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Papicha, le film qui séduit médias et publics : Un hymne à la vie, à la tolérance et à la dignité humaine

14 octobre 2019 à 9 h 00 min

Le prix Jeunes du festival du film arabe de Fameck/Val de Fensh (est de la France, du 2 au 14 octobre) est revenu au film de Mounia Meddour au cours d’une cérémonie de remise des prix qui s’est déroulée samedi soir. Depuis sa sortie en salles en France (150 salles), mercredi dernier, le film de Mounia Meddour est loué par les médias. Comme un pied de nez aux censeurs et conservateurs de tous bords.

Lors des projections au cours du festival du film arabe de Fameck, Papicha a fait salle comble, suivies de débats intenses avec l’une des actrices du film, Zahra Doumandji, venue le représenter.

La jeune actrice, sourire aux lèvres et voix douce, répondait à toutes les sollicitations des festivaliers pour une photo, pour l’interroger sur le film. Zahra Doumandji, qui a reçu des mains de jeunes lycéens le prix qui a été décerné à l’unanimité à Papicha, s’est déclarée «ravie de recevoir ce prix d’un jury Jeunes, car le film est fait pour les jeunes».

Très émue, elle a dédié ce prix à «tous les humains qui se battent pour leur dignité et leurs libertés». «Je ne peux que penser aux femmes qui, à travers le monde, subissent les violences» de la part d’une société rétrograde ou de la guerre et de l’occupation.

Et, d’une voix étranglée : «J’ai une pensée profonde pour les jeunes filles résidant en cités universitaires en Algérie, qui malgré les difficultés et souvent l’hostilité d’un environnement peu bienveillant, elles arrivent à briller pour faire face à une société dure et s’imposer à cette société.»

A souligner que Zahra Doumandji vient d’obtenir un doctorat en biologie, et ne se contentant pas de ce diplôme elle vient de s’inscrire en chirurgie dentaire. Sans pour autant abandonner le théâtre et le cinéma.

Les membres du jury jeunes – composé de 17 lycéens de deux lycées de la région, d’un lycée allemand et d’un lycée luxembourgeois – avant de justifier le choix de leur jury, ont précisé que les avis ont été convergents pour consacrer Papicha.

Ils ont souligné que Nedjma, l’héroïne principale du film, est «une adolescente comme nous», ce qui explique leur «identification» et leur «empathie» Mais pas que cela . «Ce film, ont-ils ajouté, nous a permis la découverte d’une actualité algérienne, la décennie noire», «le combat de la modernité contre le fanatisme».

Le film montre que «le drame peut arriver à n’importe moment et en quelques secondes faire basculer une vie». «Chez le spectateur français, l’attaque terroriste pendant le défilé de mode le renvoie à l’attentat du Bataclan».

«Nedjma n’envisage pas son avenir en France», ce qu’elle considère comme une «fuite» ; «son avenir, elle le veut en Algérie». Autres arguments développés par les jeunes jurés : ce film donne à voir «une maîtrise simultanée de la forme et du fond», «c’est un point de vue féminin».

«C’est pourquoi nous avons été marqués par ce film inspiré de faits réels.» Papicha crève l’écran de par sa sensibilité, son humanisme et la soif de vie de ses actrices malgré des scènes de grande violence.

D’une violence bien réelle et qui a bien existé. Le problème est peut-être là, cette violence de la décennie noire qui dérange et qu’on veut occulter, effacer de la mémoire des Algériens pour qu’elle ne soit pas transmise aux jeunes générations qui ne l’ont pas vécue.

A moins que ce soit l’image de ces jeunes filles, pétillantes de vie, sans complexe, qui ne demandent qu’à s’épanouir et à se débarrasser du corset du conservatisme, de l’hypocrisie sociale qui les enserre comme des millions de jeunes qui se battent avec leurs moyens contre un ordre obscurantiste que de pseudo-idéologues veulent imposer au nom d’une religion qu’ils méconnaissent.

Oui, Papicha, comme le rappelle Zahra Doumandji, est une jeune fille dynamique, joyeuse, courageuse et déterminée. Un film essentiel pour la mémoire des Algériens sur cette période tragique de notre pays.

Un bel hommage aux Algériennes. Une reconnaissance de leur courage face à l’adversité. Une note d’espoir et d’espérance. Un film qu’il fallait faire et que la fille du regretté Azzeddine Meddour a fait. En espérant que les Algériens puissent le voir.


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