Récits de Miel et de Sang, ou le voyage dans le temps | El Watan
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dimanche, 05 juillet, 2020
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Publication

Récits de Miel et de Sang, ou le voyage dans le temps

02 juin 2020 à 8 h 43 min

A travers son dernier roman Récits de Miel et de Sang Saad Taklit nous offre une escapade gratuite et sans le moindre effort.

Constitué de 36 étapes, le sublimissime voyage tient en haleine un lecteur ravi. Faisant de la transmission de la mémoire la soupape de son écrit, l’auteur nous invite à renouer avec la bravoure, l’honneur et l’amour de la terre, des vertus des montagnes de sa petite Kabylie natale.

Par l’entrebâillement d’une subtile métaphore, l’auteur met en vérité la lumière sur la vie du Djurdjura, des Babors, des Aurès, de Boutaleb, du Hoggar et des autres contrées du pays profond où l’amour d’autrui était une religion. Intervenant après Djebel Tafat, Le journal de Rachid et L’Allemande de mon village, le quatrième essai est un mixage entre la fiction et le fait historique.

Paru aux éditions Rafar, l’ouvrage de 379 pages relate des nombreux épisodes du siècle dernier marqué par la colonisation française de l’Algérie. Les flagellations d’une population meurtrie sont ranimées par la rétrospective.

Le déracinement des premiers émigrés de Bougâa (ex-Lafayette) est exhumé par l’auteur mettant le doigt sur les vicissitudes d’une émigration jalonnée par la réussite des uns et les loupées des autres. Subtilement, l’auteur exhume la face cachée de la controversée relation franco-algérienne. Dans la partie, «miel», Saad Taklit met en exergue d’extraordinaires relations humaines ponctuées par de très forts liens de sang. Sans le dire ouvertement, les belles idylles de citoyens lambda sont des passerelles raccordant les deux rives de la méditerranée où le rayon de soleil prend le dessus sur la brume et l’ornière.

Abordés de fort belle manière , les questionnements des jeunes n’ayant pas pour certains d’entre eux jamais foulé le sol de leurs parents et ancêtres, égayent le récit dont le ton, le style et l’intemporalité envoûtent le lecteur ne trouvant aucune peine à s’identifier aux anecdotes des uns et aux confidences des autres.

Trouvant un malin plaisir à surprendre et à dérouter son lectorat, l’écrivain n’épousant pas la linéarité, possède une facilité déconcertante à changer de registre. Au grand bonheur du lecteur convié à connaître une partie des secrets de Bougaâ, la cité nichée au pied du majestueux Djebel Tafat où chaque empan est une histoire.

Lacérée par les obus de la première guerre mondiale, la ville adoptive du grand Kateb Yacine est l’autre amour de Saad ne trouvant son inspiration que dans le ventre de sa terre nourricière. Mû par un devoir de mémoire, l’auteur ausculte la plaie de ses poilus mobilisés pour prêter main forte à la «mère patrie».

Nés dans les entrailles de la deuxième guerre mondiale, les malheurs ainsi que les belles rencontres d’un contingent de ces «chair à canon» sont transcrits en lettres d’or. Précis comme un horloger suisse, le récit agrémenté par des témoignages, des informations inédites, des dates, des faits qui se sont produits à Sétif,Alger, Paris, Lyon est digne d’intérêt car il est agréable à lire. Authentique autoportrait de nombreuses générations, «Récits de miel et de sang» devrait occuper une place de choix dans nos bibliothèques. Car il plonge le lecteur dans ses souvenirs lointains, lui raconte ses joies, ses peines.

Il lui rappelle ses pitreries, les cours de Mme de Rosalie, les passages chez le Dr Aouizrat, les interminables matchs de football ainsi que les virées au cinéma. En manque de repères, l’ouvrage est une excellente boussole pour nos jeunes qui ne devront pas rater une telle opportunité pour jeter un regard sur le socle de leur existence.

Et pour mieux apprécier ce récit romanesque n’ayant malheureusement pas bénéficié d’une large couverture médiatique, il va falloir jeter un coup d’œil sur la belle histoire d’amour de Makhouf et Ourida, retenir la leçon de Da Kaci, braquer les projecteurs sur le déporté de la nouvelle Calédonie, revisiter la colline de Faïza, faire connaissance avec le destin d’Amar dit Charlot, s’engouffrer dans les non-dits du pathétique chapitre de la terre natale….



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