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lundi, 20 janvier, 2020
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Leila Borsali au café littéraire Média- plus : «Le patrimoine andalou ne doit pas rester figé»

10 décembre 2019 à 9 h 01 min

C’était un moment dédié à la musique, particulièrement dans son répertoire andalou. Et qui mieux que Leila Borsali pour l’incarner. L’interprète était l’invitée du café littéraire et culturel Média-plus dans l’après-midi du samedi dans les locaux de l’Institut français de Constantine. L’assistance, fort nombreuse, a troqué le vocabulaire littéraire par celui musical.

Aux termes écriture, trame, style se sont opposés ceux de Rasd, Zdjel et Nouba. Leila Borsali a séduit tous ces mélomanes, profanes ou connaisseurs qui sont venus la voir et l’écouter chanter. L’artiste, sans conteste, l’une des plus belles voix de la musique andalouse, a exploré ce répertoire et œuvre à le «dépoussiérer» quelque peu par le truchement de la création et l’innovation. Un crime de lèse majesté pour les réfractaires à l’évolution, à l’enrichissement. L’interprétation rigoriste de ces textes composés, il y a plusieurs siècles, si elle est défendue becs et ongles par certaines écoles et artistes, elle est de nos jours assujettie aux fluctuations de la mondialisation.

Sa survie est aussi tributaire de sa «commercialisation». «Le patrimoine andalou ne doit pas rester figé, auquel cas, il risque d’être supplanté par d’autre genres musicaux», explique l’hôte de la ville des Ponts, précisant que l’innovation ne signifie nullement dans la modification du «Assoulem», la gamme de la nouba et zedjl, mais d’y apporter des nuances. C’est ce qu’elle affirme avoir introduit dans son concert, outre la dance. Une nécessité que cette créativité pour un renouveau et une large diffusion, notamment auprès des jeunes : «Nous avons créé des thèmes dans nos concerts, à l’image de ‘‘Il était une fois la Grenade’’.» Un spectacle sous forme d’invitation au voyage inspiré d’abord par le livre de Washington Irving, Contes de l’Alhambra.

Leila Borsali, de son aveu, est prise dans ce piège de la création, c’est devenu une passion. Espoir en est son deuxième projet. Elle en parle avec fierté, c’est le couronnement d’un investissement au profit d’un art qu’il est impératif de préserver, surtout d’enrichir. Ne pas se poser des limites, ne pas se confiner exclusivement dans le rôle de l’interprète. Et Espoir a jailli. C’est l’histoire d’un amour rendu impossible par des barrières fallacieuses dont celles de l’origine, du rang social, de la confession ou de la couleur de la peau. Un parallèle est établi entre un couple, Assim et Isabella, en Andalousie, et celui de Tarek et Tanedra, dans l’Algérie contemporaine. Un sujet sociétal qui transcende le temps et l’espace et qui peut être abordé avec des airs de nouba.

«Créer dans le répertoire andalou, n’est pas une agression», rappelle l’artiste qui penche pour des textes auxquels les gens peuvent s’identifier. Des critiques, elle en a essuyé, notamment avec son album Hosn Es-Sélim, sorti en 2015. Une nouba inédite dont les textes n’ont pas été puisés du répertoire andalou, mais écrits sur mesure par l’auteur compositeur Tewfik Benghabrit. Elle dit assumer sa démarche et la défend avec de solides arguments. Leila Borsali prêche pour l’innovation tout en s’inspirant de ce riche patrimoine dont elle interprétera trois textes remontant à des siècles perdus. Elle a sublimé encore une fois le répertoire andalou devant un parterre acquis au Malouf.


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