Avant-première de Madjanin wa ekhtissassiyoun, au théâtre régional d'Oum El Bouaghi : Loufoque et tragique | El Watan
toggle menu
mardi, 30 novembre, 2021
  • thumbnail of elwatan10072021





Avant-première de Madjanin wa ekhtissassiyoun, au théâtre régional d’Oum El Bouaghi : Loufoque et tragique

13 mars 2021 à 9 h 50 min

Après plus d’une année de sevrage due à la propagation de la Covid19 qui a contraint tout le monde à la retenue et à respecter la distanciation, voilà que le théâtre d’Oum El Bouaghi, dont le siège se trouve à Aïn Beïda, reprend des couleurs et ouvre ses portes.

Une réouverture du théâtre étrennée par une nouvelle production. La présentation de l’avant-première de la pièce Madjanin wa ekhtissassiyoun (Fous et spécialistes), présentée le 4 mars, d’après une œuvre de l’écrivain nigérian, Wole Soyinka. Pour l’histoire, ce dernier est la première personnalité noire africaine à étrenner le prestigieux prix Nobel de littérature en 1986. C’est donc de bonne guerre que le réalisateur Ibrahim Djabellah ait jeté son dévolu sur une production de cet auteur.

Cette œuvre n’est pas seulement une pièce pessimiste, bien qu’elle traite des méfaits des guerres meurtrières dont les instigateurs sont des tyrans, mais aussi et encore une pièce qui respire l’espoir de retrouver un jour un monde débarrassé de sa folie destructrice. En définitive, elle emprunte la forme d’un exorcisme, prémices d’un nouveau monde purifié et salutaire. Wole Soyinka, qui a lui-même purgé une longue détention, cherche à travers cette pièce à la fois loufoque et tragique à stigmatiser la soif que donne le pouvoir.

Dans la pièce en question, l’auteur met en scène un spécialiste de la torture, le dénommé Docteur Béro. Ses victimes sont une armée de marginaux dont le vieillard, le propre père du Dr Béro et aussi des mendiants corrompus qui ne se font aucun scrupule à servir le vieillard et le tyran lui-même. Cependant tous les détenus ont l’art de la parodie.

Ce qui leur permet de défier leur bourreau, ce sont les mots dont ils usent et qui constituent leur liberté. La pièce de Soyinka, outre le fait qu’elle stigmatise le conformisme, l’intolérance et le dogmatisme, met en relief les méfaits des Tout-Puissants de ce monde qui oppriment les masses. L’avant-première de la pièce a été présentée devant un nombreux public, lequel a longuement ovationné le jeu des artistes.

La mise en scène de Ibrahim Djabellah, la scénographie de Slimane Badri, la musique de Abdeladhim Khomri, le décor et les costumes, ainsi que le travail de l’assistant de la mise en scène, du technicien du son, de celui de la lumière, du directeur de production Mourad Bencheikh et de toute l’équipe ont été à la hauteur pour donner au spectacle réalisme et épaisseur.

Les artistes ont tout simplement joué convenablement leur rôle. Belgacem Bouakaz, un artiste des planches et metteur en scène nous a livré en aparté son avis sur le travail artistique de la pièce : «Nous avons assisté à une production artistique de bonne facture. Les acteurs ont accompli leur mission impeccablement. Artistes, metteurs en scène et tous les autres ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour cette œuvre magistrale et à laquelle je souhaite un grand succès.» Gageons que dans sa tournée à travers les théâtres régionaux du pays, la pièce aura un retentissement certain.


Advertisements


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!