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Alger, sur les pas de Camus et de ses amis, paru aux éditions Arak

Un livre pour arpenter Alger en compagnie de Camus

14 novembre 2019 à 9 h 00 min

Alger, ville mythique, grouille de fantômes l Pour celui qui sait voir, il est possible d’apercevoir la silhouette d’Albert Camus, drapée d’un imperméable, cheveux gominés et cigarette à la bouche, labourer l’avenue de Belouizdad, monter les escaliers du Télemely ou traverser les venelles de Bab El Oued.

L’ouvrage Alger sur les pas de Camus et de ses amis, réalisé par deux fins connaisseurs de l’écrivain, Christian Phéline et Agnès Spiquel, paru aux éditions Arak, propose de nous aider à mieux le voir.

A travers une scrupuleuse enquête des lieux algérois autrefois fréquentés par l’écrivain nobélisé, se basant sur les écrits de l’auteur et de ses amis, les articles des journaux algérois et de la presse militante ainsi qu’à travers les souvenirs de témoins directs ou indirects, les auteurs nous proposent de suivre l’écrivain, au cours de ses pérégrinations algéroises, à différentes époques, de sa modeste enfance belcourtoise jusqu’aux passions bouillonnantes de sa jeunesse ainsi que ses premiers engagements.

Le vade-mecum étonne par la précision topographique et l’exactitude toponymique (que ce soit les anciennes ou les nouvelles appellations). Les auteurs répertorient, en tout et pour tout, cent-quarante endroits que les habitants et les visiteurs ont dû parcourir mille fois sans, peut-être, prendre véritablement le temps de les regarder. Le livre invite à la redécouverte de la ville, en remontant le temps, et plongeant dans un autre Alger : celui des militants communistes, des éditeurs et des poètes.

La poursuite de Camus à Alger commence – toujours et quel que soit le circuit- par les escaliers de la Grande-Poste, haut-lieu des manifestations pacifiques, aujourd’hui fermés au public. Le fait est qu’Albert Camus y a travaillé quelques étés, durant son adolescence, y déposant le courrier. Les auteurs proposent ainsi d’aller du côté du Champs-de-Manœuvre où le jeune Albert s’essaie très tôt au football avec «une simple balle en chiffon». Puis continuer jusqu’à la rue Belouizdad, où l’auteur a passé son enfance.

Continuer ce jeu de pistes jusqu’au n°93 de la même rue. C’est là, estiment Christian Phéline et Agnès Spiquel, qu’il y a la chambre de Meursault, telle que décrite dans L’Etranger. Le réalisateur italien, Luchino Visconti, l’a situé, dans son adaptation de L’Etranger, non loin de là au n°124. C’est la raison pour laquelle cette adresse est souvent donnée comme étant l’adresse de l’écrivain et de sa famille.

C’est aussi dans ce quartier ouvrier que se succédaient les réunions politiques auxquelles Camus prenait part durant les années 1930 et qui se tenaient dans les brasseries, les cafés ou les cinémas, notamment Le Mondial, aujourd’hui transformé en salle des fêtes, Le Musset (aujourd’hui détruit mais dont subsiste son long bar en mosaïque, notent les auteurs) ou encore le cinéma Stella (aujourd’hui détruit et dont l’emplacement sert aujourd’hui de parking). Puis, notent les guides, remonter plus haut vers la rue Hamani (ex-Charras) pour constater à quel point la minuscule librairie Les vraies richesses, créée par l’éditeur et ami de l’auteur, Edmond Charlot en 1936, n’a guère changé (devenue aujourd’hui une bibliothèque publique).

Non loin de là, à la rue Didouche Mourad, à la Brasserie des facultés (existant toujours), Camus aimait à y admirer  la beauté des jeunes Algéroises, arpentant la rue «chaussées de sandales, vêtues d’étoffes légères et de couleurs vives». Si vous décidez d’emprunter la rue Larbi Ben M’hidi (ex-rue d’Isly), prenez la rue Colonel Haou (ex-rue Génral Morris), puis sur la droite la rue Harriched Ali (ancienne rue Mogador) où se trouvait l’imprimerie Heintz, siège de la rédaction de la revue Terrasses qui ne connaîtra qu’un numéro (juin 1953) avec des textes de Camus mais aussi de Mohamed Dib et Kateb Yacine.

Camus et ses amis de jeunesse avaient pour habitude de se retrouver chez Cassar (au n° 3-4 de la rampe de la Pêcherie), ou au restaurant oriental musulman tenu par Lamine Debaghine (père du dirigeant FLN) pour un couscous.

Mais le lycée Emir Abdelkader (ex-Grand Lycée dans lequel l’écrivain a suivi ses cours secondaires) est peut-être l’un des rares lieux algérois où  une plaque commémorative évoque le passage du prix Nobel de littérature entre ses murs. Quel que soit notre sentiment vis-à-vis de l’écrivain français, qui continue à déchaîner les passions, ce guide, paru aux éditions Arak, permet de découvrir une autre facette de la ville blanche et peut-être de mieux comprendre Alger. Un livre à lire devant les sites décrits. 


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