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Léo Rojas, nous y étions !

14 décembre 2018 à 10 h 00 min

Avec plus de 30 millions de résultats sur Google et plus d’un million d’abonnés sur YouTube, le joueur de flûte de pan Léo Rojas a laissé sa trace dans le cœur des Algériens. El Watan Week-end est allé à la rencontre du flûtiste lors de son show à l’Opéra d’Alger.

«Arrivé à l’aéroport d’Alger, je n’aurais pu imaginer un meilleur accueil que celui auquel j’ai eu droit.» Léo Rojas est surpris. Heureux aussi. De nombreux fans se sont hâtés pour l’accueillir, une démarche bien fortuite !

Léo, n’a eu que quelques jours de répit après son spectacle à Kielce, en Pologne qu’il s’est retrouvé en Algérie pour donner à trois spectacles consécutifs. «Les quatre jours passés à Alger resteront gravés dans ma mémoire.

Toutes ces âmes qui sont venues pour assister à mon spectacle sont très précieuses pour moi. D’ailleurs, le retour à la réalité était plus que difficile», précise-t-il. C’est à l’Opéra d’Alger que ses trois soirées ont lieu. Les billets d’entrée à 2000 DA valaient-ils vraiment le détour ?

Les connaisseurs du genre musical amérindien répondront d’un oui incontestable. Cependant, beaucoup d’autres apprécièrent les représentations. D’ailleurs, d’innombrables commentaires positifs ont été publiés dans les réseaux sociaux pour raconter l’événement, mais aussi pour décrire en détails l’apparence et l’énergie que l’artiste laisse transparaître.

Sur la scène de l’Opéra, on aperçoit un homme aux longs cheveux noir d’ébène. Il n’est pas bien grand. C’est vêtu d’une tenue traditionnelle de couleur marron, ornée de franges, arborant des bijoux ethniques amérindiens, que Léo se produit. En ses mains une grosse flûte, il s’adonnait à des chants, des sons et des vocalises aiguës. Quelquefois, il tournoyait et bondissait comme le font ses confrères amérindiens.

Confiance

Léo Rojas, un nom qui pourrait passer inaperçu pour certains, mais qui est toutefois bien connu. Originaire de l’Equateur, il a traversé l’Atlantique pour se rendre en Europe. Sa notoriété n’a cessé de grimper, du fait de sa participation à l’émission de télévision allemande «Superstar».

Son style et son talent lui ont permis de remporter cette émission en 2011. Un an plus tard, il sort son premier album intitulé Spirit of the hawk (l’esprit du faucon). Un mélange de rythmes électroniques et de musique traditionnelle amérindienne.

Avec plus de 100 millions de vues sur YouTube et un disque d’or en poche, Léo Rojas fait partie des derniers Amérindiens. Son objectif est de faire connaître sa culture et ses traditions à travers la musique.

Ses œuvres les plus populaires sont El Condor Pasa avec 173 millions de vues, ou encore Der Einsame Hirte (le berger solitaire) avec 128 millions de vues.

Questionné à maintes reprises sur le secret de son succès, il a toujours la même réponse : «C’est important de jouer avec nos émotions. Je joue avec ce que mon cœur me dicte et en particulier avec l’énergie que le public libère.

J’appelle cela de la magie et je pense que là est la différence entre moi et les autres artistes. Autrement dit, c’est ce qui fait de moi ce que je suis aujourd’hui…»

Dans chacun de ses spectacles, il s’engage à transmettre un message précis à ses spectateurs. Il ajoute : «Il faut vivre l’instant présent, il est primordial de toujours écouter son cœur afin de réaliser tous ses rêves.

Pour certaines personnes, la musique est un moyen de s’exprimer. Par exemple, l’écriture des paroles de chanson reflète majoritairement une émotion précise. Ou encore dans la manière de bouger son corps par la danse.

C’est notamment le cas pour moi. Et si mes fans utilisent ma musique, je pense pouvoir les aider à trouver ce qu’il cherchent émotionnellement. Rien ne me ferait plus plaisir.»

Voyage

En admiration à l’écoute de sa musique, un spectateur explique qu’il n’a pu quitter son fauteuil : «Une musique sensationnelle qui fait voyager l’âme jusqu’au bout des Andes comme le mentionne l’intitulé de son spectacle !», Pour de nombreux artistes, les fans d’un pays à autre restent des fans.

Toutefois pour Léo, les fans de chaque pays sont uniques. Les explications qu’il donne sont d’ordre culturel : «Bien que l’émotion dégagée par le public diffère selon les pays, je la ressens inévitablement. Quand j’arrive dans un nouveau pays, c’est merveilleux.

En effet, c’est le plus grand avantage dans mon métier. En voyageant je découvre de nouvelles cultures, je ressens de nouvelles émotions et surtout je rencontre de nouvelles personnes. Ce type d’échange est plus qu’une nécessité : c’est vital. Il est primordial pour moi de ressentir cette connexion avec mon public.

Ma créativité et mon inspiration en dépendent.» Tout artiste a une façon bien particulière de trouver l’inspiration. Hormis ses fans, pour l’Amérindien, son fils est présentement sa plus grande inspiration. Il décrit cela comme étant «un amour inconditionnel lui apportant un esprit créatif surréaliste».

Flûte, mais pas que…

Ses instruments de prédilection sont la flûte de pan ainsi que des instruments à vent sud-américains uniquement. «J’ai commencé à m’intéresser à la musique et aux différents instruments dès l’âge de 11 ans. Je n’ai reçu aucune instruction, j’ai tout appris tout seul. Aujourd’hui, je joue de 55 instruments et cela me rend très fier», déclare Léo Rojas le flûtiste.

Le public est venu nombreux particulièrement lors de sa dernière représentation, à croire que le chant de la flûte de pan les a envoûtés !

A la fin du spectacle ils ont déferlé avec une idée bien en tête : capturer le moment présent avec un souvenir immuable. Et même après deux heures de spectacle, l’excitation a surpassé la fatigue que ce soit pour les adultes ou pour les enfants.

L’attente pour une photo et autographe a duré près de deux heures. Les enfants présents étaient en admiration. L’un d’eux est d’ailleurs venu vêtu d’une tenue indienne rien que pour l’événement. En le voyant, l’artiste saute de joie.

D’autres racontent que la musique était enivrante et que ce type de spectacle est une étape importante dans le développement culturel de l’Algérie. Le lendemain de son spectacle, Léo Rojas quitte Alger pour se rendre en Allemagne pour assurer son prochain show.

Pas le temps de se reposer, il embarque dans un «autographe tour» dans plusieurs villes d’Allemagne.

En outre, à l’occasion de la Noël, il a réalisé un single spécial : il a repris les chants Hallelujah et Feliz Navidad, il en a fait ses propres versions, plus modernes, avec une combinaison d’instruments traditionnels et des nouveaux rythmes, afin de convenir à cette nouvelle génération.

«Je veux attirer cette jeune génération exigeante en matière de musique. Pour cela je redouble d’efforts», affirme Léo Rojas, dans une déclaration à El Watan Week-end. 


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