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PARUTION. C’était le Mouloudia des Hamraoua : 1946-1956

Les enfants d’El Hamri avaient annoncé la couleur : le rouge et blanc

06 juin 2020 à 9 h 20 min

C’est un bel hommage que vient de rendre le journaliste et auteur, Ahmed Bessol Lahouari, au Mouloudia, les Hamraoua du club de football historique d’Oran. Enfant du club, du quartier d’El Hamri, il annonce sa couleur préférée : le rouge et blanc en publiant un ouvrage justement, C’était le Mouloudia des Hamraoua : 1946-1956 paru aux éditions Média Sports.

Ahmed Bessol Lahouari retrace l’épopée du club historique du Mouloudia avec force détails, illustrations, documents et surtout, photos inédites, un trésor qu’il exhume pour nous en parler à travers un flash-back commémoratif.

Des hauts faits du Mouloudia à travers C’était le Mouloudia des Hamraoua : 1946-1954, qui est désormais un ouvrage de référence pour ne pas dire l’un des chefs d’œuvre des livres sportifs en Algérie. Parce que fouillé, dense, sourcé et voire «généalogique».

Parce que l’histoire du Mouloudia est celle d’une famille… en or. Le football à El Hamri, est une affaire de familles avec les Bessol, Ferhani, Zeradni, Bendjeganen, Nair, Benmimoun, Missoula, Benahmed, Soualmia qui ont endossé les couleurs rouge et blanc.

Une photo mémorise cette insouciance fraternelle. On y voit les frères Ben Ahmed, Mahmoud et Ahmed, les frères Bendjahen, Kouider et Ghaouti qui jouera Annemasse (France), les frères Bessol, Mohamed et Houari, Kcen dit Gougou, Nehari Miloud et Aoumeur dit Cheikh el Matraque.

Une histoire de famille, les Bessol, Ferhani, Bendjehen, Benmimoun…

Cet ouvrage  d’Ahmed Bessol Lahouari, est précisément dédié aux compagnons de la «H’sira» (comité des sages, d’antan) qui, selon l’auteur, «ont transmis à toute la jeunesse d’El Hamri les valeurs du sport et de l’amour de la liberté». Sept ans durant, la jeunesse se mobilisera pour œuvrer contre le colonialisme français et revendiquer l’indépendance de l’Algérie.

Le quartier d’El Hamri deviendra un haut lieu de la résistance, de la Révolution de novembre 1954. L’auteur avancera un chiffre effarant de 200 morts et disparus, des enfants d’El Hamri, ayant payé un lourd tribut. Et cela, sans compter ceux qui ont été incarcérés dans des camps ou des pénitenciers de l’armée coloniale. «Il faut recenser tous ceux qui ont joué ou approché le Mouloudia et les arrêter.

Ce sont de terroristes potentiels», avaient ordonné les services de renseignements de la police. Ce livre est aussi une déclaration d’amour à El Hamri et à Oran.  Citant un ouvrage de l’écrivain Houari Chaïla, il lui rendra hommage : «Oran, histoire d’une ville habitée par une population grouillante dont l’origine fut la plaine de la M’lata d’El Ghoualem, des Gherabas et des Douairs.

Il est chanté par les chouikh de renom et contribuera à donner les premières leçons de patriotisme à toute une jeunesse qui ira grossir les rangs de l’organisation urbaine du Front de libération national (FLN) et de l’Armée de libération nationale (ANP).»

Encouragés par Ferhat Abbas

La création d’un club musulman à El Hamri a été encouragée et accélérée à l’issue de la visite de Ferhat Abbas, futur président du Gouvernement provisoire de l’Algérie en lutte et responsable du nouveau parti politique, l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA). Il prononcera un discours enflammé au café Djilali, situé à la place Sahara, près du bain maure de l’Horloge.

Il exhortera l’assistance, ses militants, à s’organiser dans le combat anti-colonial à travers le sport. Cet appel renforce la volonté des jeunes sportifs autour de Bessol Mohamed, marqué par la vie, il est orphelin de père et mère, à l’âge de 12 ans, il est déjà soutien de famille avec à sa charge, six frères et sœurs, et Rouane Serrik Boutaleb pour la création d’un club de football (musulman).

Au début, le choix de la dénomination du club tournait autour de l’Etoile, le Hilal (croissant) où le Mouloudia l’emportera. Ils avancent comme argument le fait que les autorités françaises ne peuvent pas le refuser puisqu’il en existe déjà et à Alger, un Mouloudia datant depuis 1921.

Alors, Oran avait pris le pas sur El Hamri. «Il y avait également l’ambition cachée de détrôner l’USM Oran puisque le village alimentant cette grande équipe de joueurs réputés dans toute l’Afrique du Nord», dira un jour Bessol Mohamed. Une ambition qui se transformera en réalité plus tard. On avait peur en même temps de la confusion et la méprise du très médiatisé sigle MCO, déjà pris. Il s’agissait du Moto Club Oranais qui occupait la place depuis 1906.

Un club européen possédant une excellente équipe de motards de dimension nord-africaine et faisant régulièrement la manchette des journaux sportifs. Il fallait éplucher les textes réglementaires pour voir s’il y avait une interdiction. Devant l’absence d’obstruction, Rouane Serrik Boutaleb, le plus fonceur d’entre tous, trouvera les arguments pour convaincre les plus réticents: «On garde le Mouloudia et le sigle (MCO) parce que les Européens ne jouent pas au football. Ils ne pratiquent que du vélo. Tout ce qui n’est pas prévu par la loi n’est pas interdit. Et puis, ne croyez pas qu’ils vont rester une éternité dans notre pays.»

Le 14 mai 1946, El Hamri est en fête

Et le 14 mai 1946, El Hamri est en fête. On célèbre la délivrance de l’agrément sous la dénomination du Mouloudia Club Oranais (MCO). Une «ouaâda» est organisée avec le traditionnel couscous. Grâce à la contribution financière des petits commerçants riverains d’El Hamri. L’aventure du Mouloudia débutait. La sélection des joueurs qui avait duré une semaine a été rude sous la direction de Bessol Mohamed qui occupait la triple fonction de joueur-entraîneur-secrétaire général du club.

Et puis, un problème a surgi, celui de la domiciliation pour pouvoir disputer les matchs. Le règlement était très clair : les clubs ne possédant pas de terrain joueront chez l’adversaire. Ce qui est un handicap. La première rencontre officielle du Mouloudia eut lieu au stade de l’USM Oran, situé au quartier Delmonte, l’opposant au club européen du Liberté Club Saint Pierrois, issu d’un district du centre-ville.

Dans la précipitation et par manque d’expérience, les dirigeants, dont certains étaient des joueurs, s’apercevront que les bas ont été… oubliés. Tant d’anecdotes et informations inédites qui rendent croustillant cet ouvrage en hommage aux enfants du quartier d’El Hamri, à Oran et ses stars.

 

C’était le Mouloudia des Hamraoua : 1946-1956. Ahmed Bessoul  Lahouari,
Média Sports Editions ( 2020). 207



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