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Le réalisateur Luis Berlanga Marti : Maestro du cinéma espagnol

21 septembre 2021 à 10 h 00 min

Cette année marque le centenaire de la naissance du réalisateur et scénariste espagnol Luis García-Berlanga Marti. Une bonne occasion pour récupérer ou découvrir l’œuvre de Berlanga, qui a défini dans un style unique la comédie avec critique sociale. A tel point que le dictionnaire de l’Académie royale espagnole a admis en 2020 l’adjectif berlanguien pour définir des situations chorales, chaotiques et spermatiques, les mêmes que le cinéaste a reflétées dans ses films.

Les films de Berlanga sont de grands exemples du genre de la comédie, mais ils sont aussi des portraits pleins de critique et d’ironie sur l’Espagne du franquisme et de la Transition, une époque difficile où le pays commençait à sortir de l’obscurité de la dictature. Au cours de l’année 2021, différentes activités seront organisées pour commémorer le centenaire de Berlanga, telles que des expositions, des projections de films ou des conférences.

À l’occasion du centenaire également, les Espagnols ont découvert cette année le contenu de la mystérieuse Boîte des lettres que Berlanga a léguée à l’Institut Cervantès en 2008, deux ans avant sa mort.

La boîte cachait le scénario inédit du film Viva Rusia, avec lequel Berlanga voulait donner suite à sa célèbre Trilogie nationale. Berlanga est né à Valence le 12 juin 1921, d’une famille aisée.

En 1947, il s’installe à Madrid pour entrer à l’École de cinéma de la capitale, mais n’oublie jamais ses origines.

En fait, beaucoup de ses films se déroulent dans la Communauté valencienne, comme Calabuch (1956), Todos a la cárcel (1993) ou París-Tombuctú (1999). Son premier film est : Ce couple heureux (1951), réalisé et écrit avec Juan Antonio Bardem.

Les deux réalisateurs sont considérés comme les rénovateurs du cinéma espagnol de l’après-guerre. Avec ce film, Berlanga et Bardem font une critique du désir consumériste qui commençait à apparaître en Espagne dans les années 1950, en pleine dictature franquiste, malgré le fait que les conséquences de la guerre civile (1936- 1939) étaient encore visibles dans une grande partie de la population.

Durant les années de dictature (1939-1975), Berlanga a su déjouer la censure franquiste avec des scènes et des dialogues peu explicites mais très intelligents et avec des doubles lectures.

C’est ainsi qu’il réussit à sortir des films comme : Bienvenido, Mister Marshall ! (1953), Les jeudis, miracle (1957) ou Le Bourreau (1963), œuvres très critiques à l’égard de la répression et du manque de libertés que l’on vivait en Espagne à cette époque.

Le cinéaste a travaillé à sept reprises avec le scénariste Rafael Azcona, qui a signé les dialogues de certains de ses films les plus emblématiques comme Le Bourreau (1963), ou la célèbre Trilogie nationale formée par les films Le fusil de chasse national (1978), Patrimoine national (1981) ou National III (1982).

Bienvenue, Monsieur Marshall ! (1953), Plácido (1961) ou La Escopeta nacional (1978) sont trois des films les plus célèbres de Luis Garcia Berlanga, l’un des réalisateurs espagnols les plus importants au niveau national et international. Luis Garcia Berlanga a tourné une vingtaine de films au cours de sa carrière cinématographique. Notamment : Bienvenue, Monsieur Marshall ! (1953).

Cette comédie est devenue une critique pleine d’ironie du plan Marshall, un plan économique des États-Unis pour aider à la reconstruction des pays européens après la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). L’Espagne n’a toutefois pas obtenu ces aides.

Le film raconte comment les habitants d’un village fictif, Villar del Rio, se préparent à recevoir avec tous les honneurs aux Américains, de ceux qui espèrent recevoir les prétendues aides.

LE JEUDI, MIRACLE (1957)

Les habitants d’un village inventent le miracle de l’apparition d’un saint pour promouvoir la station thermale locale. Avant sa sortie, la censure franquiste exigea d’éliminer certaines scènes qu’ils considéraient comme blasphématoires et demanda à un prêtre de superviser le tournage.

Cependant, cela ne suffisait pas à faire taire un film qui, une fois de plus, présente une vision critique de la société d’après-guerre.

PLACIDE (1961)

Berlanga et le scénariste Rafael Azcona s’inspirent d’une campagne du régime franquiste qui encourage les familles riches à inviter des pauvres à leur table pour Noël. Dans le film, la campagne est animée par une marque de pots que l’on veut promouvoir.

Cependant, cela n’a pas empêché la censure d’intervenir dans la production et d’obliger à changer le titre du film et d’autres détails. Plácido a été nominée pour l’Oscar du meilleur film étranger.

LE BOURREAU (1963)

L’un des meilleurs films de Berlanga, cette comédie noire sur la peine de mort en Espagne se distingue par sa critique du franquisme. Berlanga s’est inspiré du cas réel de la dernière femme exécutée par la dictature de Franco.

Dans le film, un jeune croque-mort est contraint d’accepter un travail comme bourreau lors d’une exécution pour pouvoir accéder à un étage de protection officielle.

LE FUSIL DE CHASSE NATIONAL (1978)

Le premier film de Berlanga après la mort de Francisco Franco et l’arrivée de la démocratie en Espagne.

Scénarisée par Rafael Azcona, cette comédie fait un portrait satirique des dernières années du franquisme, à partir des chasses que le dictateur avait l’habitude d’organiser.

Ali Ait Mouhoub


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