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Planète Ahmed Malek au Mama : Réflexions et témoignages autour du musicien

25 juin 2019 à 10 h 00 min

Le musicien et compositeur algérien, Ahmed Malek, est quelque peu oublié, aujourd’hui, de la culture algérienne, alors qu’il a signé une série de bandes de sons cinématographiques célèbres dans les années 1970 et 1980.

Qui d’entre nous ne connaît pas les refrains de musique de certains films mythiques, dont, entre autres, Les vacances de l’inspecteur Tahar, de Moussa Haddad, Omar Guetlato, de Merzak Allouache, ou Leïla et les autres, de Sid Ali Mazif ?

Des bandes sons au génie créatif qui reviennent au musicien algérien Ahmed Malek, décédé en 2008 à Alger, à l’âge de 76 ans. Avant d’étrenner l’exposition «Planète Malek, une première rétrospective», samedi dernier, au Musée public national d’art moderne et contemporain (MaMa), une table ronde portant sur «L’héritage Ahmed Malek», a été modérée par Amina Haddad.

Prenant la parole le premier, le réalisateur, Sid Ali Mazif, est revenu sur sa collaboration avec le musicien et le compositeur Ahmed Malek, lequel a signé la musique de son troisième film, Leïla et les autres, réalisé en 1977. Sid Ali Mazif rappelle que la composition de la musique d’un film n’était pas importante pour les responsables de l’époque.

On considérait, plutôt, que c’était secondaire. «Pour mon troisième film, dit-il, j’ai eu la chance de trouver Malek qui m’a beaucoup aidé et avec lequel nous avons collaboré ensemble longtemps. Quand il a vu le film sur la table de montage, il a pris tous les passages que je lui avais indiqués et a composé tout seul toute la musique du film. Il faut dire qu’il jouait de tous les instruments. Il m’a ramené la cassette sans faire appel à aucun musicien.

C’était une expérience assez extraordinaire que je n’oublierai jamais. C’était un homme affable, très gentil, soucieux de faire du bon travail. Il avait refait plusieurs fois la musique que je lui avais demandée et jamais il ne se plaignait des difficultés rencontrées». Succédant à Sid Ali Mazif, le cinéaste Djamel Bendeddouche avoue qu’il est le seul à ne pas avoir personnellement collaboré avec Ahmed Malek.

Il a connu le défunt musicien à la Télévision algérienne, car ce dernier faisait partie de l’orchestre de la Télévision algérienne. Il affirme qu’il était hors de question, pour les décideurs de l’époque, de faire des musiques de films à la télévision. Il n’y avait pas cette possibilité de payer des gens pour accompagner des films.

«On se contentait, explique-t-il, de placer les musiques qu’on prenait ici et là qu’on intégrait dans les séquences de films. Je parle de la télévision. Ce n’était pas le cas pour les cinéastes de l’Oncic». Djamel Bendeddouche a bien connu Ahmed Malek, car il lui arrivait souvent de filmer son orchestre en direct.

«Je le voyais très souvent avec son accordéon ou sa flûte traversière. Il a fait beaucoup de films et travaillé avec beaucoup de cinéastes, sauf qu’à l’époque, il n’y avait pas beaucoup de musiciens. Mais j’ai connu un autre, bien avant lui, qui était Mohamed Iguerbouchène, qui a beaucoup accompagné les films de cinéastes de télévisions françaises et cela avant l’indépendance de l’Algérie. Malek avait beaucoup de talent. C’est bien qu’il ait développé son talent à travers certains films de références», témoigne-t-il.

Pour sa part, le réalisateur Merzak Allouache indique qu’il a travaillé avec Ahmed Malek dans une période particulière, à savoir sous le règne du parti unique du FLN. Il existait durant cette période un office du cinéma avec des règles de travail très précises, telles qu’un métrage de pellicule précis, des jours de montages un budget précis.

«C’est là, dit-il, qu’intervient Mohamed Malek, qui est finalement le musicien de tous les films durant cette période. A part les cinéastes, Lakhdar Hamina et Ahmed Rachedi, qui avaient le droit d’aller mettre de la musique sur leur films en France, nous, nous étions avec Malek. Alger ne ressemblait pas à Alger de maintenant.

Nous vivions regroupés. Nous avions un lieu où nous tournions tous pour préparer nos films. Ce lieu existe toujours, près du cinéma l’Afrique. Quand on arrivait à la post-production de nos films, Ahmed Malek apparaissait. Nous étions là en train de discuter de nos films. Le problème qui se posait, effectivement, c’est qu’il n’y avait pas d’autres choix. Il n’y avait que Malek. On s’entendait très bien.

Au moment du montage, il arrivait. On lui montrait les extraits de notre film, on discutait et puis j’allais chez lui pour écouter un thème qu’il avait composé. Il y avait tout ce travail de placement avec lui de sa musique sur le film. Je me rappelle que pour mon film  Omar Guetlato, il m’avait fait écouter le thème sur un instrument.

Je ne sais plus de quel instrument il avait joué. En tout, j’ai travaillé avec lui trois fois». Abondant dans le même sens, le réalisateur et monteur, Rachid Benallal, a eu, lui aussi, l’opportunité de travailler avec Ahmed Malek.

D’emblée, il note qu’il est impératif de réhabiliter, aujourd’hui, une fonction qui est méconnue, celle de compositeur de musique, même si on prétend que c’est un métier de l’ombre. «Je pense, soutient-il, qu’il faut mettre ce métier en avant. C’est celui de la phase montage qui est lié directement, à l’illustration sonore d’un film.

Bien qu’étant voisin et ami dans la vie, la première expérience professionnelle entre les deux hommes coïncide avec l’incontournable long métrage Les vacances de l’inspecteur Tahar». «Malek était un voisin de quartier au Golf et un ami. Nous rendions visite très souvent. J’ai fait énormément de films avec lui. A l’’époque le salaire n’était pas conséquent pour payer un musicien. Malek savait quelque part que quand le film serait distribué, il aurait une quote part au niveau des droits d’auteurs.

Je dirais que Malek jouait de tous les instruments musicaux. Il était rigoureux dans le travail et respectait le timing», déclare-t-il avec beaucoup d’émotion.

Se voulant plus explicite dans l’approche musicale de tout compositeur, Safy Boutela est convaincu que le cinéma ne peut pas se passer de musique.

«C’est un mélange savant qui demande une très grande intelligence de situation, entre le réalisateur, son film et le compositeur. Une des meilleures façons d’aborder ce métier, c’est, entre autres, de discuter le plus possible avec le réalisateur et de regarder aussi les images et le montage», analyse t-il. Nacima Chabani

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