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samedi, 30 mai, 2020
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DISPARITION DE L’ARTISTE PEINTRE KAMAREDDINE KRIM

Un grand homme de culture parti en silence

18 mai 2020 à 9 h 10 min

Les disparitions des artistes algériens se poursuivent en ce temps de coronavirus. Certains sont partis en silence et dans l’anonymat total. Le dernier en date était l’artiste peintre, Kamareddine Krim, qui s’est éteint chez lui à Alger le 5 mai à l’âge de 68 ans, suite à une longue maladie. Une véritable perte pour le monde de l’art, mais aussi pour celui de la philatélie.

 

Né le 2 juin 1952 à Alger, Kamareddine développe un goût esthétique dès son enfance grâce à un père ouvrier mais grand amateur d’art, qui l’emmenait pour des promenades du côté de la villa Abdeltif sur les hauteurs d’Alger, selon une courte biographie qui lui a été réservée dans l’Encyclopédie du timbre de 2007.

Un amour qui le poussera à s’inscrire en 1969 au concours d’entrée à l’Ecole nationale d’architecture et des beaux-arts d’Alger. Des études poursuivies avec succès, réussissant à obtenir deux prix, l’un maghrébin et l’autre international.

Après ses études, il entre à 20 ans dans la vie active et effectue plusieurs travaux artistiques et contribue par son talent à l’enrichissement du patrimoine culturel algérien. Dessinateur prolifique, Krim marquera pour longtemps de sa signature les figurines postales algériennes, dont il a réalisé plus de 350 durant toute sa carrière qui s’est étalée sur 47 ans.

Une carrière entamée en 1972, alors qu’il avait juste 20 ans. Il avait réalisé sa première émission de quatre timbres sortie le 25 mars 1972 et consacrée aux Jeux olympiques de Munich. Ce sera le début d’un long palmarès qui a enrichi au fil des années le catalogue philatélique algérien, avec un début en trombes à partir de 1981.

Les émissions se suivront à un rythme régulier et parfois très soutenu. Krim impose désormais sa signature aux côtés d’autres artistes célèbres et pionniers de l’art en Algérie, comme Ali Khodja, Mohamed Temmam, et Bachir Yelles, parvenant même à rivaliser avec eux grâce à une créativité fertile.

Un artiste prolifique

Très productif, il touchera pratiquement à tous les sujets et à toutes les thématiques. On retrouve ses dessins sur les figurines consacrées aux célébrations et autres événements nationaux et internationaux, mais aussi dans les émissions réservées aux thématiques de la faune, la flore, le sport, les plantes médicinales, l’artisanat, la santé, le patrimoine culturel, la musique, l’agriculture et l’architecture.

C’est dire que l’artiste avait plusieurs centres d’intérêt et ne ratait presque aucune occasion pour s’illustrer. Son dernier timbre a été émis le 17 octobre 2019 pour célébrer la journée mondiale du don d’organes et de la greffe. Krim est lauréat de plusieurs prix dont le 3e prix pour la réalisation de l’affiche des Jeux olympiques de Munich en 1972.

Kamareddine Krim enseigne pendant une courte période à l’Ecole nationale des beaux-arts à Alger. Il participe à des expositions collectives organisées à l’étranger et ses miniatures sont présentes au Musée national des arts et des traditions populaires à Alger et au Musée Etienne Dinet à Bou Saâda. «Krim était un immense artiste éclectique et un grand dessinateur pétri de talent.

Il a touché à tous les sujets traités par le timbre algérien, mais son domaine de prédilection reste l’allégorie dont il était le roi incontesté. Rien n’est gratuit dans ses timbres allégoriques, fonds, formes, signes et couleurs, tout est pensé au service du message à transmettre. Lors de notre première rencontre à Alger en juin 2001, j’ai été impressionné par l’étendue de ses connaissances artistiques.

Il était au fait des derniers travaux sur les fonctions sémiotiques du timbre-poste et m’entretenait de Pierce et de David Scott. Il m’a avoué n’avoir jamais assisté de visu à l’impression de ses timbres par la Banque d’Algérie.

Ne pas pouvoir suivre son œuvre jusqu’à l’ultime étape de l’impression était sans doute l’un de ses plus grands regrets. La disparition de Krim est une perte incommensurable pour le dessin du timbre algérien qui en pâtira pendant de longues années. Son style va beaucoup nous manquer», témoigne Mohamed Achour Ali Ahmed, éditeur de la revue philatélique Philnews.

Kamareddine Krim était surtout connu pour sa grande modestie qui n’a d’égal que son talent reconnu par ses pairs. Il est finalement parti dans la discrétion totale.



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