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samedi, 17 avril, 2021
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Sami Medafer Mohamed. Créateur du label international Mayfer : Il sort sa griffe, du «sûr»-mesure

06 avril 2021 à 10 h 05 min

Au 48, rue Ali Khodja, à El Biar, est sise une star. Et les riverains ignorent cela peut-être. Et elle brille sur les hauteurs d’Alger. Il s’agit d’un designer
de vêtement de renommée internationale. C’est lui qui a habillé la rédaction de Téléfoot sur TF1, notamment le journaliste vedette sportif Frédéric Calenge. Ce n’est autre que le créateur du label Mayfer, Sami Medafer Mohamed. Et contrairement à ce qu’on croit, il est rentré au bled, pour servir
son pays en s’investissant totalement.

 

Quand on rencontre Sami Medafer Mohamed à El Biar, à Alger, on est à la bonne adresse de la «fashion» au masculin. Il incarne bel et bien ce «trending» (tendance). Il est sec, élégant et ce qu’il arbore et porté telle une seconde peau, tant a-t-il l’œil design, un compas dans les yeux et une précision au cordeau. Et pour cause. Et ne pas fait dans la demi-mesure. Mais du sur- mesure. La pleine mesure de son tour de main, sa dextérité textile. Car il habille, coupe et découpe et configure pour adhérer à la morphologie du client l’ayant sollicité. Satisfaction garantie !

A des prix accessibles et abordables. Sami Medafer Mohamed personnalise votre vêtement. Pantalon, chemise, veste… «J’essaie de transmettre tout ce savoir que j’ai acquis de l’autre côté de la Méditerranée à mes collaborateurs, aux jeunes que je forme, ici, à Alger…», insistera cet enfant prodigue. A propos de la trouvaille de la dénomination de son label, Mayfer, Sami a fait appel à une société française, laquelle a puisé la consonance Medafer signifiant : noble, glorieux ou bien le tressage. Et en faisant référence, homonyme, à une capitale de la mode, Londres (Royaume-Uni) et en particulier au quartier huppé de Mayfair. «Pour moi, Mayfair, c’est La Mecque du prêt-à-porter, du sur-mesure…» Une contraction de la noblesse de son nom de famille et du quartier londonien très «fair». Et cela a donné le label Mayfer. Un nom d’artiste, artisan et d’art majeur.
Il fabrique en Égypte, Italie, Portugal dans le prêt-à-porter

Sami Medafer Mohamed, au début, n’avait pas la «tête de l’emploi». Il a fait des études qui n’avaient rien à avoir avec ce qu’il exerce actuellement avec passion. C’était de la comptabilité. Cette attraction pour le vêtement, la «sape», cela provient, en fait, d’un ascendant familial. Son père était un homme élégant, un haut fonctionnaire qui portait souvent des costumes et il voyageait beaucoup. «Déjà, très jeune, j’avais cette attirance pour la classe, la beauté et cette sensibilité pour l’habillement.» Etudiant, Sami effectuait des boulots relatifs à la couture et il est complètement tombé dedans. C’est-à-dire entièrement investi à la «maille».

En commençant par être vendeur dans des marques très moyennes après, de luxe, haute gamme… et puis, adjoint, responsable, directeur-réseau dans des marques en France. Il a été chez Valentino, Georges Rech Hommes comme directeur, chez De Fursac, un poste régional, en améliorant cette marque, qui était au début un peu «cheap», en celle de luxe. Il était à l’origine de son renouveau. Il fallait qu’il acquiert une expérience, sans brûler les étapes du bas de gamme au haut de gamme. Sami savait où il allait. Alors, en 2011, il s’est lancé (un défi) à son propre compte. Créer sa marque, dessiner et développer le vêtement. En s’adaptant au «wool sell et retail».

