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Mimoun Ayer. Écrivain : «L’écriture, une délicieuse catharsis…»

19 janvier 2020 à 9 h 00 min

Auteur de deux romans, Pouvais-je mieux faire ? et Le garçon qui habitait le mur, d’un recueil de nouvelles, L’homme creux, et de trois autres ouvrages en voie de publication, Mimoun Ayer est de ceux qui ont commencé à écrire tard. Goulûment et avec ténacité.

 

Propos recueillis par  Chahredine Berriah

-Vous avez commencé à écrire tard, ou plutôt à publier tard et à profusion… des explications ?

Un peu tard, en effet, pour ce qui est du maniement de la plume ; mais j’espère que c’est pour bien faire ! (Rires).
L’oisiveté du tout nouveau retraité que j’étais et ma fréquentation des réseaux sociaux ont été pour beaucoup dans mon orientation vers l’écriture. Elles m’y ont presque obligé.

Cela va faire, en vérité, une huitaine d’années que je m’essaie à cet art, que je noircis des pages entières à longueur de journée. Pour mon bon plaisir, d’abord, et pour celui du partage, ensuite. C’est d’ailleurs sur encouragement de mes amis virtuels que j’ai franchi le pas de la publication.

Une autobiographie parue en 2017, quatre ans après avoir été achevée. Un roman et un recueil de nouvelles, publiés en octobre 2019 ; ouvrages entamés trois années auparavant. Un peu prolifique, je paraîtrais, c’est vrai, si je devais vous apprendre que je tiens en réserve deux écrits achevés depuis bientôt une année. Bien ficelés et enrubannés pour ces messieurs et dames de l’édition. Un dernier ouvrage, un recueil de nouvelles, est déjà à moitié écrit.

-Vos livres sont une sorte d’exutoire, un miroir de votre vécu… On a l’impression que vous vous racontez dans vos histoires…

S’agissant d’une autobiographie, quant à la première parution, je ne pouvais échapper à l’envie de me découvrir aussi bien aux autres qu’à moi-même. Se redécouvrir, en vérité, sous le plus heureux des jours. Le temps ayant adouci les peines et enjolivé les souvenirs. Mais, pénible et délicieuse catharsis, quand même, que cet exercice.
Me raconter dans les deux derniers ouvrages, non, pas spécialement.

Un peu, peut-être, dans la première nouvelle du recueil. Mais du vécu, ce n’est pas ce qui manque dans mes écrits et pas même enjolivé le plus souvent. Où irais-je donc puiser de quoi habiller mes histoires, leur donner du corps et de jolies rondeurs, si ce n’est dans mon expérience de vie ? Dans la lie qui me reste de mes anciennes lectures, également. Vous mentira l’auteur qui prétend s’en passer.

-De façon générale, qu’est-ce qui fait que les jeunes écrivains ne percent pas malgré leur talent ? Problème de médiatisation, de ségrégation des éditeurs ou du manque de lectorat ?

Je suis un Amazigh muet, parlant essentiellement l’arabe dialectal et écrivant en français. Cela ne m’empêche pas pour autant de lire l’arabe classique et de beaucoup l’apprécier.  Mais lire les jeunes auteurs s’exprimant en français, je n’en ai pas l’occasion. Car pour la plupart, ils publient en France où ils résident. Et puis, à part les dinosaures de mon espèce, combien sont-ils encore ces jeunes d’ici qui savent encore ce qu’est la langue des Gaulois ?

Écrire est une chose ; percer en est une autre. Cela dépend non seulement du talent de chacun des écrivains, mais aussi de la frilosité, somme toute compréhensible, des éditeurs en raison de l’indigence du lectorat. Et de la conjoncture, vaut mieux pas en parler.

«Quand le ventre se rassasie, il demande à la tête de fredonner  !» C’est ainsi que ma défunte mère aurait répondu à votre question.



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