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Editions Dar El Gharb. Oran, une rue pour mourir (tome 1) de Mohamed Freha : L’histoire de frères et sœurs d’armes

20 octobre 2019 à 9 h 00 min

Mohamed Freha est un auteur prolixe, après Oran : 1937-1962, dans la série Espace d’histoire et de mémoire, paru aux éditions Enadar, il revient avec deux ouvrages, Oran, une rue pour mourir et J’ai fait un choix. Deux tomes publiés aux éditions Dar El Gharb.

Mohamed Freha est un moudjahid, dans le sens de combattant ayant pris les armes contre l’armée coloniale. Car il est un ancien membre de l’historique Armée de libération nationale (ALN), entrée en lutte lors de la Révolution de Novembre 1954 jusqu’au recouvrement de l’indépendance en 1962.

Mohamed Freha est aussi l’initiateur du Musée de la mémoire de la ville d’Oran, dont il est originaire. Ce révolutionnaire, ce témoin, avec l’âge avançant, voulait laisser une trace, un témoignage de son vivant.

Celui d’un combattant ayant pris les armes, s’étant révolté pour une noble cause. La liberté, l’indépendance de l’Algérie. Ce sont en quelque sorte ses mémoires. Un récit autobiographique mais collectif. Car la Révolution de Novembre a été portée par tout un peuple aspirant à la liberté. Une lutte anticoloniale.

Djaghloul Abdelkader, chercheur et professeur universitaire présentera le tome 1 intitulé Oran, une rue pour mourir tel un livre, un document qui se veut être une humble contribution relatant les modes d’inscription d’un combattant de base en tant que «fidaï» (révolutionnaire urbain), puis «djoundi» combattant dans les rangs de l’ALN.

Des récits qui sont à l’heure actuelle, selon lui, très rares. Il définira le style de Mohamed Freha de poignant, d’alerte et ne tombant pas dans la facilité qu’il qualifiera de «gloriole», tout en étant tout à fait à la portée du lecteur d’aujourd’hui.

La police coloniale française recherchait «Santah», Mohamed Freha

C’est l’histoire d’un adolescent, un fils d’Oran, qui n’aime pas parler à la première personne et exhiber un ego. C’est son frère «Ahmed» de son vivant, qui l’a persuadé et encouragé un demi-siècle plus tard pour qu’il rédige cet ouvrage au crépuscule de sa vie. Mohamed Freha dit, clairement, qu’il n’est pas un héros. Il se définit tel un simple combattant au même titre que ses autres compagnons d’armes. Un combattant de l’ombre.

«Mon histoire a débuté tout bonnement alors que j’étais un simple gamin qui a contribué à la lutte armée anticoloniale. Comme tant d’autres dans ma ville, Oran, assiégée à l’époque par toutes les forces de police. Comme résistant au péril de ma vie puis comme membre de l’ALN de 1957 à 1962…»

Dans cet ouvrage, Mohamed Freha rend hommage à ces combattants, ces patriotes, ces martyrs tombés au champ d’honneur ou décédés après l’indépendance (1962). «Ils étaient tous jeunes et braves, ignorant complètement la peur, le danger et la mort. Ils ne pouvaient rien espérer que mourir pour la patrie, les armes à la main en héros, en martyrs…

Tous les partisans eurent l’humble honneur de servir leur pays, hommes et femmes, en fait tout un peuple… Je dédie cet ouvrage à tous les combattants de l’ombre de la ville d’Oran. Aux résistants et résistantes, arrêtés, torturés ou exécutés sommairement dans les locaux de l’horreur de l’occupant. A tous mes compagnons du maquis encore en vie et nos chouhada et chahidate tombés glorieusement au champ d’honneur pour notre patrie, l’Algérie…»

Mme veuve Benzaza née Maâta Lila en lisant Oran, une rue pour mourir de Mohamed Freha écrira non sans émotion ce texte dont voici un extrait : «J’ai lu et j’ai pleuré à chaque page de ce pan de mémoire de notre ville d’Oran et de notre pays bien aimé l’Algérie…

J’ai vécu les arrestations, les provocations, l’odeur de la poudre et du sang de nos martyrs, le bruit assourdissant des bombes et le sifflement des balles assassines… J’ai pleuré nos hommes, nos pères, nos frères, nos oncles, atrocement torturés pour certains, nombreux, jusqu’à ce que mort s’en suive… J’ai pleuré…»

En compulsant ce premier tome, Oran, une rue pour mourir, le lecteur découvrira des chapitres émouvants, durs et poignants. Tels que Mère courage, Les grenades, Fatiha Belkacem, Rafle gigantesque, La police à mes trousses

La police coloniale française recherchait «Santah», le surnom de Mohamed Freha, qui dira adieu à sa mère car peut-être il ne la reverrait jamais ainsi qu’à sa famille, sa maison, sa ville… C’est l’appel de la forêt, le maquis, la Révolution…

Dans le tome 2, intitulé J’ai fait un choix, Mohamed Freha parlera de l’amitié et la fraternité entre les combattants de la ville d’Oran et ceux du «djebel» (maquis). Il se souviendra de ses frères et sœurs d’armes. 

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