Et puis, le volet : fabrication, qui n’a rien à voir avec la vente. Il s’agit de créer des modèles, choisir des tissus, penser à une collection globale. Combiner le pantalon, la chemise, la veste… Avec harmonie. «Pour ce faire, il faut être tout le temps en éveil, s’inspirer des grandes marques, des meilleurs, pour ramener quelque chose de plus beau dans mes collections et surtout de qualitatif… », indiquera Sami concernant son efficience vestimentaire. C’est que ce label algérien, Mayfer, fabrique en Egypte, Tunisie, Maroc, Turquie, Italie, Roumanie, Portugal dans le prêt-à-porter.
Mayfer se distingue à travers une particularité. Le département dit «sur-mesure». Un outil complet.

Un beau travail de «sape»

Aujourd’hui, le sur-mesure s’est popularisé. Les gens ne veulent plus porter des vêtements identiques à ceux qu’ils trouvent, croisent, rencontrent dans les réunions. En fait, ils exigent un look, une apparence personnelle les valorisant et les distinguant. Certains s’habillent chez Boss et les grandes marques, les hommes, aujourd’hui, n’ont pas envie de croiser et trouver le même «suit» que portent les autres lors des meetings… Cela freine les ventes. Le sur-mesure, avant était très onéreux, maintenant, c’est devenu très accessible.

Des fois au même prix du prêt-à- porter de luxe ou un peu moins. Chez Mayfer, vous choisissez votre tissu, d’abord une prise de mesure à corps, sur la personne (physique), créez votre propre patronage (veste, pantalon, chemise…) systématiquement enregistré dans le data Mayfaer, en tenant compte de l’évolution de la morphologie du client (sauf sur-poids ou perte de poids, un changement s’opère immédiatement). Après, le vêtement se crée. Soit très classique, «fashion», «skinny», très serré… Avec le choix du type de veste, poches, col, boutons, doublure, fil… Ou bien une fabrication appelée «semi-traditionnelle», de très haut de gamme.
Développement de partenariats avec de jeunes créateurs et créatifs

«Dans un costume, il n’y a pas que le tissu. Il y a l’intérieur de la veste, on appelle cela une ‘‘cartouche’’. Et elle est de qualité parce qu’on est sur un entoilage naturel, crin de cheval, coton…Par rapport à la fabrication industrielle très «cheap»… Pour le costume, il est conçu en Allemagne… On travaille avec des tissus comme «Réda»… On est sur du 110, 120, 130, 150… C’est-à-dire que nous avons ramené en Algérie un outil qui n’existe pas. Mais ils (les autres) n’ont pas notre choix de tissus, qualité de fabrication, notre entoilage, on est dans quelque chose de rare en Algérie. C’est unique.

En matière de tissage de chemise, on est sur les dimensions (tissage de fil) 80/2, 120/2… Nous travaillons avec Vitale Barberis Canonico ou du Europeana… C’est la Rolls des tissus à l’échelle mondiale. En matière de chemise, on est sur du Melitta, Albini, c’est italien, Thomas Mason… On est dans un gage de qualité très élevé, sur du Oxford, du Chevron, de la belle popeline, du Milleret, c’est à avec des rayures, sur des fils Vichy…
Et aussi sur du «non iron», sans repassage… On est vraiment sur des choses très belles, et ce, après avoir pris les mesures du client informatiquement. Cela est fabriqué au bout de quatre semaines.

Plus une semaine pour l’aérien (le transport) pour acheminer le produit fini à bon port…», précisera Sami Medafer Mohamed. L’avantage du sur-mesure, s’ajustant comme un gant à la morphologie, c’est que le client peut personnaliser son vêtement. Qu’il s’agisse de la chemise, du costume, la doublure, les boutons et les autres détails de style.

Par exemple, avec ses initiales qui sont déjà incluses dans le «complet» ou bien les apposer au col de la chemise ou celui de la veste. Parmi les projets de Mayfer figure le sur-mesure en chaussures, de fabrication italienne, et ce, dans la conception de tout un package avec lequel le client pourra se faire plaisir, son redéploiement sur le territoire national, à Oran, Annaba, Sétif, le développement de partenariats et autres franchises avec de jeunes créateurs et créatifs.


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