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Publication. Loin de Darna d’Amer Aït Saadi : Un recueil de poésie bouleversant

31 mars 2020 à 9 h 28 min

Ancien journaliste, auteur et militant des droits de l’homme et de la cause berbère depuis l’âge de 15 ans, Amer Aït Saadi a consacré sa vie pour son pays. Exilé pendant 10 ans en France, il nous ouvre aujourd’hui son cœur pour nous parler de ses blessures et de ses souffrances à travers une douce mélodie poétique.

Paru aux éditions Enag, ce petit récit poétique de 130 pages est d’une force saisissante. Composé de deux parties, Loin de Darna suivi de Cendres mon carnet d’exil, l’ouvrage marque l’existence de l’auteur en deux volets.

En effet, la première partie ayant pour titre Loin de Darna, a pour thème la Numidie. Une des plus anciennes civilisations du monde qui s’étend du Maghreb à la Libye jusqu’au nord du Sahara. Ici, la Numidie est utilisée comme une métaphore pour le travail d’écriture de l’auteur. Un symbole afin de donner un nouveau visage, une nouvelle existence pour l’Algérie d’aujourd’hui. «J’ai associé la Numidie à l’actualité, mais surtout à ce que j’ai enduré en tant qu’Algérien, sans oublier mes compatriotes.

Numidie est pour moi un argument, et en même temps une sorte de personnage qui résume le réveil algérien. Comme le hirak actuellement», explique l’auteur. Loin de Darna a été écrit au fur et à mesure pendant une quinzaine d’années avant l’exil de l’auteur. «J’ai commencé cette partie en 1980 jusqu’à ce qu’on m’ait obligé de quitter l’Algérie, en 1995», confie Amer Aït Saadi.

En effet, Amer a été interpellé plusieurs fois par la police pour ses écrits, mais aussi en raison de sa position de meneur de plusieurs grèves et marches, notamment lors de l’assassinat de l’activiste, Kamel Amzal, en 1982. A la lecture de l’ouvrage, c’est un discours soliloque d’un homme hanté par son passé que nous pouvons ressentir.

Ses inspirations ne sont autres que Mohamed Dib, Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Malek Haddad ou encore Kateb Yacine. Ce dernier, et même bien plus qu’une influence. Car il est également présent par ses mots. «Ces auteurs ne m’ont pas seulement influencé. Selon moi c’est une continuité, car la lutte est la même où chacun décrit son combat à travers ses propres mots et langages», poursuit-il.

Renaître de ses cendres

Pour ce qui est de la deuxième partie de l’ouvrage intitulé « Cendres mon carnet d’exil, elle constitue la partie sombre d’Amer Aït Saadi. Elle a été écrite à partir de 1998 juste après le début de son exil. «Cendres mon carnet d’exil, c’est ce qui est resté de moi. Ce sont les cendres, car j’ai été brûlé. Et aujourd’hui, j’ai semé ces cendres en mots», ajoute-t-il. Ce récit poétique est réalisé pour ouvrir une nouvelle page afin d’enterrer cette souffrance si longtemps consumée.

En ce qui concerne le titre de l’ouvrage, il a une double référence. En regardant la toponymie des mots Loin de Darna, c’est loin de ma maison en arabe dialectal, mais c’est aussi le nom donné à son village, en Kabylie. Par ailleurs, les deux illustrations faites en couvertures sont réalisées par Amer lui-même. L’une d’elle représente son autoportrait. Il ne faut pas oublier qu’Amer est également un artiste peintre confirmé. Toutefois, la peinture n’est pas sa seule passion, il fait aussi dans la réparation électronique, ainsi que dans l’humanitaire.

En effet, il aide des gens ayant des difficultés en langue française dans la préparation de leurs lettres et de tout type de demande. Ses projets aujourd’hui sont de reprendre sa plume et de parler d’Algérie et de la Kabylie.

Son prochain ouvrage portera sur la vie et les textes d’un grand poète kabyle tombé dans l’oubli qui n’est autre que Cheikh Yahia Aït Rachid. En parallèle, il prépare d’autres écrits sur d’autres thèmes.

 

 

Bio-Express

Né en 1964 dans le village de Darna en haute Kabylie. Amer Ait Sadi a fait des études artistiques à l’Ecole des beaux-arts d’Alger option peinture puis à l’Institut des arts dramatiques et de chorégraphie d’Alger spécialité scénographie. A son actif depuis 1980 jusqu’au 1995 plusieurs expositions à Alger, à Oran, Tizi Ouzou ainsi que dans quelques villages de Kabylie, notamment au centre culturel Abane Ramdane, la galerie Racim ou encore à la maison de la culture de Tizi Ouzou. Il a même organisé plusieurs petites performances artistiques d’une journée afin de découvrir de nouveaux talents. Militant des droits de l’homme et de la cause berbère depuis l’âge de 15 ans. Amer Aït Saadi a un long passé de journaliste. A 18 ans seulement, il a été reconnu comme journaliste et c’est dans la rubrique culturelle de journal arabophone El Chaâb qu’il a commencé sa carrière. Il a également écrit dans El Asr, El Watan, El Massa,Parcours Maghrébins, Le Matin, La Nation. Il rencontre des écrivains de renom tels que Kateb Yacine, Mouloud Mammeri, Tahar Djaout, Bernard Noël et de grands peintres tels qu’Issiakhem. Depuis 1995, il vit en France et continue d’exposer ses œuvres. Il a exposé à Massy au Centre International des étudiants de la CIMADE, à Paris 20e. En 1993, il est publié par le De BleuL et Le Noroit dans une anthologie de la jeune poésie algérienne Effraction signée par Nabil Farés.



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