Médéa : Un musée vivant | El Watan
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Le musée national des arts et traditions populaires de Médéa se distingue par ses initiatives originales en vue de renouveler l’image du patrimoine culturel.

Médéa : Un musée vivant

26 juillet 2015 à 10 h 00 min

Comment allier la vocation de conservation d’un musée classique à l’expression vivante nécessaire pour perpétuer les pratiques liées aux arts populaires ?

C’est l’équation que tente de résoudre le très actif musée de Médéa. La solution qu’il propose est d’ouvrir grand ses portes et, mieux encore, de sortir l’institution de son enceinte pour aller à la rencontre du public. Situé en plein centre de la ville historique, le musée des arts et traditions populaires de Médéa a élu domicile dans une somptueuse bâtisse de style ottoman. Faïences d’antan, rampes en bois sculpté et cour centrale à la fraîcheur permanente… Le lieu en lui-même est une invitation au voyage dans le temps.

Le palais fut la résidence des Beys du Titteri (ancien nom de la région) jusqu’en 1830, puis le siège de la résistance de l’Emir Abdelkader dans la région en 1835. Restaurée en 2007, «Dar El amir Abdelkader» devient musée national des arts et traditions populaires à partir de 2011.

Ce statut lui confère une certaine indépendance financière et une autonomie de direction permettant d’enrichir les collections et d’organiser des événements d’envergure. Parmi les galeries du musée, on peut admirer des joyaux de l’artisanat algérien entre les collections de bijoux, de costumes ou de tapis…

On y trouve même une des épées de l’Emir Abdelkader conservée dans une salle totalement dédiée à ce pionnier de la fondation de l’Etat algérien. La vannerie, la boissellerie et la poterie ne sont pas en reste dans ce conservatoire des savoir-faire ancestraux venus des quatre coins du pays.

Depuis une année, le musée a enchaîné expos et événements axés sur des thématiques particulières à l’image de «l’histoire de la chaussure» ou du «concours de pain traditionnel»… A chaque fois les artisans de différentes wilayas sont mis à l’honneur et le public convié à ces animations qui ponctuent la vie du musée.

Récemment, le musée a inauguré une passionnante expo sur le reggam. Ce métier, élevé au rang d’art, consiste à orner les tapis traditionnels de signes dont seuls les initiés détiennent le secret. Quelques maîtres tisseurs, parmi les rares encore en activité, sont venus de Tlemcen, Laghouat (Aflou), Kenchela (Babar), Ghardaïa et Tizi Ouzou (Ath Hichem) pour évoquer cette tradition et ses codes.

Non content de cette animation intra-muros, le musée des arts et traditions populaires initie régulièrement des activités hors de ses murs. «Le musée n’est pas un lieu mort !» martèle Boualem Belachheb, dynamique directeur de cette institution. On a pu apprécier la véracité de cette affirmation à moult occasions.

La dernière en date fut la soirée médéenne abritée par le musée national des beaux-arts d’Alger le 11 juillet dernier. Sous le thème des «Femmes du Titteri», les artisanes de la région ont partagé les produits et les traditions du terroir.

Tisseuses, brodeuses et couturières étaient de la fête. Cuisinières et pâtissières ont également manifesté leur présence par de délicieux mets servis lors de cette soirée de Ramadhan rythmée par la musique des Aïssaoua.

Parmi les activités extra-muros, on peut également citer le «pique-nique du printemps» qui connaît, chaque année au mois de mars, un succès non démenti. Version actualisée de la tradition berbère de «Imensi n’tefsuth», cette sortie s’est déroulée dans le paysage idyllique de Sidi Mahdjoub, petit village des hauteurs de Médéa, qui a chaleureusement accueilli les participants venus en grand nombre des wilayas environnantes.

En outre, le Mois du patrimoine a été marqué par un clin d’œil au marché traditionnel avec une transformation du musée en souk avec des étals ornés des bons produits d’artisanat.

Durant le mois de Ramadhan, le musée de Médéa avait abrité une exposition dédiée au haïk. Cet habit citadin ancestral connaît un véritable regain d’intérêt parmi une jeunesse en quête d’authenticité au milieu des modes vestimentaire orientales et occidentales. Empruntée au musée du Bardo (Alger), cette expo a été enrichie par des variantes du haïk typiques de Médéa, ainsi que d’autres habits traditionnels illustrant la richesse du patrimoine culturel algérien en la matière.

Dans un tout autre style, le musée a également accueilli de jeunes artistes pour un workshop photo et graffiti. Après tout, ces expressions artistiques urbaines sont aussi des versions contemporaines des arts populaires…

De plus, ce mois de Ramadhan a été caractérisé par un programme spécial avec des soirées thématiques organisées chaque mardi. Le musée avait fait appel aux associations locales, à l’image de «Doigts d’or» afin de proposer des animations variées. Il a également abrité la remise des prix d’un concours national de photographie organisé par l’association Alba.

Jamais à court de projet, Boualem Belachheb nous parle déjà du prochain événement. Ce sera les «Estivales des musées» dont la première édition sera organisée à Ténès par le musée de Chlef du 1 au 6 août. «Pas moins de 20 musées seront présents dans le cadre agréable des plages de Ténès. Il y aura également des animations en soirée pour les estivants. On a toujours privilégié les échanges entre musées. C’est donc un événement que nous encourageons fortement», déclare M. Belachheb. 
 


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