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Parution (roman). Mais moi je ne vous ai rien fait, de Abdelkader Hammouche : Train d’enfer

20 février 2021 à 10 h 28 min

Abdelkader Hammouche, ancien journaliste, avocat au barreau d’Alger, poursuit sa saga de romans, dont la trame est tissée à partir d’histoires vécues.

Son dernier roman, paru aux éditions Barkat, raconte un projet de vie, rêvé, fantasmé et exaucé d’un jeune Algérien féru de cinéma : celui de visiter la ville mythique de Cannes et son Palais des festivals et des congrès où se tient périodiquement le rendez-vous cinématographique du Festival international dédié au 7e art.

Un rêve sublimé devenu réalité, mêlant à la fois sentiments de joie et d’extase, drame et meurtrissures profondes suite à une lâche agression dont il a été victime lors de son voyage. Evacué dans un état comateux à l’hôpital, il sera amputé du bras. Hakim est infirmier à l’hôpital de Kouba.

L’appel de Cannes devient de plus en plus fort, semblable à un appel du cœur difficile à réprimer. Son titre de congé en poche, il prend enfin la résolution de s’envoler pour Cannes afin de vivre sa passion. Pour entreprendre son pèlerinage dans l’antre du cinéma mondial, gravir les marches mythiques du Palais des festivals foulées par tant de vedettes du cinéma mondial, de réalisateurs de renom.

L’arrivée de Hakim à Cannes est racontée avec les émotions, les sensations à couper le souffle d’un cosmonaute débarquant sur la planète Mars. Face au temple mythique du cinéma déployant son histoire, sa légende et son lustre au grand bonheur des touristes, de toutes les nationalités, qui immortalisent ce souvenir de la Croisette en prenant des photos-souvenirs, notre jeune touriste respire le bonheur tout en se prêtant allègrement, lui aussi, à cet exercice en faisant le plein de clichés, en n’omettant pas la photo souvenir incontournable sur les marches du Palais pour épater ses amis à son retour au pays. Voir Cannes et mourir… Il était loin de penser que le scénario d’un film tragique de cinéma – vérité dont il serait le personnage central et la victime – était en train de s’écrire et que «le rêve allait se transformer en cauchemar».

Durant les quelques heures passées à Cannes, avant de reprendre, en train, le chemin du retour vers Nice, il s’est mis plein la vue en longeant la Croisette, ce boulevard mythique avec son faste et ses magasins de luxe, admiré la beauté des plages de la ville animées même en cette période hors festival. A la gare, alors qu’il s’apprêtait à monter dans le train en partance vers Nice, un jeune Marocain l’accosta, affichant un sentiment anti-Algérien primaire, en apprenant la nationalité algérienne de Hakim.

Il reproche aux Algériens la haine qu’ils voueraient, selon lui, aux Marocains. Le hasard ou l’infortune a fait qu’il retrouvera le ressortissant marocain, flanqué d’un comparse français, à bord du train de retour vers Nice. Ces derniers s’invitèrent dans le même compartiment où avait pris place Hakim. Ils ne tardèrent pas à jeter bas leurs masques. Profitant de l’obscurité et de l’absence de voyageurs dans le compartiment, ses bourreaux n’hésitèrent pas un instant à passer à l’action.

A l’agression verbale, aux insultes, succède la violence physique avant qu’ils ne prennent la décision criminelle de le défenestrer par peur d’être dénoncés à la police. Retrouvé le lendemain, inconscient, dans un champ par un paysan qui a donné l’alerte, il sera transféré à l’hôpital, sauvé miraculeusement de la mort, mais amputé du bras.

Sans argent que les enquêteurs n’ont pas retrouvé dans son sac à dos, il a dû galérer pour subvenir à ses besoins les deux jours passés à Marseille avant de prendre le vol d’Air Algérie vers Alger. Au prix d’une souffrance morale insondable, il s est résigné même à s’essayer à la mendicité pour subvenir à ses besoins avant de rencontrer un bienfaiteur, un sans- papier algérien d’El Harrach qui l’a hébergé jusqu’à son départ.

Ce dernier roman de l’auteur tranche avec ses précédentes parutions, centrées sur la réflexion et le débat autour d’un secteur qu’il affectionne le plus, de par sa profession d’avocat : le secteur de la justice. Cela, autant par le style, narratif, propre au récit événementiel, factuel et proche du carnet de voyage que par la thématique abordée. Mais derrière Cannes, la carte postale, il y a la réalité amère du racisme, de la déshumanisation, de la précarité sociale, des faux clichés de la France «terre d’accueil et d’asile» que Abdelkader Hammouche a revisités à travers le récit de son nouveau roman.

9Edition Barkat, 120 pages.


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