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Tipasa. Préservation des Sites archéologiques : Une volonté difficile à réaliser

15 septembre 2020 à 10 h 01 min

Le dilemme entre la protection du patrimoine culturel (sites archéologiques, monuments historiques) et la nécéssité d’aménagement urbain, compte tenu des exigences du développement économique et social pose un sérieux problème dans la wilaya de Tipasa.

Ce territoire ne cesse d’enregistrer des dégradations naturelles de ses reliefs truffés de monuments culturels et la prolifération désordonnée du béton, d’une part, et, d’autre part, l’ampleur de l’urbanisation incontrôlée depuis les dernières décénnies, une menace réelle qui a porté atteinte à l’intégrité des biens culturels, notamment au chef-lieu de la wilaya de Tipasa.

Les services de l’urbanisme des communes, des daïras et de la wilaya sont défaillants. Les élus et fonctionnaires de l’Etat affichent leur «impuissance» pour sévir, en dépit de l’existence des lois. Officiellement, les hautes autorités du pays déclarent accorder un intérêt particulier à la préservation des sites archéologiques et monuments historiques.

Cette volonté politique ne se concrétise pas à l’échelle locale. La délinquance, l’illicite et les complicités dans les communes, y compris dans les bureaux de la wilaya, avaient transformé hideusement le visage urbanistique de Tipasa, de Cherchell, notamment dans ces localités de notoriété mondiale. Les sites archéologiques et les monuments historiques avaient été agressés et malmenés par les actions humaines insensées.

Abdelkader Dahdouh vient d’être installé depuis le mois de juin 2020 à la tête de l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés (OGEBC), afin de faire cesser les dégradations de ces biens culturels, pourtant en mesure d’attirer les touristes et encourager les recherches dans le cadre de la nouvelle politique économique que compte mener le gouvernement Djerad à travers le département ministériel du Dr Bendouda Malika. Les sites archéologiques sont des zones non aedificandi.

La sécurisation, la conservation et l’entretien des traces des anciennes civilisations qui avaient transité dans notre pays sont les objectifs assignés à la nouvelle équipe dirigeante de l’OGEBC. Le mégaprojet culturel mort-né, en l’occurrence le Centre arabe d’archéologie (CAA), annoncé en grande pompe, avait été érigé à Tipasa et équipé par le ministère de la Culture à la suite d’un curieux et incompréhensible désengagement des pays arabes.

Le mutisme de l’Arab league educational, cultural, scientific organization (Alecso), qui n’est autre que l’Unesco des pays arabes, sur le retrait des 21 pays arabes, avait suscité des commentaires. Le ministère de la Culture a décidé d’installer une annexe de l’OGEBC, le siège du Centre national de recherches archéologiques (CNRA), et enfin l’Ecole nationale de conservation et de restauration des biens culturels (ENCRBC) dans ce joyau architectural. Une infrastructure très utile et vitale pour les universitaires et chercheurs algériens, d’autant plus qu’un institut d’archéologie existe à l’université de Tipasa.

Le département ministériel du Dr Bendouda Malika compte soumettre à l’Unesco un projet de formation du personnel en charge des sites dans moult domaines, relatifs à la prise en charge du patrimoine culturel, à la suite d’un commun accord entre les deux institutions. L’Algérie, une nation pourvue d’une superficie qui avoisine les 2,4 millions de km2, est le plus grand pays d’Afrique, dans le monde arabe et dans le bassin méditerranéen. La richesse et les variétés de son patrimoine culturel matériel et immatériel se trouvent dans chaque wilaya.

La société civile est appelée à réagir pour valoriser tous ces atouts afin d’imposer le secteur de la culture dans le développement économique du pays. Les perspectives sont immenses. La sauvegarde, la protection, l’entretien et enfin la valorisation de toutes ces richesses devront impliquer les citoyens, en aval du soutien et de l’accompagnement des pouvoirs publics sont incontournables.

Il y va de l’intérêt général afin d’assurer une autre vie, pour ce qui reste de ces patrimoines, après tant de décennies d’agressions. La stérile volonté locale entrave la stricte application des textes de lois en matière de préservation de ces richesses culturelles.



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