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mercredi, 13 novembre, 2019
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Rencontre littéraire avec Jean-Marie Blas de Robles : Il nous parle de Taghit, Kateb Yacine, Flaubert et de lui

06 novembre 2019 à 9 h 15 min

Dans le cadre de la 24e édition du Salon international du livre d’Alger (SILA) se tenant du 30 octobre au 9 novembre, une belle et intéressante rencontre littéraire a été organisée lundi soir à l’Institut français et dont l’invité de marque était le grand écrivain Jean-Marie Blas de Roblès.

Une rencontre littéraire intéressante, riche et d’un grand éclectisme avec Jean-Marie Blas de Roblès, animée et modérée avec brio par Grégor Trumel, directeur de l’Institut français d’Algérie et Conseiller de la coopération et d’action culturelle, et ce, à travers un échange interactif ayant cerné le parcours et les œuvres de cet illustre écrivain, présent à l’occasion du Sila 2019.

Grégor Trumel qualifiera d’exceptionnelle la rencontre avec Jean-Marie Blas de Roblès. Ce dernier a donc présenté son dernier ouvrage intitulé Le Rituel des dunes, paru en 2019 aux éditions Zulma, qui est en fait son premier roman, entièrement remanié, mais qui nous transporte toujours dans la Chine communiste des années 80’, où le personnage principal est aux prises avec une maîtresse américaine à demi-folle. Rapidement, les deux amants s’adonnent à un petit rituel où le héros s’improvise conteur en s’inspirant de ses différents manuscrits pour narrer des légendes créées de toutes pièces par son imagination. Natif de Sidi Bel Abbès, Jean-Marie Blas de Roblès, avant d’observer une halte à Alger à l’Institut français, avait élu domicile, durant deux semaines, dans un endroit féérique du sud algérien. Plus précisément à Taghit dans la wilaya de Béchar, à plus de 1000 km d’Alger. Il était le premier auteur bénéficiaire d’un programme de résidence d’écriture à Taghit, initiée par l’ambassade de France en Algérie et dont il le désormais parrain.

L’oasis, cette muse

Ainsi, Jean-Marie Blas de Roblès, cet écrivain, Prix Médicis, Prix de la nouvelle de l’Académie, philosophe, essayiste, poète, archéologue, marin, plongeur, et même globe-trotter est «remonté» sur Alger pour partager avec le public algérois son expérience saharienne, dont il reviendra tout juste. Et c’est un philosophe émerveillé par la beauté dunaire et l’hospitalité séculaire des gens de Taghit et voire même de Beni Abbès. Jean-Marie Blas de Roblès confiera : «L’Algérie est ma terre natale. Je suis né à Sidi Bel Abbès. Je suis d’Afrique du Nord. Le ksar de Taghit est une merveille, d’une beauté à couper le souffle. Et où j’ai eu le plaisir d’écrire du matin au soir. Bien que ce soit difficile pour moi de quitter mon bureau et ma librairie où je travaille tout le temps. Mais là, lors de cette résidence, ce lieu, Taghit, je n’étais pas dépaysé. J’ai trouvé un milieu ambiant favorable et convivial…». L’oasis ayant inspiré le trait cursif de Jean-Marie Blas de Roblès est en fait un ancien fort restauré en hôtel, une auberge, Le Bordj Taghit, une destination privilégiée pour ceux en quête de dépaysement saharien. «Le séjour dans cette belle auberge, Le Bordj, à Taghit, a été agréable. J’ai écrit en deux semaines, du matin au soir, ce que je faisais en deux ans, pour vous dire. Vous savez, je n’arrive pas à écrire dans un train, ni dans une chambre d’hôtel. Mais, ici, à Taghit, c’est exceptionnel. C’est le miracle des dunes. J’ai amené mon «ordi» (ordinateur), toute ma documentation, j’avais accès à la wifi pour consulter et me référer aux différents dictionnaires. J’ai écrit plus que jamais en deux semaines. La magie du Sahara, le silence, les palmeraies, les dromadaires, les chameliers qui avaient des smartphones sondant le sol, le sable…».

«Je lis Kamel Daoud que j’aime»

A une question portant sur la littérature algérienne, Jean-Marie Blas de Roblès avouera qu’il connaît un petit peu sur celle tout en déclarant sa passion pour Kateb Yacin et Mohamed Dib : «Je suis un grand amoureux de la littérature de Kateb Yacine et Mohamed Dib. Je salue et suis les œuvres de poètes contemporains comme Yahia Belaskri ou Hubbert Haddad ainsi que d’autres au sein de la revue Apulée. Car on se revendique du Maghreb. Sinon, je lis Kamel Daoud que j’aime,
Yahia Belaskri, Boualem Sansal. Je suis demandeur…»
. Dans le registre universel, Jean-Marie Blas de Roblès a une adoration pour Flaubert et Borges.

«Le moment le plus terrible, c’est quand je me mets à écrire à ma table»

L’inspiration, Jean-Marie Blas de Roblès n’aime pas trop ce mot. Il a une tout autre définition de son acte cursif ou script : «Je suis dans le travail de langue. Améliorer, élaguer, aller dans l’énigme de la langue. Je me bats avec les mots. J’écris beaucoup de poésie. Je fais des collages en fait. Je note des idées, des commentaires, des pense-bêtes, des images, dans centaines de carnets depuis ma jeunesse…».

Ce sont des milliers de cellules comme il aime à qualifier ces lueurs d’esprit. Parce que, pour lui, elles sont chargées d’émotion, de rêve et d’énigme, son leitmotiv. Jean-Marie Blas de Roblès établit une sorte de plan mécanique, une feuille de route, une bonne feuille avant de commencer à crire. «Je lis, je me documente, me renseigne avant. Le moment le plus terrible pour moi, c’est quand je me mets à écrire à ma table…», nous confiera-t-il sincèrement. 

 

Jean-Marie Blas de Roblès/

Le Rituel des dunes

Editions Zulma (2019)


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