en arabe, il le conditionnerait par la révélation de la source qui est Chérif Belkacem, alias Si Djamel, vainement chargé – par deux fois – par Liamine Zeroual en 1994 de convaincre Abdelaziz Bouteflika de prendre la présidence, mais s’opposera à sa candidature en 1999, en l’accusant d’être «un danger pour le pays».

Des «faiseurs de présidents», il dira qu’«ils activent durant les saisons estivales et vivent sans noms, comme les chauves-souris dans l’obscurité. Personne ne connaît leurs visages, leurs noms ou leur nombre».

Loin d’être prudent, avec la fin peu glorieuse qu’a connue Napoléon Bonaparte, et les remords qu’elle lui suscita -lui faisant dire qu’il était lui-même son premier ennemi- Bouteflika a voulu camper le rôle de cet empereur, se vantant même qu’il ait quelques centimètres de plus que lui.

Dans l’article Bouteflika, l’homme du destin, Boubakir écrit que «Napoléon a cru qu’il était l’homme du destin, et ce dernier ne faisait confiance à personne sauf à ses confidents.

Par conséquent, il a tenu à attribuer les postes sensibles de l’Etat à ses frères et ses proches (…) Bouteflika aussi n’a nommé aux postes importants que ses amis et les plus proches de lui. L’homme du destin ne régit que par des hommes qui pensent comme lui et suivent ses ordres».

La parution de cet ouvrage de 125 pages aux Editions Elwatan El Yaoum dans cette période particulière que traverse le pays, ne manque pas de nous interroger sur ce qu’on retiendra de Bouteflika, contrairement à Napoléon, qui s’est tout de même taillé une place dans l’Histoire de France. D’aucuns ne présagent que des scories.


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