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mercredi, 14 novembre, 2018
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Présence du critique égyptien Jaber Asfour au Sila

«Un écrivain arrache sa liberté par la plume»

03 novembre 2018 à 0 h 00 min

Le critique littéraire égyptien, Jaber Asfour, a donné son approche sur le roman lors d’une rencontre au Sila 2018.

L’ancien ministre de la Culture et critique littéraire égyptien, Jaber Asfour, pense que l’ensemble des sociétés dans le monde sont cantonnées dans le genre romanesque. Pour étayer ses propos, il note que depuis près d’un demi-siècle, le prix Nobel de littérature est décerné à 70% à des romanciers.

Les poètes n’ont pas leur place dans ces distinctions. Le roman est, donc, prédominant dans le paysage littéraire. «Le roman, note- t-il, est l’art qui exprime la diversité des voix. Quand on est dans la monophonie, on est plus proche de la poésie. Le roman incarne la polyphonie. Le roman naît et se développe dans la ville, et plus la ville connaît une expansion et se développe, plus le roman y prend racine et se développe lui aussi. La ville aura son caractère avec la présence de mosquées, d’usines et aussi de prisons».

Poursuivant son analyse pointue, l’orateur estime que la ville se distingue et se différencie par rapport à la multiplicité des langues, des origines et des confessions. «C’est cet environnement social qui favorise l’épanouissement du roman et sa diversification. La question de la langue ne pose pas problème», explique t-il.

Pour l’intellectuel JaberAsfour, l’Algérie est considérée comme le premier pays pionnier dans le roman, car elle a connu un brassage ethnique et une diversité linguistique ayant favorisé l’écriture du roman. «Le roman est apparu en Algérie bien avant d’autres pays, surtout les pays du Golfe. Le roman algérien a commencé en langue française, à cause de la colonisation.

La force de l’Algérie réside dans le fait qu’elle était constituée de villes cosmopolites et multilingues». Grand lecteur de la littérature algérienne, Jaber Asfour a révélé que lors de sa lecture de la trilogie de Mohamed Dib et de certaines œuvres d’Assia Djebar, il a été séduit par la force de l’écriture et par l’émotion qui s’en dégage à travers la description et la psychologie des personnages.

Il argumente en disant que : «Même si Mohamed Dib et Assia Djebar écrivaient en français, la langue de l’autre, il s’avère que ce qu’ils ont écrit évoquait la société algérienne en particulier et la société arabe en général. C’est une écriture sincère, authentique, qui interpelle, questionne et critique la réalité des sociétés arabes, tout comme elle soulève leurs préoccupations de leur temps.»

Jaber Asfour a abordé, également, la question de la liberté d’expression. Pour cet intellectuel à l’opinion tranchante, le roman est un moyen de combattre la répression. «toutes les libertés, estime-t-il, peuvent exister dans l’ensemble du monde arabe, elles ne suffisent pas à un seul écrivain. Un écrivain a nécessairement besoin de plus de liberté, d’un environnement favorable à la réflexion et à la création littéraire et à la fabrication des idées.

Le roman est par définition un art vivant, en perpétuelle évolution, employant toutes les formes d’expression et tous les discours, y compris la poésie, se veut un moyen permettant de combattre l’injustice et l’oppression sous toutes ses formes et apparences.

Un écrivain arrache sa liberté par la plume, et c’est avec ses idées qu’il s’impose». Jaber Asfour a pointé du doigt le discours religieux en soutenant qu’il faut privilégier et encourager la rationalité et la laïcité afin de permettre à la société de progresser et de prospérer. «Il ne faut pas avoir peur de la raison. Il faut revenir aux origines et les réinvestir dans le monde actuel».

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