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C’est parce qu’elle a toujours été attachée à la culture targuie que Farida Sellal a créé, en 2003, l’association Sauvons l’imzad.

Pour la sauvegarde de l’instrument musical

03 mai 2016 à 10 h 00 min

Son combat en direction de l’imzad -ce vieil instrument monocorde traditionnel de la musique des Touareg, ces nomades du sahara- a toujours été des plus salvateurs. Les pratiques et savoirs liés à l’imzad ont été, rappelons-le, inscrits sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) en 2013. Farida Sellal revient à la charge, en publiant aux éditions Casbah un beau livre de 336 pages consacré à l’imzad. Cet ouvrage n’est autre que la résultante et la consolidation du travail de préservation de la dynamique association Sauvons l’imzad.

Ce beau livre, à la maquette soignée, à la mise en page élégante et au contenu riche en informations, enthousiasmera, à coup sûr, le lecteur, et ce, dès qu’il feuillettera les premières pages. Richement illustré de nombreuses photographies inédites et de certains documents rares, Imzad raconte l’origine de cet instrument musical en une joyeuse et nostalgique évocation de ces années chaleureuses et créatives… L’imzad  est exclusivement fabriqué pour et par les femmes.

Ces femmes, qui excellent dans l’art de jouer de cet instrument, sont pour la plupart âgées. D’où la remise en cause de la question de la transmission générationnelle.

Dans l’avant-propos, l’auteure, Farida Sellal, souligne qu’elle a choisi d’aborder l’histoire et le vécu de l’imzad pour, justement, tenter, à sa manière, d’illustrer l’idée selon laquelle soutenir cet instrument est l’unique moyen de freiner la course du temps sans pour autant prétendre l’arrêter.

«Rattraper la vie par la photographie, fixer l’immatériel, les attitudes, ces choses infimes qui passent comme une ombre furtive, comme un regard, tel a été mon objectif lorsque j’ai entrepris l’écriture de cet ouvrage. Je me suis  appliquée à écrire et fixer l’image pour ne pas perdre les instantanés des scènes quotidiennes afin de mieux connaître et faire connaître un vécu ancestral que les gens du Sahara ont modelé à leur image», écrit-elle. Dépourvu de chapitres précis, Imzad se donne à lire d’une façon linéaire, avec la sensation d’un voyage initiatique dans les confins de l’histoire.

L’imzad est ressuscité d’une façon magistrale. Cette âme de la culture targuie est considérée par les connaisseurs comme l’enfant du silence et la complainte du désert. Dans un passé récent, l’imzad jouait un rôle prépondérant dans les soirées raffinées, où poètes et chanteurs s’affrontaient «dans de véritables joutes littéraires et musicales».


Si la femme est seule habilitée à jouer de l’imzad, l’homme, pour sa part, se contente de chanter de langoureux poèmes. Dassine Oult Yemma, poétesse targuie du XIXe siècle, la «sultane du désert», appelée également «la plus grande sultane d’amour», car messagère de paix entre les Touareg dissidents, occupe une large place dans l’ouvrage. Sa vie et son œuvre sont revisitées, au grand bonheur des profanes. Farida Sellal revient également en détail sur la conception et l’importance même de l’imzad. Une conception, précise-t-elle, qui obéit à des règles acoustiques et des sonorités recherchées dans chaque région se mariant avec l’environnement.

Ce beau livre

Imzad se targue de contenir de sublimes photos à haute résolution ainsi que quelques poèmes chantés oscillant entre autres sur des thèmes sur l’amour et sur les pâturages. Ce volumineux ouvrage se referme sur des biographies bien élaborées de maîtresses, de poètes et d’artistes ayant eu un rapport particulier avec l’imzad. Il est à noter que Farida Sellal est ingénieur en télécommunications. Elle a exercé son métier durant plusieurs années au sein de l’administration des postes et télécommunications dans le sud du pays. Elle est l’auteure de plusieurs publications, dont, entre autres, Sahara, royaume du silence,  Farès et Assouf N’Ténéré.
 

Farida Sellal, Imzad, 336 pages.Edition Casbah, mars 2016.


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