Mémoires d’un insoumis ou le parcours d’un homme ordinaire | El Watan
toggle menu
lundi, 09 décembre, 2019
  • thumbnail of 20191209
  • Massage Tunisie




Rencontre-débat avec l’auteur Mohamed Issiakhem

Mémoires d’un insoumis ou le parcours d’un homme ordinaire

03 décembre 2019 à 9 h 00 min

Dans le cadre de ses rencontres littéraires, la librairie Chiheb International a eu pour hôte de marque, samedi dernier, le militant Mohamed Issiakhem, lequel est revenu sur les grandes lignes de son ouvrage intitulé Mémoires d’un insoumis.

Sorti lors de la tenue du 24e Salon international du livre d’Alger, la narration de l’ouvrage autobiographique Mémoires d’un insoumis s’égrène au fil d’une pagination de 135 pages. Un ouvrage qui, rappelons-le, a été rédigé en collaboration avec l’historien Daho Djerbal. Mohamed Issiakhem est un homme modeste et gentil.

Il réfléchit et pèse ses mots avant de parler. C’est ainsi que s’est présenté à nous – convives de cet après-midi ensoleillée – le militant Mohamed Issiakhem. Mais avant de donner la parole au moudjahid, le professeur d’histoire Daho Djerbal n’a pas tari d’éloges sur cet homme d’exception qui a décidé de consigner un genre de mémoire qui servira aux chercheurs et à la jeunesse algérienne. Daho Djerbal rappelle à l’assistance nombreuse que Mohamed Issiakhem n’est pas seulement un nom.

Les gens se doivent de le connaître. Ce n’était pas un militant affilié à un parti politique ou encore à l’association des oulémas, mais c’était un militant patriotique du quartier populaire de Belcourt. «Mohamed Issiakhem, dit-il, a été un homme normal qui a vécu des événements extraordinaires. Il n’est autre que le reflet de l’engagement de la société algérienne étant donné que l’histoire de la lutte d’indépendance n’est pas seulement celle des organisations officielles. Elle est, par excellence, l’action de personnes anonymes.»

Dans son intervention, le militant Mohamed Issiakhem est revenu avec beaucoup d’émotion et de nostalgie sur son parcours, mais avant il s’est posé la question suivante : où est Alger l’ancienne ? Alger n’est pas un simple nom mais elle est détentrice d’une histoire. Alger était divisée en deux parties. Belcourt, Soustara ; La Casbah, pour nous, c’était cela la capitale. Tout le reste était pour les Français, à savoir les quartiers de la rue Michelet et de la rue de la Lyre.»

L’orateur remonte loin dans le temps en relatant certaines séquences de sa vie et de son parcours. Mohamed Issiakhem – cousin de l’artiste peintre M’hamed Issiakhem – est né à Alger, dans une maison coloniale, à la rue de la Marine. Il confie que son père qui était grossiste de tissus à la rue de la Lyre à Alger avait reçu une mise en demeure d’expropriation.

On lui avait été donné une semaine pour évacuer la maison. Le paternel achète donc, en 1932, une maison, à la rue de l’Alsace, à Belcourt. Le petit Mohamed Issiakhem fréquente l’école indigène Van-Vollenhoven de Belcourt, où son premier camarade de classe est M’hamed Yousfi. Ce dernier a été, par la suite, membre du comité de jeunes de Belcourt avant de rejoindre le PPA.

Mohamed Issiakhem évoque également son ami de cœur Amar Benadouda, lequel est parti faire des études supérieures à Montpellier, en France. Mohamed Issiakhem a connu d’autres personnalités, à l’image de Abbès Torki, Omar Menouar, les frères Mimouni, ou encore Ahmed Mehsas.

Il décide de ne point répondre à l’appel au service militaire sous les drapeaux français, préférant vivre dans l’insoumission. En sa qualité d’administrateur de la société Amal, une rue attenante au Tontonville, et au nom de ladite société, il commande des tenues militaires et des pataugasses, destinés à l’armée nationale. «Toute la marchandise a été remise par mes soins à l’ALN bénévolement et sans rémunération aucune, le tout payé par mes propres deniers», précise-t-il. Il quitte le pays pour la Suisse en 1956, car il est recherché par la gendarmerie et il est la cible de la Main Rouge à Alger.

Il commence ainsi une deuxième série d’aventures «qui le font graviter dans les cercles du FLN et du GPRA de Suisse et d’Allemagne, où là encore il va retrouver les tueurs de la Main Rouge française. Fréquentant les réseaux de fournisseurs d’armes du FLN en Europe, il est immanquablement ciblé par des tentatives de liquidation. Il arrive néanmoins à faire tomber une haute autorité du gouvernement fédéral suisse dans une affaire de collaboration avec les services français de contre-espionnage.

Lié au groupe du GPRA, constitué autour de Ferhat Abbas, Ahmed Boumendjel, Ahmed Francis mais aussi à Ahmed Mahsas, Mohamed Issiakhem connaîtra des moments que peu de militants nationalistes auront connus avant lui», lit-on sur la quatrième de couverture de l’ouvrage. En somme, Mémoires d’un insoumis, de Mohamed Issiakkem, reste un ouvrage à consulter au plus vite, tant les éclairages apportés sont d’une importance capitale. Un autre pan de notre glorieuse Révolution nationale est dévoilé aux inconditionnels lecteurs.


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!