Retour sur le parcours d’une militante | El Watan
toggle menu
vendredi, 22 novembre, 2019
  • thumbnail of elwatan20191121
  • Massage Tunisie



La journaliste américaine Elaine Mokhtefi au Sila 2019

Retour sur le parcours d’une militante

05 novembre 2019 à 9 h 01 min

La journaliste et traductrice américaine Elaine Mokhtefi a milité pour le recouvrement de l’indépendance de l’Algérie.

Invitée dans la cadre du 24e Salon international du livre d’Alger, la journaliste et militante américaine Elaine Mokhtefi a animé une conférence, dimanche après-midi, au niveau de la salle du Sila. Une occasion idoine qui lui a permis de revenir sur les grandes lignes de son livre intitulé Alger, capitale de la révolution, de Fanon aux Blacks Panthers, publié par les éditions algériennes Barzakh. Elle qualifie, d’ailleurs, la guerre d’indépendance de l’Algérie comme unique au monde.

Engagée politiquement très jeune, son combat la mène au siège des Nations unies avec la délégation du FLN à Accra. Elle resta en Algérie jusqu’en 1974 : année où elle sera expulsée suite à une série d’événements dont, entre autres, son amitié avec la femme du président de l’époque Ahmed Ben Bella. La journaliste et interprète Elaine Mokhtefi affirme fièrement : «J’ai été très tôt sensibilisée à la cause algérienne, et j’ai longtemps milité pour son indépendance.» C’est parce qu’Elaine Mokhtefi est le témoin oculaire de certains faits historiques importants qu’elle a voulu les consigner dans son livre. Un livre qui se veut un genre de mémoire où rien n’a été omis.

En effet, dans son livre d’une pagination riche de 279 pages, elle restitue avec une mémoire intacte certains grands événements qui ont jalonné son parcours de militante. Elle avoue que pour écrire son livre, elle ne s’est servie d’aucune note. Comme elle le dit si bien, elle n’avait que le résultat d’un vécu qui était tellement fort «J’avais, dit-elle, des impressions dans la tête, des photos et des expériences que j’ai vécues. Il faut dire aussi qu’avec mon défunt mari Mokhtar Mokhtefi, c’était une passion de parler de l’Algérie et de suivre la presse algérienne. A la fin de sa vie, il était en train de discuter avec l’un de nos amis algériens, le romancier Amar Lakhous, qui était à New York.

Il lui avait dit que nous avons l’Algérie dans nos cœurs, nos têtes et nos pieds pour la vie. L’Algérie était la plus grande passion de sa vie», se souvient-elle. Elaine Mokhtefi  revient sur la période où elle a travaillé au bureau du FLN à New-York. Elle rappelle que le bureau a joué un rôle incroyable sur le plan diplomatique et médiatique. «Il faisait un gros travail de sensibilisation sur le combat de l’Algérie pour son indépendance. Tous les membres du bureau étaient dévoués à la cause algérienne», a-t-elle souligné.

Elle poursuit son intervention en disant qu’elle a fait la connaissance du psychiatre Frantz Fanon lors de la tenue d’une conférence internationale sur la jeunesse au Ghana. Fanon, pour rappel, était l’ambassadeur itinérant du GPRA en Afrique. «J’ai connu Frantz Fanon avec qui j’ai lié une grande amitié. Entre nous, il y avait un partage d’idées et d’engagement sur le plan politique et humain.» Elaine Mokhtefi évoque avec beaucoup de nostalgie le Panaf de 1969. Une manifestation culturelle et artistique qui est encore vivace dans sa mémoire.

Tout au long de la durée de ce festival, elle affirme qu’elle a côtoyé tous les mouvements révolutionnaires et de contestation. «Il y avait, à cette époque, suffisamment de pensées progressistes. Le Panaf était quelque chose d’inimaginable. Le Panaf était quelque chose d’unique, de formidable. Ce n’était pas une question de moyens, mais de savoir-faire. L’Algérie était le seul pays d’Afrique à pouvoir organiser un événement d’une telle envergure où se mêlaient art et culture, politique et questions sociales et économiques. Tout a été mis en œuvre pour sa réussite.

L’organisation était extraordinaire. Il y avait 31 pays indépendants qui sont arrivés avec des délégations d’artistes, de toutes sortes de danseurs, de chanteurs et d’hommes de théâtre. C’était une ville qui était éveillée 24h sur 24. Les vieilles dames et les enfants étaient là, jusqu’à 3h matin, devant les stades qui avait été érigés un peu partout. Des groupes de plusieurs pays se réunissaient.

C’étaient des gens qui voulait retrouver leurs racines africaines à travers cet événement en Algérie», argue-t-elle. En guise de conclusion, l’universitaire et militante Elaine Mokhtefi a informé l’assistance fort nombreuse que son livre Alger, capitale de la révolution, de Faonon aux Black Panthers est sorti l’année dernière aux Etats-Unis et en France, et récemment en Algérie. De son avis, ce livre a été bien accueilli par la communauté universitaire compte tenu des nombreuses études qui sont à l’honneur sur l’Algérie et le recouvrement de son indépendance.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!