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Librairie Chihab Internationale à Alger

Travailler !, au cœur de l’ouvrage

23 mars 2019 à 10 h 00 min

A l’occasion de la publication de l’ouvrage collectif Travailler !, les éditions Chihab Internationale ont organisé, mardi dernier, au sein de leur librairie de Bab El Oued, à Alger, une rencontre-débat à laquelle ont pris part le public et certains contributeurs.

Quatrième volume de la série «Nous autres, éléments pour un manifeste de l’Algérie heureuse», Travailler ! s’assigne comme objectif de proposer du point de vue du travail «quelques expériences et réflexions qui contiennent les germes d’avenirs possibles».

En tout, ce sont pas moins de onze universitaires qui ont contribué à l’élaboration de cet ouvrage de haute portée intellectuelle, tels que Amin Khan, Fouad Soufi, Tin Hinan El-Kadi, Saïd Djaffer, Nadjib Sidi Moussa, Redouane Assari, Ahmed Maïdi, Fatma Zohra Oufriha, Abdelghani Rahmani, Nedjib Sidi Moussa et Arezki Tahar. Certains contributeurs étaient présents à cette rencontre littéraire. L’initiateur de cette collection, à savoir l’universitaire Amin Khan, rappelle que le principe de cette collection «Eléments pour un manifeste de l’Algérie heureuse» est de donner des éléments de réflexion centrés sur les valeurs de liberté, de justice et de dignité et de permettre une discussion sur les grandes questions qui se posent.

«Nous avons initié, dit-il, ce travail il y a plus de trois ans, et nous sommes heureux d’être aujourd’hui dans cette conjoncture, où le peuple s’exprime de façon tout à fait claire sur les principes qui nous animent depuis toujours». Il y a cette démarche de la part de «nous autres», qui est d’essayer de donner des éléments de réflexion axés sur les valeurs de liberté, de justice et de dignité.

Nous avons estimé dès le départ que cette valeur centrale qu’est la mémoire des Algériens, mais au-delà, devait se reconstituer et que la lutte pour un avenir meilleur, plus juste, était fondé sur la défense de ces valeurs. Au fond, c’est ce qui nous réunit maintenant sur le plan de la conception plus concrète des ouvrages. Ces ouvrages mettent ensemble des gens qui partagent les mêmes valeurs, mais qui ne partagent pas nécessairement les mêmes idées politiques ou les mêmes options idéologiques, mais qui sont réunis sur la base de leurs compétences dans les domaines où ils interviennent et dans les capacités à présenter des analyses et des expériences de la façon la plus véridique.

Pourquoi le choix des quatre thèmes abordés jusque-là à travers : «Nous autres, Notre rapport au monde, Penser  ! et Travailler !» Amine Khan estime que ce sont quatre axes prioritaires d’une mobilisation personnelle et collective pour contribuer à produire un avenir de liberté, de justice et de dignité. «C’est vrai que c’est un sous-titre qui a intrigué, auquel j’ai du répondre, mais depuis le 22 février dernier, je n’ai plus à répondre sur cette question», lance-t-il. La chercheure, Tin Hinan El Kadi, a affirmé de son côté que c’est bien que cet ouvrage sorte maintenant, car «nous sommes dans une phase politique émancipatrice. Je trouve que c’est important d’avoir ces textes-là qui serviront à penser et à construire l’Algérie de demain», explique-t-elle. Pour le docteur en sciences politiques de l’université Panthéon-Sorbonne, il y a quelques années, parler d’une Algérie heureuse semblait extrêmement optimiste pour le coup ou audacieux. «Je pense, dit-il, que c’est avec cette voie qu’il fallait avancer et qu’il faut avancer.

Peut-être que dans la période actuelle il s’agit de poser toutes les questions, même la question qui fâche, et d’aller jusqu’au bout, pas en se faisant la guerre les uns aux autres, mais en trouvant un cadre du débat et de discussion et de pousser jusqu’au bout toutes les questions qui sont restées en suspens derrière ce que je sentais de mon état de diasporisé, c’est cet unanimisme qu’on retrouve aussi dans la migration qui est là, mais très vite je pense que les questions sérieuses vont se poser». Poussant sa réflexion plus loin, Amin Khan est convaincu que le 22 février est un événement majeur et spectaculaire non seulement dans l’histoire de l’Algérie mais aussi dans l’histoire de l’humanité.

«Ce n’est pas un miracle, mais c’est le produit d’une infinité de luttes, de combats, de sacrifices et d’épreuves que le peuple algérien a vécus au moins depuis l’indépendance. La société algérienne est parvenue à produire, développer et conserver une mémoire précieuse de toutes ces luttes et ces expériences, en dépit du bombardement d’un régime qui a interdit la connaissance de l’histoire, qui a ensuite produit des mythes presque au sens qui a essayé de noyer la conscience des Algériens sous un flot de mensonges et de corruption», argue-t-il. Dans sa contribution dans l’ouvrage Travailler !, Tin Hinan El Kadi fait une comparaison de l’expérience post-indépendance de l’Algérie avec celle de la Chine.

Cette jeune universitaire indique qu’elle a toujours été fascinée par ces modèles de développement, de ces pays qui arrivent à passer d’un Etat de pauvreté totale à une grande économie mondiale. Aujourd’hui, la Chine est le premier pays compétiteur des Etats-Unis et la deuxième plus grande économie mondiale. Elle s’interroge : comment fait-on pour passer d’un pays dominé à un pays qui challenge les puissants ? «Ma contribution, c’était sur les leçons qu’on pourrait apprendre de la Chine. Il y a des erreurs dans le modèle chinois qu’on peut éviter, tels que le taux d’inégalité, le coût de l’écologie élevé, mais il y a de belles expériences qu’on peut prendre de la Chine. J’encourage les jeunes Algériens à s’intéresser plus à ce géant asiatique», dit-elle.

Amin Khan rappelle que l’Algérie est un pays à économie et culture rentières. Selon lui, ce genre de système est faussé : «La corruption devient un instrument privilégié de gestion des masses et on s’achemine insensiblement vers des situations tout à fait négatives. La question qui se pose est de savoir comment passer de la rente à la production ? Cela passe par un nouveau statut du travail, des travailleurs, de la science, de la création, de la novation, de la liberté, de la justice et de la dignité. Cela n’est possible que dans le cas d’un changement de gouvernance qui, aujourd’hui, est une possibilité.» Et d’ajouter : «Le travail pour nous est une nécessité vitale.

On ne pourra survivre en tant que société, que nation, que pays, que si on arrive à passer d’ une économie de rente à une économie de production. Et deuxièmement, que s’il y a une transformation radicale de la société au-delà de l’économie en faisant ce que d’autres ont fait avant nous, mais on n’est pas obligés de le faire de la même façon. Je cite ces exemples, car c’est de l’ordre du possible.» Pour notre interlocuteur, «il faut qu’il y ait des politiques d’industrialisation intelligentes et novatrices qui soient mises en œuvre, permettant de cristalliser et de développer tout le savoir-faire scientifique et technique de notre époque. Ces politiques d’industrialisation doivent être couplées avec des politiques d’éducation, de formation et d’innovation. Cela est dans nos cordes. Cela est faisable. Dans notre ouvrage, nous avons appelé à différents aspects et expériences qui convergent vers cette idée». Il est à noter que les deux prochains numéros seront consacrés à la lutte et à l’amour.

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