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Publication. Cheikh Sidi Lakhar Benkhelouf de Abdelkader Bendameche : Poète populaire algérien du XVIe siècle

20 septembre 2020 à 10 h 40 min

Éditée aux éditions algériennes ENAG, Cheikh Sidi Lakhdar Benkhelouf, prince des poètes du melhoun, est une œuvre majeure.

Cette dernière se décline sous la forme de trois volumineux tomes, égrenés sur un total de 1200 pages. Avec la plume aérée qu’on lui connaît, le directeur de l’Agence nationale pour le rayonnement culturel, Abdelkader Bendamèche rend un hommage appuyé à cette illustre figure de la poésie arabe.

En effet, à travers une recherche poussée, l’auteur de  Sidi Lakhdar Benkhelouf, prince des poètes du melhoun  revient sur la personnalité et l’œuvre de ce poète d’exception du XVIe siècle.

Ce dernier continue, encore aujourd’hui, de conquérir les âmes et les esprits de par le legs inestimable laissé derrière lui. Dans la préface, l’écrivain et journaliste Amar Belkodja considère que Sidi Lakhdar Benkhelouf est le plus prolifique d’entre nous, «car en vérité, ni dans le Maghreb ni dans le Machreq, il n’existe de poète de la stature de Sidi Lakhdar Benkhelouf, un père dont les louanges au Prophète Mohamed (QSSSL) sont d’une intensité que personne n’osera lui disputer…

En nous livrant les contours de Sidi Lakhdar Benkhelouf, l’auteur Abdelkader Bendemache, énarque de formation, passionné par le monde merveilleux de la culture populaire et attaché inconditionnellement à la poésie du genre melhoun, nous dit aussi d’une façon très compréhensive toute l’importance de cet immense personnage culturel que l’histoire n’a pas encore correctement mis en valeur.

Voici un travail qui s’inscrit comme une précieuse contribution à la connaissance de la vie et de l’œuvre du prince des poètes, doublé d’un grand résistant contre les invasions hispaniques du XVIe siècle».

Le premier tome en question s’ouvre sur la biographie complète du pionnier du melhoun algérien, cheikh Sidi Lakhdar Benkhlouf, traduite en langue nationale par El Hadj Bouferma. Le barde est originaire de la région du Dahra, région de montagnes et de plaines, entre Cherchell et l’embouchure du Chéliff. Sa date de naissance pourrait être située vers l’année 1490, c’est du moins ce qu’indique Abdelakder Bendamèche.

Il fréquente l’école coranique sous la houlette de son maître, M’hamed Lakehal. Celui-ci décèle un don inné chez ce jeune élève à la mémoire phénoménale. Preuve en est : il mémorisait une sourate après l’avoir lue qu’une seule fois. Ses oncles paternels lui font connaître les sourates du Saint Coran. L’enfant poursuit l’enseignement coranique au cycle secondaire. Cheikh Sidi Lakhdar Benkhelouf n’aimait pas revenir sur son parcours de sa naissance jusqu’à l’âge de 40 ans. «J’ai vécu cent vingt-cinq années et six mois dont quarante années passées dans les mirages, et le reste dans les louanges au Prophète Mohamed QSSSL» extrait de la poésie intitulée El Ouafet ou El Ouaciya.

Le 26 août 1558, 12 dhou el qaâda 965 de l’hégire marquera le prince du melhoun, coïncidant à sa participation à la bataille de Mazagran contre les Espagnols dirigés par le Comte d’Alcaudète, gouverneur d’Oran. Celui-ci mourra au cours de ladite bataille. Sidi Lakhdar Benkhlouf immortalisera, d’ailleurs, toutes les séquences de cette glorieuse bataille dans la célèbre qacida intitulée Qesset Mezeghrène.

Le XVIe siècle s’est caractérisé par l’émergence d’une forme de poésie populaire qu’est le «chiîr el melhoun» initiée par Sidi Lakhdar Benkhlouf. «Cette forme de poésie narrative, descriptive, comparative ou panégyrique s’inspire de la littérature arabe de la période anté-islamique avec dhou El Isba El Adouani, rendu célèbre pour les incursions et les combats auxquels il prenait part.

L’analyse du texte de Benkhlouf laisse apparaître un niveau de spiritualité très important, il le doit surtout au premier grand voyage qu’il effectuera à Tlemcen en pèlerinage sur la tombe de Sidi Boumediène El Ghouti ; là, il s’imprégna du mouvement religieux et mystique existant à cette époque et obtient du qotb Sidi Boumediène la Amana (agrément béni), qu’il avait tant attendue», souligne Abdelkader Bendamèche. Sidi Lakhdar Benkhlouf a été également un brillant historien et sociologue du XVIe siècle.

Il est vénéré et visité quotidiennement par des admirateurs venant de l’ensemble du territoire national. Un festival annuel a même été créé en mai 1982 en hommage à sa personne autour de son mausolée situé sur les hauteurs de la ville. Un festival, rappelons-le, qui a été institutionnalisé par le ministère de la Culture en novembre 2012. Sidi

Lakhdar Benkhlouf s’est éteint à l’âge de 125 ans, en 1635. Il repose au mausolée qui porte son nom dans une localité près de Mostaganem.
Il laissa une fille et quatre garçons. Si le premier tome est scindé en deux parties distinctes, qui se donne à lire en langue française et en arabe, les deux autres tomes sont présentés uniquement en langue arabe, où l’on retrouve un beau corpus de 167 poésies. Un choix raisonnable, d’autant plus qu’il est difficile de traduire de l’arabe au français la belle poésie du barde Sidi Lakhdar Benkhelouf.

Nacima Chabani

 

Abdelkader Bendamèche Cheikh Sidi Lakhdar Benkhelouf, prince des poètes du melhoun
Edition Enag. 2e trimestre 2019
Prix public : 1000 DA le tome

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