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Tipasa. École nationale supérieure de conservation et de restauration : Un établissement ambitieux à soutenir

28 mars 2021 à 10 h 09 min

L’Ecole nationale supérieure de conservation et de restauration des biens culturels (ENSCRBC) est la nouvelle appellation de cette institution dédiée à la sauvegarde du patrimoine, des vestiges et autres.

 

L’ École nationale supérieure de conservation et de restauration des biens culturels (ENSCRBC) est placée sous la tutelle du ministère de la Culture et des Arts, selon le décret exécutif n°21-49 signé le 21 janvier 2021, par le Premier ministre Abdellaziz Djerrad.

Le siège de cet établissement se trouve au sein du CAA (Complexe algérien d’archéologie) à Tipasa, à l’instar de ceux du CNRA (Centre national de recherche en archéologie) et de l’OGEBC (Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels). L’ENSCRB est l’unique établissement en matière de formation scientifique spécialisé dans la restauration et la conservation des mobiliers culturels au niveau des pays du Maghreb.

Néanmoins, sa création n’a pas été suivie par l’affectation et l’attribution des moyens et équipements à la mesure des ambitions de cette importante école, d’une part, et, d’autre part, les étudiants rencontrés par nos soins nous ont fait part que le poste de restaurateur des biens culturels ne figure pas dans la nomenclature de la fonction publique, par conséquent, même diplômés, la disponibilité de l’emploi à l’issue de leur formation à l’ENSCRBC n’est pas assurée. A quoi servira leur diplôme si l’étudiant deviendra chômeur ?

Le décret exécutif n°21-49 pour nos interlocuteurs est incomplet. Les responsables actuels de l’ENSCRBC s’attellent à préparer pour la 1re fois, depuis la création de l’école en 2008, la sortie de la 1re promotion de restaurateurs des biens culturels au mois de juin 2021, avec un diplôme de Master, option «mobilier».

En effet, pour avoir accès à une formation au sein de l’ENSCRBC, l’étudiante ou l’étudiant devra être pourvu d’une licence en archéologie, en architecture, ou en beaux-arts. Contrairement aux archéologues, les étudiants issus de l’ENSCRBC seront en mesure de manipuler les biens culturels selon les normes internationales. Le site de Tipasa demeure un espace idoine pour subir les stages pratiques.

Le département ministériel de Bendouda Malika devra songer à trouver des emplois aux diplômés (master, ndlr) de l’ENSCRBC au niveau des musées ou les directions de la culture des wilayas, dans l’attente de l’inscription du poste de restaurateur des biens culturels dans la nomenclature de la fonction publique. A juste titre, cette situation empêche de nombreux étudiants à rejoindre l’ENSCRBC, car le statut de restaurateur des biens culturels n’existe pas.

Un dilemme. Il n’en demeure pas moins que cet établissement fait appel aux étudiants des universités algériennes, afin de les encourager à s’inscrire dans cette spécialité scientifique, un secteur encore en «jachère», qui mérite d’être exploité, compte tenu de l’immensité des richesses culturelles, archéologiques et historiques, que renferme notre pays, un musée à ciel ouvert de 2,4 millions de km2. Bref.

Les étudiants de l’ENSCRBC avaient été sollicités pour la restauration des statues à Oran. La pandémie Covid-19 a retardé la mission des étudiants à Oran. Un travail qui sera exécuté en partenariat avec les experts tchèques, conformément au mémorandum d’entente signé entre l’ENSCRBC et l’université de Pardubice (Tchéquie).

Dans le cadre de l’amélioration des techniques de restauration et de conservation des biens culturels, la contribution de l’Unesco et des organismes internationaux (ICCROM, ICOM, ICOMOS) est attendue à Tipasa pour permettre aux pensionnaires de l’ENSCRBC de se hisser au niveau international. La restauration et la conservation des biens culturels sont des atouts en mesure de jouer un rôle dans le développement économique et social du pays, grâce à la création de micro-entreprises dans ce domaine précis.

Des spécialités qui ouvrent de nouvelles perspectives. Le laboratoire de recherche créé à l’Institut d’archéologie (université de Tipasa) contribuera à la formation scientifique des étudiants de l’ENSCRBC. D’ailleurs, bien que celui-ci dispose d’un petit laboratoire de recherches pédagogiques, il s’intéresse aux projets des fouilles inscrits dans le programme de l’institut d’archéologie de Tipasa.

L’efficacité du module nouvelles technologies à l’ENSCRBC sera assurée grâce à la disponibilité des équipements au CNRA de Tipasa, contribuera au développement de la formation des étudiants l’ENSCRBC, école dirigée, faut-il le souligner, par le Dr. Hamza Mohamed Chérif, un des membres fondateurs et l’un des membres actifs de l’association Fort de Cherchell. Le littoral de Tipasa s’enorgueillit de l’existence de multiples mobiliers culturels sous la mer. Pour enrichir la formation, l’ENSCRBC souhaite l’inscription d’un module dans le cursus universitaire, consacré à la restauration et à la conservation des objets culturels en zones humides.

La subdivision subaquatique du CNRA est à présent un partenaire important pour cette école, à la recherche d’un label à l’échelle du Maghreb dans un 1er temps. L’ENSCRBC dispose d’un encadrement pédagogique suffisant qui lui permet d’assurer des formations de recyclage au profit des fonctionnaires actifs déjà dans les musées. C’est une infrastructure en devenir, si les entraves pour son épanouissement seront enlevées.

Cet établissement érigé au milieu d’un espace naturel, Tipasa, site archéologique, classé patrimoine culturel mondial par l’Unesco en 1982, qui contribue efficacement à une formation scientifique de qualité des étudiants.

Pour attirer les étudiants intéressés dans la restauration et la conservation des biens culturels, les pouvoirs publics doivent agir afin d’assainir la situation, en créant d’abord le statut de restaurateur des biens culturels issus de l’ENSCRBC et ensuite doter cet école stratégique qui relève de deux tutelles ; celui de la culture et celui de l’enseignement supérieur, des équipements technologiques qui répondent à ses légitimes ambitions.


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