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Hommage au compositeur tchèque Bohuslav Martinu (1890-1959) à Alger : Spalicek, un ballet majestueux et merveilleux

20 novembre 2021 à 10 h 00 min

Un bel hommage a été rendu au compositeur tchèque, Bohuslav Martinu (1890-1959) jeudi soir, en clôture de l’exposition qui lui était dédiée «Le phénomène Martinu», organisée par l’ambassade de la République tchèque, l’ambassade de France et l’Institut français, à Alger, abritant cet événement.

Cet  hommage  au  compositeur tchèque, Bohuslav Martinu (1890-1959), consistait en la projection  d’un  film  portant  sur l’une de ses grandes, un ballet intitulé Spalicek, à la salle de cinéma de l’Institut française d’Alger, et ce, devant une assistance nombreuse et en présence de Mme Lenka Pokorna, ambassadrice de la République tchèque en Algérie et M. Philippe Monetes, directeur de l’IF d’Alger. Le Ballet Spalicek est un projet artistique de l’Ecole de danse de Prague sous la direction de la chorégraphe Eva Blazikickova ayant fait participer des enfants issus de familles défavorisées. Spalicek, composé par Bohuslav Martinu en 1932, présenté en 1933 pour la première fois, sous le titre initial Ballet de jeux flokloriques, costumes et contes de fée-ballet-revue,  est un ballet s’articulant en trois actes. Spalicek montre les liens solides et forts du compositeur Bohuslav Martinu avec sa terre natale, le sol tchèque,  et la réadaptation et la version Revue et corrigée par la chorégraphe Eva Blazikickova-directrice du Conservatoire Duncan Centre, posthume, produite et rélaisée par  la  Télévision tchèque en 2009-2010, avait abouti à ce film Spalicek qui a été d’ailleurs longuement applaudi par l’auditoire, entre les trois actes et à la fin.

Ronde de «derviches tourneurs tchèques» le ballet Spalicek, le film, est  en fait un  conte merveilleux chorégraphique, philharmonique, orchestral, une belle performance où les grands et les petits danseurs ont étalé tout leur talent sur scène. Dans un jeu de rôles féminin pluriel, c’est la gent féminine qui porte ce  spectacle. Une  ronde esthétique, jubilatoire, aérienne et surtout majestueuse. Une sorte de «derviches tourneurs tchèques». Une ronde triomphale et royale car c’est l’amour qui va triompher à la fin dans une ultime scène de liesse. L’exposition «Le phénomène Martinu» était un hommage à un compositeur au parcours exceptionnel de l’histoire de la musique savante universelle. Elle offrait au visiteur un vaste choix de photographies portant sur les domaines de la musique, des arts plastiques et du théâtre. C’est une collection comportant 20 panneaux s’articulant autour de la vie mouvementée du compositeur, son œuvre phénoménale, d’une part, sa réflexion scénographique, ses réalisations scéniques et une vision comparative entre passé et présent, d’autre part. Le ballet Spalicek est une œuvre de l’un de nos meilleurs compositeurs du XXIe siècle. Bohuslav Martinu (1890-1959), s’est beaucoup inspiré du folklore tchèque et du conte tel que celui de Cendrillon…Cet événement, intitulé «Le phénomène Martinu» tient à rendre hommage à cet illustre compositeur né tchèque, Bohuslav Martinu (1890–1959) qui a baigné dans le folklore de son pays. Il étudiera en France et épousera même une Française. Il s’exilera aux Etats-Unis, puis retournera en Europe, il séjournera en Suisse, en Italie…», présentera Mme Lenka Pokorna, ambassadrice de la République tchèque en Algérie.

L’ordre, la clarté et la mesure

Bohuslav Martinu était le reflet des vicissitudes de son pays, un éternel exilé. Il menait une vie de bohème. Un autodidacte abondamment marqué par la découverte de Debussy. Il a été le disciple d’Albert Roussel. Il mit de l’ordre dans l’imaginaire de son pays. Avec une autre découverte, celle de Stravinsky. Son séjour en France dura 17 ans. Il s’était même marié à une Française. Il figurait sur la liste noire des nazis. Sa musique fut interdite, ses partitions égarées puis récupérées. Il s’exilera 12 ans aux Etats-Unis à partir de 1941. La ville de New York était une source s’inspiration pour son art… Il puisa dans le folklore de son pays avec élégance et concision. Bohuslav Martinu chantait la joie. Ses œuvres se terminent avec une note d’espoir…  Bohuslav Martinuest un compositeur tchèque, naturalisé américain, né à Policka en Bohême le 8 décembre 1890 et mort à Liestal en Suisse le 28 août 1959. Son père est le sonneur de cloches de Policka.

Enfant prodige du violon, il est admis au Conservatoire de Prague, mais très rêveur, il se fait renvoyer au bout de deux ans. Il s’inscrit alors dans la classe d’orgue d’où il est également renvoyé, alors qu’il produit ses premières compositions. Il poursuivra donc son chemin en autodidacte. En 1920, il entre comme second violon au tout nouvel Orchestre philharmonique tchèque. Il y découvre le grand répertoire et la musique française contemporaine, notamment Achille Claude Debussy, Maurice Ravel et Albert Roussel. En 1923, il obtient une bourse pour étudier à Paris ; il choisit Roussel comme professeur : «Ce que je suis venu chercher chez lui, devait-il, c’était l’ordre, la clarté, la mesure, le goût et l’expression directe, exacte et sensible, les qualités de l’art français que j’ai toujours admirées.» Il comptait passer quelques semaines à Paris, il y demeurera dix-sept ans.

Les  nazis  interdirent ses  œuvres

Dans les années 30, les nazis décrètent ses œuvres dégénérées et les interdisent partout où ils sont au pouvoir. Quand ils investissent Paris, Martinu se réfugie en zone libre puis émigre aux Etats-Unis en 1941. Au début des années 1950, il pense revenir en Tchécoslovaquie, mais échoue et s’installe dans le sud de la France et en Suisse où il mourra. Il est le quatrième grand nom de la musique tchèque après Bedrich Smetana, Antonin Dvorak et Leoš Janàcek mais, contrairement à eux, c’est vers la France qu’il s’est tourné : il fait partie de ce qu’il est convenu d’appeler l’Ecole de Paris avec notamment le Roumain Marcel Mihalovici, le Polonais Alexandre Tansman ou le Russe Alexandre Tcherepnine. Son œuvre, riche de près de 400 numéros, reflète diverses influences : le folklore tchéco-morave, la révolution debussyste, le contrepoint chantant du madrigal anglais de la Renaissance et surtout le concerto grosso de l’époque baroque, qui lui a inspiré une trentaine de concertos. On peut citer par exemple son Double concerto pour cordes, piano et timbales (1938) proposé en introduction musicale (écouter un autre extrait). De la violence rythmique et polytonale de ses premières œuvres, il passe progressivement au lyrisme plus ample et plus détendu de la période américaine, puis au néo-impressionnisme empreint de liberté de ses ultimes années. Citons notamment les Fresques de Piero della Francesca (1955 : écouter le début). Il a aussi écrit une douzaine d’opéras, six symphonies, et beaucoup de musique de chambre.

K. Smail


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