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Projets d’annexe de l’IRFM d’Oran et de deux salles de cinéma : Complètement à l’arrêt

17 octobre 2020 à 10 h 26 min

Lors de la rencontre wali-mouvement associatif, cette semaine, les offres de service des louangeurs et les doléances des quémandeurs ont donné une piteuse image de ce qui est appelé société civile. Sur près d’une quarantaine d’interventions des 256 associations de la wilaya, moins de leur dixième était d’intérêt public. Hormis le projet d’annexe de l’Institut régional de la formation musicale d’Oran mis sous le boisseau ainsi que le secteur de la culture lui même. Qu’en est-il au juste ?

Le projet d’ouverture d’une annexe de l’IRFM est une recommandation dégagée à l’issue de la dernière édition du concours régional de la trompette organisé les 8 et 9 décembre 2018.

Il s’est imposé de façon à suppléer l’absence d’un conservatoire dans une wilaya où abondent les talents musicaux, la trompette étant l’apanage de Témouchent, cette dernière ayant d’ailleurs donné Messaoud Bellemou, le père du raï moderne. Mais où on s’y forme sur le tas avec toutes les lacunes que comporte l’apprentissage en autodidacte. Samir Kacemi, musicien, en donne un exemple frappant : «Pour pouvoir jouer, nos trompettistes diminuent la rallonge de la trompette en la sciant. Or celle-ci permet de jouer toute l’étendue de la gamme musicale.

De la sorte, le chanteur qu’ils accompagnent ne peut donner de la voix qu’en fonction de l’instrument atrophié alors que la règle dispose que c’est à l’instrumentiste de se mettre au diapason du chanteur.» Il n’était pas donc étonnant que les Témouchentois, qui constituaient le tiers de la trentaine de candidats pour le titre de la meilleure trompette au dernier concours, aient vu le premier prix leur échapper pour la deuxième année consécutive de la manifestation.

Pis encore, cette fois-ci, même les deux autres prix leur ont été ravis, eux qui étaient habitués à en rafler l’essentiel depuis plus de deux décennies. Le jugement des spécialistes est alors sans appel : Les Témouchentois ont dormi sur leurs lauriers alors que leurs concurrents des autres wilayas (Tlemcen, Mostaganem, Relizane, Sidi Bel Abbès et Oran) ont progressé grâce à une formation académique au sein des conservatoires comme des annexes de l’IRFM d’Oran qui y ont été ouverts ces dernières années.

D’où la recommandation d’ouverture d’une annexe de l’IRFM. «Bien entendu, il s’agira de former des musiciens dans les divers instruments, pas que des trompettistes. Certains pour un cursus de six années sont destinés à être des professionnels et d’autres pour trois années en tant qu’amateurs.

Ces derniers auront également un diplôme qui peut leur permettre d’occuper la fonction d’animateur. Tenez, à chaque année que la Maison de la Culture est dotée d’un poste d’animateur, il ne trouve pas d’occupant faute d’un candidat au profil adéquat», explique-t-on.

Un autre argument est avancé en faveur de l’ouverture d’une annexe. C’est l’existence d’espaces inexploités au sein du complexe culturel adossé à la Maison de la culture depuis que cette dernière s’est repliée dans ses espaces primitifs dont des travaux de réaménagement ont relevé le standing depuis 2016.

A cet égard, il n’est pas sans intérêt de revenir sur l’existence d’une Maison de la culture et d’un complexe culturel mitoyens, une étrangeté qui passe pour banale alors qu’elle est l’expression d’une gestion hasardeuse du secteur de la Culture. En effet, fin des années 1990, un wali a décidé de transformer en Maison de la culture des hangars d’une entreprise publique locale en liquidation. Il obtient des crédits pour les habiller et les restructurer. Le tout est livré en mars 2001, sauf qu’à la longue, le volontarisme s’est révélé non payant.

La Maison de la culture n’est pas du tout fonctionnelle. Parmi les désagréments, l’hiver, elle est glaciale et lorsqu’il pleut, le bruit sur la tôle est d’enfer. Par contre, l’été, elle est surchauffée au point qu’on la fuit. Quant à la distribution des espaces, ils ont obéit à la logique des besoins mais de ce qu’on pouvait faire de l’existant. Pour ce qui de la salle de spectacle, le seul espace construit de neuf, elle souffre de graves vices de conception et de construction.

Le successeur du chef de l’exécutif de wilaya, profitant de l’embellie financière des années 2000, obtient la réalisation d’une Maison de la culture en bonne et due forme. Mais comme le ministère des Finances ne peut accepter l’inscription de ce projet, puisque sur papier la wilaya dispose déjà d’une Maison de la culture, il le lui est soumis sous la dénomination de Complexe culturel, bien que ce type d’infrastructure n’existe pas dans la nomenclature des espaces culturels.

A l’époque, avec Khalida Messaoudi, il était permis de penser qu’elle réussirait à régulariser la situation par la suite. Mais rien ne suivra. Le complexe est réalisé mais sans un statut juridique qui lui permette de disposer d’un budget de fonctionnement. Il a vécu sur celui de la Maison de la culture. Or, ce dernier, du fait de la crise financière, a fondu de moitié.

La conversion de ce complexe en annexe de l’IRFM constitue la seule solution pour le sauvegarder, d’autant qu’il a besoin de travaux d’entretien, voire d’une réfection pour des vices de construction. Dans l’affaire, l’IRFM disposerait de quinze salles pour les répétitions, d’une salle de 140 places, d’une structure d’hébergement de 30 lits et d’une cafétéria.

Dans l’affaire, la Maison de la culture mettrait, selon nos interlocuteurs, à sa disposition un équipement complet en instruments de musique pour un orchestre dont un piano à queue et un piano droit. La wilaya sollicitée avait donné son accord mais sans passer à l’acte. Apparemment, elle est brouillée avec le secteur de la Culture. Ainsi, elle l’a mis inexplicablement sous le boisseau, comme en témoigne la situation des deux projets de salle de cinéma.

Le chantier de Fellaoucène est à l’arrêt depuis plusieurs années, alors qu’il suffisait d’attribuer, à titre exceptionnel, un logement social à l’occupant situé au-dessus de la salle, les travaux ne pouvant continuer sans la consolidation de la structure du bâtiment.

Une instruction en ce sens a pourtant été donnée par le wali mais non suivie d’exécution. Par ailleurs, le wali accorde incompréhensiblement sa délégation de signature à un autre membre de l’exécutif de wilaya qu’au directeur de la Culture, ce qui fait échapper à ce dernier le suivi des travaux de la salle Soummam. Cette situation entraîne ainsi un retard tel que des salles dont les crédits ont été débloqués au profit d’autres wilayas au même moment sont fonctionnelles alors que la Soummam attend l’achat de ses équipements de projection.

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