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Colloque international portant sur «Les pratiques sportives traditionnelles et le tourisme culturel durable»

Préservation des jeux par des inventaires régionaux 

12 janvier 2019 à 9 h 46 min

Cette rencontre internationale se veut être collective et surtout pluridisciplinaire, exhibant l’art dans toute sa dimension éclectique, patrimoniale, sociétale, anthropologique, traditionnelle et artistique.

Parmi  les  communications ayant ponctué le colloque international portant sur les pratiques traditionnelles et tourisme culturel durable figure celle du Pr Bertrand During portant sur le thème «Figures des jeux, identités et cultures». Dans une approche anthropologique, il détaillera cette  praxéologie.

A titre d’exemple, il citera le grand linguiste Ferdinand de Saussure. Entre logique interne et externe, les aspects positifs et négatifs. Pourquoi certains jeux illustrent certaines valeurs ? Avec des données et  autres critères. Le milieu naturel certain et incertain par opposition au milieu ambiant avéré.

L’athlète grec et ses combats (courses à pied, à cheval, en char, tir à l’arc, lutte, pugilat dont certaines  épreuves  sont rythmées par le son d’une flûte). D’où  le modèle olympique. Ou bien  le soldat dit «laboureur» (ludus-ludi).

Les défilés et les démonstrations sur le Champ-de-Mars, jeux de cirque (spectacle cruel) devant la plèbe. Le gentil compagnon (jocular) en 1751 dans l’encyclopédie synonyme de «canaille». Ou encore  ce tableau pictural de bataille de boule de neige.

Le citoyen discipline(gymnastique). L’exercice imposé (olympique, dans l’histoire, en 1936, le pouvoir totalitaire nazi). L’homme contemporain et les Sports (le dopage, les scandales financiers…). «Le projet de Coubertin était dans l’excellence, plus haut, plus fort, magnifiant l’athlète. Au niveau des écueils, l’athlète se prend pour un ‘dieu’. Le sport, ce n’est pas un acte guerrier, belliqueux. C’est une union entre l’effort moteur et la culture.

Donc, on change le monde. Le jeu est révélateur de la société.» Le Pr Ahmed Torki présentera une communication portant sur «Les jeux traditionnels algériens, richesse d’un patrimoine». «L’Algérie est une mosaïque sociologique diverse. Les Berbérophones et les arabophones.

Il s’agit de faire l’inventaire de cette praxéologie motrice, ludique, historique et patrimoniale dans le milieu environnant. Dans l’Encyclopédie berbère figure un nombre de l’ordre de 27 sur un total de 261 jeux recensés, une vingtaine de jeux dans la région chaouie…

Un autre travail dans la région est en cours  à Tlemcen, Oran et Alger. Les jeux traditionnels à travers une vue d’ensemble sont estimés à 193 jeux.

Les jeux sont centrés sur les rapports sociaux, notamment l’entraide dans un espace immédiat. 50% des jeux sont en présence d’adversaires. L’espace de vie est domestique, une aire sans incertitude…» Une étude d’Ahmed Torki, très révélatrice et opérant une rupture.

Car ce n’est pas subjectif,  se basant sur la  réalité du terrain. La conférence du Pr Abderrahmane Ayoub portera sur «Le sig, jeu  spécifique des femmes de l’île de Djerba (Tunisie)». il s’agit d’en étudier la sémiologie, la polysémie,  la grammaire, la division, les croyances et les  rituels.

Ce jeu est  exclusivement féminin où on met sa bague en gage. Selon la structure du conte avec ses adjuvants et ses opposants. «Il y a un consensus autour de ce jeu long, interminable, se prolongeant plusieurs jours, qui a  complètement disparu. Les femmes amorcent une rupture dans la cellule familiale  ludiquement…» Mme Habiba Kharchi communiquera quant à elle sur le  «Recensement des jeux physiques  traditionnels dans la région de Sétif : essai d’analyse et perspectives pédagogiques».

«C’est à partir d’une recherche issue des romans de Rachid Boudjedra ou Boudieu recelant des extraits sur le jeu en Algérie.» «J’ai dû répertorier une cinquantaine de jeux dans la région de Sétif.

Notamment la ‘kora’ (la balle) en guise de palet. Un jeu saisonnier, une sorte de «hockey» traditionnel avec  le  «kaous» (la crosse). Un autre jeu féminin ‘ana Mhoum’ (moi, la maman). Un jeu de rôle familial. Il existe  aussi des jeux occasionnels… Il faut prévoir un manuel des jeux. Sauver les jeux traditionnels…»

Le Dr Karim Ouaras, chercheur à l’université d’Oran, CEMA et au CRASC, vulgarisera un thème portant  sur «La nécessité d’interroger les pratiques ludiques traditionnelles en Algérie». «Le ludique fait partie du tissu social.

On peut lire la société à travers le jeu. D’ou les inventaires régionaux. Leurs repères sociaux-langagiers. Jadis, le jouet se confectionnait à la main. Par opposition,  les jeux vidéo, leur  chiffre total de consommation est de l’ordre de 100,67 milliards selon Statista (2019).

Le jeu, c’est socialiser, se signifier, partager… Une interaction discursive. Codage et décodage. Le jeu, est une société en miniature. ‘‘Fandja’’ (El Felda), le jeu du moulin dans la ‘‘tadjmaat’’ (agora) où on place ses pions sur schéma, est fait un jeu de société comme jouer  aux échecs… Il faut préserver ces jeux, réconcilier l’Algérie avec son identité, son patrimoine, son héritage…»

 

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