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Chemsou Belarbi. Dessinateur

Un artiste prolifique

12 mars 2019 à 10 h 00 min

La trentaine bien entamée, Chemseddine Belarbi, alias Chemsou Belarbi, esquisse, en quelques minutes, des portraits  réussis et parlants à la fois.

Les coups de crayon n’ont jamais eu de secret pour ce dessinateur de la commune de Aïn Tadles, à Mostaganem. Sa passion pour le dessin s’est révélée alors qu’il n’était pas plus haut que trois pommes. Mais ce don s’est aiguisé davantage une fois qu’il a accédé à l’école. Il se plaisait à dessiner tout le temps, aussi bien à l’école qu’à la maison. A chaque fois qu’il revenait de l’école et trouvait un journal sur le côté de la route, il n’hésitait pas à s’en accaparer pour mieux sélectionner les images des stars de cinéma glamour, qu’il devait reproduire à son retour à la maison.

A l’école, ses enseignants ont découvert très vite que l’élève est talentueux en dessin. Chemsou Belarbi avoue qu’il donnait beaucoup plus d’importance au dessin qu’aux mathématiques, ou encore à la physique. Issu d’une famille pauvre, Chemsou est contraint d’arrêter ses études et se voit verser dans la vie active. Il est bien déterminé à vivre de son art. Il se lance ainsi dans la décoration de certaines boutiques commerciales, mais il se rend très vite compte que la rue reste un espace difficile. Il est exploité à outrance par des gens peu scrupuleux, qui ne le considéraient pas à sa juste valeur.

Chemsou n’y va pas avec le dos de la cuillère pour affirmer que les personnes en question l’avaient, à un certain moment, vidé de sa substance artistique. Si certains lui ont barré la route, d’autres l’ont aidé et encouragé à aller de l’avant. L’artiste a continué à donner le meilleur de lui-même pendant une longue période, avant que les pressions sociales et les conditions familiales ne viennent porter un coup dur à son parcours artistique.

Chemsou se souvient que les hivers étaient rudes pour lui et sa famille. «Nous vivions dans une maison où le toit était cassé. En hiver, nous souffrions beaucoup à cause de la pluie qui pénétrait à l’intérieur. La plupart de mes peintures étaient endommagées par la pluie». Chemsou Belarbi était, certes, un féru du 7e art, mais il se contentait, dans un premier temps, de se rendre au cinéma, tous les soirs, pour découvrir les affiches des grandes stars mondiales. «Le cinéma, dit-il, était pour moi un capital et une source d’inspiration pour redessiner des planches et des séquences de films». Il décide, par la suite, de construire un modeste atelier, non loin de la maison familiale.

Devenu un rituel, il se rendait tous les soirs dans les salles obscures pour regarder des films et ensuite s’enfermer dans son atelier et immortaliser ce qu’il avait vu sur le grand écran. Déterminé à se faire connaître, Chemsou Belarbi envoie ses dessins via des correspondances à des sociétés de production cinématographiques américaines, mais il est conscient que ses dessins ont été peints avec des outils semi-primitifs tels que les pastels et de la peinture à eau pour enfants. «Je ne pouvais pas me permettre d’acheter des outils de dessin professionnels, car j’étais issu d’une famille pauvre», dit-il.

Si certains me prenaient pour un fou, d’autres croyaient en moi en m’encourageant. Les années passèrent sans qu’aucune réponse parvienne à notre artiste. Chemsou Belarbi continue ainsi d’exercer son métier d’artiste dans la rue, mais très vite sa santé prend un coup, occasionnant une répercussion négative sur son travail artistique. Il a fallu une hospitalisation d’un mois pour traiter un mal d’estomac et qu’il retrouve progressivement une certaine stabilité.

Mais il décide cette fois-ci de mener une vie de reclus pour mieux s’adonner à son art. Alors qu’il ne s’y attendait pas, un beau jour il reçoit un courrier électronique, émanant d’une société de production néerlandaise, Salar Ziraz, travaillant en partenariat avec les studios d’Hollywood. Cette dernière a tellement été impressionnée par ses travaux qu’elle les a soumis à l’acteur, réalisateur, scénariste et cascadeur belgo-marocain, Mohamed Qissi.

Celui-ci est réputé pour son rôle de prisonnier dans le film Kickboxer : Vengeance, remake du premier film. Il indique que c’est à la suite de cette correspondance que sa carrière a commencé à prendre le tournant de la visibilité. «Les réalisateurs et les producteurs de par le monde ont commencé à s’intéresser à moi. Sans prétention aucune, mon nom figure dans le dictionnaire universel du cinéma Imdb. Les médias du monde ont commencé à parler de mon art».

Chemsou évoque un autre événement qui l’a marqué : l’acteur Claude Van, qui a posé pour une publicité sur la toxicologie avec entre ses mains l’un des dessins de Chemsou. L’artiste confie fièrement qu’il a eu à peindre le portait du boxeur Muhammad Ali, ou encore de sa femme, l’actrice américaine Ali Clay.

«J’ai reçu plusieurs lettres de remerciements et d’encouragements de personnalités, à l’image de l’acteur français Jean-Claude Van Damme et de l’astronaute canadien Jeremy Hanson. De même que le boxeur belge, Jimmy Gouraud, est venu me rendre hommage à Oran». Chemsou Belarbi continue aujourd’hui de mener à bien sa carrière artistique. Il est certes responsable d’un laboratoire de photographie dans sa ville à Mostaganem, mais trouve toujours le temps de se consacrer au dessin. 

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