Nourredine Chegrane, signe de beau ton | El Watan
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Après une fermeture de deux ans, la galerie d’art Mohamed Racim a rouvert ses portes, au grand dam des esthètes, avec une imposante exposition de peinture signée par l’artiste et plasticien Nourredine Chegrane.

Nourredine Chegrane, signe de beau ton

04 mai 2017 à 12 h 00 min

Fraîchement retapée, la doyenne des galeries d’art algériennes, Mohamed Racim, qui a vu défiler par le passé des figures de proue de la peinture algérienne, se redéploie sur la scène artistique à travers un programme des plus ambitieux. Si, antérieurement, cette galerie d’art était sous l’égide de l’UNAC, aujourd’hui c’est la wilaya d’Alger qui s’occupe de la gestion de cet espace dédié aux arts plastiques. Ainsi, l’artiste et plasticien Nourredine Chegrane a étrenné la série d’expositions qui s’étalera dans le temps avec sa toute dernière collection de peinture intitulée «Le chant des signes», en référence à l’école du signe.

Une collection de tableaux qui se targue de convoquer le signe et la couleur. Adepte invétéré du «Aouchem», l’artiste peintre se plaît depuis plus de quarante ans à idéaliser le signe – l’un des vecteurs de notre identité nationale – et à le décliner sous toutes ses formes. Les cimaises de la toute nouvelle galerie sont ornées d’une soixantaine d’œuvres aux dimensions variées. Le regard est ébahi par cette profusion de formes et de couleurs chatoyantes.

L’espace est agencé avec une scénographie bien étudiée. Un labyrinthe spécifique se donne à suivre tout au long de la visite : façon singulière de suivre la progression artistique de ce plasticien hors du commun qui n’a plus rien à prouver, aujourd’hui, tant sa réputation est reconnue aussi bien en Algérie qu’à l’étranger. Les grandes œuvres ploient avec les petits encadrements aux formes géométriques diverses.

Certains piliers sont même tapissés de tentures de 1,40 m sur 3 m. D’autres grands pans de murs sont habillés par une série de tableaux de forme circulaire, «les tondis». Nourredine Chegrane confie que c’est la deuxième fois qu’il s’essaye à la technique du tando (les tondis au pluriel). Le tondo est un profil, généralement sculpté en faible relief, mais qui peut aussi être peint, réalisé sur un support de format rond ou à l’intérieur d’un disque.

Les tondis ont été créés depuis l’Antiquité, mais c’est durant la Renaissance qu’ils ont connu leur apogée, en vogue auprès des peintres italiens. A travers cette série de tondis, Chegrane relate la trajectoire du signe. Il confie que ce n’est pas difficile de travailler sur ce support qui est fait de toile qu’il faut tendre. «Sur le plan travail, c’est le même sur le plan carré ou autre. J’ai d’autres ambitions, c’est de travailler sur du relief», dit-il. Comme dans chacune de ses expositions, la femme algérienne occupe une place de choix.

En effet, cette gardienne des us et des traditions se dresse, sapée d’une élégante tenue traditionnelle, avec bijoux – truffée de signes et de symboles – avec cette beauté ineffable qui ne la quitte, pour ainsi dire, jamais. Cette femme au sourire radieux et à la gestuelle raffinée est toujours rehaussée par une rose ou encore une colombe, symbolisant la paix. Le graphisme est complété par un œil inquisiteur.

Dans cet espace de conviviabilité dans lequel la femme évolue, l’artiste a essayé de donner une petite image méditerranéenne en ajoutant un surplus d’acrylique en tube, donnant cet aspect de relief. Dans le tableau intitulé «Composition au tapis» est mise en exergue la composition de la symbolique. L’espace de l’œuvre est envahi par une tapisserie aux couleurs chaudes. «Je fais, dit-il, le mariage de la gestuelle et des mouvements dans le signe avec quelques symboles qui sont là. Parfois, je rattrape avec la peinture. Cela tombe bien avec le Mois du patrimoine».

«Danseuse» est un autre tableau en mouvement. On retrouve, encore une fois, cette gestuelle dans le signe. Nourredine Chegrane explique qu’au départ, il y a un fond qui se fait abstrait, «sur lequel je travaille dessus pour montrer un peu la personnalité et l’esprit qui sont dans le dessin, dans le noir et blanc. Parfois, je donne un peu d’équilibre à travers la couleur. Ce sont des rappels. Il y a encore d’autres couleurs fluorescentes que j’ajoute. Cela donne du brillant, cela égaie le peinture. Le reste, ce sont des petits gestes de pinceau».

Nourreddine Chegrane complète sa collection par des aquarelles en forme de carrés et de triangles avec à la fois un fond d’abstraction et un graphisme de composition. Les œuvres sont saupoudrées par un soupçon de mercurochrome, de Bétadine et de «safran». L’artiste confie qu’il y a une évolution et une réflexion perceptibles dans sa peinture. «Dans ma peinture, il y a plus de repos. Il y a un sourire et une sérénité, il y a la joie et le mouvement.

Les gens se plaisent dans la couleur». Concernant son penchant pour le bleu, l’artiste reconnaît qu’il revendique beaucoup de choses à travers la couleur bleue, notamment la Méditerranée. «Je trouve que le bleu est une couleur spirituelle magique. C’est le ciel, la Méditerranée, la mer. Le bleu demeure unique. Il y a évidemment les autres couleurs, mais parfois je marie les deux gammes». Après cette escale jusqu’au 11 mai au niveau de la galerie Omar Racim, Nourredine Chegrane exposera respectivement à la galerie privée Yasmine et au Palais de la culture.
 


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