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samedi, 30 mai, 2020
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Oran : Les artistes anonymes, autres victimes collatérales de la pandémie

23 mai 2020 à 9 h 20 min

Ils sont nombreux à avoir comme métier celui d’animer la vie artistique à Oran contribuant par la même occasion à la renommée d’une ville réputée vivante mais que la pandémie du coronavirus a réduit au silence.

La période est particulièrement difficile pour ceux qui n’ont d’autres sources de revenus que celles liées aux prestations qu’ils assurent en majorité durant la saison estivale où en d’autres occasions comme les soirées du Ramadhan. «Le monde du spectacle est à l’arrêt et les artistes en souffrent», indique Sameh Abdi à la tête de l’Association des poètes et des artistes de la wilaya d’Oran. «Nous recevons beaucoup d’appels de gens inquiets, d’autres carrément en détresse au point de sacrifier les bijoux de la famille, un moyen permettant de parer au plus urgent en attendant des jours meilleurs», ajoute ce cadre du Mouvement associatif, qui compatit face à la situation mais qui précise que l’organisation qu’elle représente n’est pas une association caritative et que les moyens dont elle dispose sont très limités.

Sameh Abdi, qui met parfois la main à la poche pour aider les plus nécessiteux, n’oublie pas les paroliers, ces artistes de l’ombre, en évoquant les cas de Yahiaoui qui a écrit pour cheb Khaled à l’époque où celui-ci vivait encore à Oran ou Kader qui a travaillé avec cheb Hasni, des cas qui méritent, selon elle, que quelqu’un s’y penche.

L’ONDA a consenti un effort en attribuant des aides aux détenteurs de carte. «Je n’ai même pas cette carte de l’ONDA et donc je n’ouvre pas droit à l’indemnité», se désole cheb Mohamed Sghir, avouant y avoir pensé, que cela fait des années qu’il aurait dû présenter son dossier mais qu’il ne l’a pas encore fait : «Comme dit le proverbe : un métier qui ne t’enrichit pas mais te fait au moins vivre. Et, effectivement, je m’en sortais avec les galas, les fêtes de mariage, les prestations dans les boîtes de nuit, etc., mais là, nous faisons face à une situation vraiment inédite.»

Il reste heureusement les réflexes de solidarité et le chanteur peut encore compter sur sa famille et quelques- uns de ses amis pour surmonter cette crise. La crise est également vécue par la chanteuse Nouria qui attend l’indemnité de l’ONDA pour faire face aux dépenses.

«Je suis responsable d’une famille de 7 personnes et c’est pour cela que j’ai appelé moi-même à Alger pour voir où en sont les choses, sachant que la direction régionale de l’ONDA m’a confirmé que mon nom figure bien sur la liste des inscrits à l’office et qui a été envoyée à la centrale.» Cheba Nouria est dans la chanson depuis l’âge de 16 ans.

Elle en a 55 aujourd’hui. «Pas de galas, pas de cérémonies de mariage, il ne me reste qu’à vendre mes bijoux pour survivre, car tout est annulé et rien n’est prévu», s’inquiète-t-elle.

D’autres chanteurs, pourtant relativement connus, s’en sortent plutôt bien, car ils assurent d’autres fonctions rémunératrices leur permettant d’avoir des revenus plus ou moins stables, parfois en dehors du domaine artistique. Alilou Naoui est un musicien parmi les plus anciens encore en activité à Oran. «Pour le moment je n’ai pas à me plaindre, car je gère un studio d’enregistrement et j’ai des créations déposées à l’ONDA sur lesquels je dois toucher des droits», indique-t-il déplorant juste que des tournées auxquelles il devait participer cet été ont dû être annulées à cause de la pandémie. Un manque à gagner qui ne remet pas en question, pour le moment, les équilibres financiers de son ménage.

Ce n’est pas le cas pour ceux qui vivent exclusivement de leur talent d’artiste.



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